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Mercredi 9 février 2011 3 09 /02 /Fév /2011 06:00

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Crédit : inconnu.

 

Il existe une littérature très abondante sur la marine française dans la seconde guerre mondiale, ainsi que de sa montée en puissance dans l'entre-deux-guerres dans le contexte du désarmement naval1 et, bien sûr, de sa reconstruction rapide (il faut souligner cette réussite) post-guerre.

 

Pourtant, j'ai beau additionner mes lectures, je ne suis pas satisfait des nécessaires critiques à la constitution de la Flotte. J'ai l'impression que des choses non pas été dites, et je voudrais attirer votre attention sur la Flotte de 1940, vu sous un autre jour.

 

Il est souvent dit que c'est l'une des plus belle flottes que nous ayons jamais eu. Il est vrai que c'est une très belle construction pyramidale dont le sommet était constitué des cuirassés, les capital ship de l'époque. La construction est d'autant plus belle qu'elle a été réalisée dans un contexte particulier :

  • la société française a fait un effort particulier (détail historique important face à la responsabilité de 19422) pour s'offrir une belle marine, ce n'est pas courant dans l'histoire hexagonale,
  • et la France devait batailler ferme dans les négociations de désarmement (du traité de Washingtown de 1922 au traité de Londres de 1930) face à des "alliés" qui organisaient plus un condomium anglo-étasunien qu'autre chose. 

 

Je ne souhaite pas faire ici le procès de l'absence de porte-avions (hors le Bearn, futur nom de BPC ?) ou du manque de "cuirassés modernes". L'action d'un grand diplomate français, Talleyrand, lui avait valu l'application d'une vieille expression britannique : devil is in the detail. En effet, la critique d'aujourd'hui va porter sur le détail de cette flotte.

 

Avant l'avènement des "armes aéronautiques", que sont les aéronefs et les missiles (l'avion sert surtout à l'observation dans les marines de 1939, ce n'est pas encore une arme offensive reconnue), nous vivons dans le monde de la "chapelle du canon". Les flottes se battent à coup de salves d'obus. Le calibre dimensionne les rapports de force : une marine n'envoie pas un navire portant par exemple du 305mm contre un autre portant du 340mm. La raison n'est pas seulement la différence de puissance, mais surtout la différence de portée : un calibre supérieur induit presque toujours une portée supérieure, ce qui veut dire que le navire ayant le calibre inférieur sera la cible de tirs avant de pouvoir lui même engager le combat.

 

Le rappel est important car la conséquence logique de celui-ci est la construction des navires, l'utilisation tactique de ceux-ci tournent autour des canons qu'ils portent.

 

L'anarchie des calibres

 

Hors, en 1939-40 c'est presque le règle de l'anarchie dans la marine française en ce qui concerne les calibres ! Il suffit de comparer les calibres des navires de ligne : il y en a presque autant qu'il y a de classe de navires. La chose devrait choquer, la Marine française n'a jamais roulé sur une chose de toute son histoire : l'or ! Comment se fait-il alors que les marins collectionnent autant de calibres ? 330, 340 et 380mm pour... 8 cuirassés réparti en 4 classes !

 

Le problème est terrible et complexe. Le calibre de 340mm est hérité, notamment, des classes Courbet (avec le Paris) et Bretagne (avec le Provence et le Lorraine). Il faut bien comprendre que ce calibre était déjà insuffisant dès les années 20, au moins, face aux marines étrangères dont les navires de ligne portaient déjà du 380mm.

 

Il y a bien une chose que je n'ai jamais compris, c'est pourquoi la Marine française a demandé du 330mm pour les croiseurs de bataille Dunkerque et Strasbourg. Il y a certainement une explication très logique, prenant en compte les impératifs industriels, financiers, économiques et opérationnelles... Certes. Est-ce que cette explication, à venir, pourrait résister à cette question : pourquoi pas du 340mm ? Les tourelles exisent ainsi que les munitions, la logistique en serait simplifiée !

 

La France est en retard avec des pièces de 340mm sur les classes Courbet et Bretagne. La refonte de ces navires a pourtant eu lieu. Le projet d'acquisition de deux nouveaux cuirassés est très vieux : les deux croiseurs de bataille sont construit dans les années 30, la Royale les réclame depuis le milieu des années 20 !

 

Le salvateur 380mm ?

 

Ma question est bien sûr : pourquoi ne pas avoir rationaliser toutes les pièces des cuirassés autour du 380mm ? Le choix aurait pu entraîner :

  • des suppressions de tourelles sur les classes Courbet et Bretagne afin de s'adapter à un calibre supérieur (sous réserve que la structure du navire supporte la refonte),
  • la perte de tubes sur la classe Strasbourg.

 

Cela n'aurait pas été un désavantage stratégique pour autant : le propre du cuirassé est de porter une artillerie. L'avantage n'est plus à celui qui porte le plus grand nombre de tubes, c'est faux depuis la construction du HMS Dreadnought, mais à celui qui dispose de la portée la plus lointaine car il obtient un gain tactique immense : il peut attaquer son rival sans que celui-ci puisse riposter sérieusement.

 

The french "two secondary power standard"

 

La refonte des cuirassés français et le programme de construction de nouveaux navires n'a semble-t-il pas tenu compte de cet éventuel gain stratégique (en plus des gains financiers et industriels) de passer la flotte de ligne au "tout 380mm".

 

La géopolitique navale de la France l'explique en partie : les deux menaces de la Marine nationale sont alors l'Allemagne et l'Italie. Les conférences de désarment et la montée des totalitarismes dans ces pays les désigne comme ennemies potentiels. La Marine souhaite donc avoir un tonnage supérieur à ces deux marines réunies afin d'avoir un avantage stratégique (et de tenir compte des nécessités navales pour protéger l'Empire).

 

L'Allemagne, jusqu'à la faute anglaise de 19353, est tenu par le traité de Versailles de ne pas dépasser un calibre de 280mm. L'ingénieuse riposte allemande sera les cuirassés de poche : des vaisseaux de la taille d'un croiseur lourd portant une artillerie de cuirassé ! Il n'était pas nécessaire de porter un calibre bien plus lourd pour les Strasbourg et Dunkerque qui était "deux fois" plus gros que leurs homologues allemands avec une artillerie nettement supérieure.

 

En ce qui concerne l'Italie, l'affaire est tout aussi modérer. Les cuirassés italiens sont aussi anciens que les cuirassés français des classes Courbet et Bretagne et leurs artilleries ne dépassent pas le 320mm. Donc, dans une période de reconstruction de la Marine française (où, comme toujours, chaque crédit compte), il était plus intéressant de refondre a minima les anciens cuirassés afin qu'ils tiennent têtes à des vaisseaux italiens en infériorité qualitative persistante. Financièrement, et vis-à-vis d'une vision d'ensemble des besoins de la marine qui ne se limitaient alors pas aux cuirassés, il n'était pas nécessaire de faire beaucoup plus.

 

Les allemands avaient construit des cuirassés de poche rapide, la réponse des deux croiseurs de bataille rapides était suffisante. Les italiens avaient de vieux cuirassés lents à l'artillerie inférieur, il n'était pas nécessaire de faire plus que de garder la distance.

 

L'absence persistante de l'homogénéisation des calibres

 

Il reste tout de même ces fameux canons de 330mm, toujours cette question : pourquoi pas du 340 pour "rentabiliser" l'utilisation des 340 vieillissant. ? D'un autre côté, c'était bien un calibre vieillisant.

 

Le 406mm n'était pas retenu par la Royale, ce qui est bien surprenant. J'ai déjà eu l'occasion de rappeler le principe dégagé par l'amiral Darrieus dans la Guerre sur Mer (même s'il est d'essence simple) : depuis que l'homme est homme et qu'il conçoit des armes, il cherche à fabriquer celle qui aura la portée la plus lointaine afin de frapper l'adversaire avant que celui-ci puisse en faire autant. Ce principe explique autant la course aux gros calibres qu'aux missiles aux portées très lointaines. Au passage, ce principe explique tout aussi bien l'avènement du porte-avions. Autre raison de choisir le 406mm, au moins pour les unités modernes (et là, cela aurait été intéressant d'avoir un calibre différent de la "norme") : les cuirassés français des Dunkerque au Jean Bart sont très inspirés des Nelson britanniques qui... portent du 406mm ! Il est bien dommage que l'industrie française ne pouvait pas suivre.

Donc le choix aurait pu se porter sur du 380mm pour les deux croiseurs de bataille.

 

Une nouvelle donnée aurait pu pousser à refondre encore une fois les 5 cuirassés vieillisant : les allemands signent avec les anglais un accord naval en 1935 qui permet au régime nazi (il faut le souligner) le droit (en contradiction avec le traité de Versailles) de posséder une flotte égale à 45% de la Royal Navy. Cette dernière est la seconde  marine mondiale avec environ 1,2 millions de tonnes... la flotte allemande peut donc bondir des 144 000 tonnes de Versailles à environ 400 000 tonnes ! L'Allemagne n'atteindra pas le maximum autorisé mais sa marine augmente, c'est le premier problème de taille pour la France.

 

L'autre est que depuis le premier accord de désarmement naval de Washingtown Rome voit bien que la stratégie française est de posséder une flotte two second power standard, c'est-à-dire égale à ses deux concurrentes italienne et allemande avec une marge de sécurité. Le régime fascite, par souci de prestige, et par projet géopolitique méditerannéen4 réclame la parité. La marine italienne va tout faire pour l'atteindre et les conférences de désarmement ne la gêneront pas outre-mesure : la course aux navires de lignes et aux croiseurs lourds est prohibée par le droit international ? Il reste les submersibles, les torpilleurs, contre-torpilleurs et croiseurs légers pour se concurrencer.

 

Deterrent of heavy caliber guns' recast

 

La France est donc face à une rupture stratégique : son modèle naval est gravement remis en cause par deux pays qui sont plus prochent de l'alliance qu'autre chose. Il est de plus en plus illusoire d'espérer de faire de Rome un pays allié au fur et à mesure que les années passent. La France doit donc trouver la parade face à deux rivales qui gagnent en volume, alors que faire : gagner aussi en volume ? La construction de navire de ligne est réglementer par le traité de Washingtown : un tonnage maximum de cuirassés est réparti par pays. La servitude stratégique sera dénoncée au début des années 30 par Tokyo et Paris. Ce n'est pas suffisant, les arsenaux ne peuvent pas suivre une éventuelle course.

 

Il reste donc l'option de la supériorité qualitative. Nous revenons donc à notre débat sur les calibres : les cuirassés modernes Richelieu, Bismark et Veneto n'entreront pas en service avant le début des années 40. Il existe donc un vide d'une petite décennie et l'option d'une possibilité d'action : une refonte généralisée des cuirassés français vers du 380mm.

Il y a une différence fondamentale entre :

- aligner 5 cuirassés portant du 340 et 2 portant du 330 au début des années 30,

- aligner 7 cuirassés portant du 380 au milieu des années 30.

 

Cette proposition se fait dans le contexte des années 30 : nous ne pouvions pas faire une course au navire de ligne, c'était industriellement impossible. Par contre, nous pouvions envoyer un signal fort avec une telle refonte généralisée : nous ne pouvons pas augmenter notre tonnage mais nous pouvons vous surclasser très largement. Si ce n'est pas suffisant, nous avons des cuirassés modernes en cours de construction, les Richelieu et Jean Bart, et d'autres suivront, en nombre plus grand que vos propres projets

 

Cette proposition, cet essai s'applique de facto à toute la flotte de surface française de 1939 où c'est aussi la foire aux calibres : le 138mm des torpilleurs et contre-torpilleurs existent en trois versions qui sont incompatibles entre elles ! Pire, il faudra expliquement longuement un jour pourquoi nous avions un calibre de 138mm, un autre de 152 (cuirassé classe Dunkerque et Richelieu), encore un autre de 155mm (croiseurs légers) et le dernier de 203mm. Il est navrant de constater une telle collection. Elle a bien sûr ses explications, pour partie par les conférences de désarmement.

 

Pour faire simple, je poserais la même question que pour les navires de ligne : si la course à la quantité n'est pas possible, pourquoi ne pas tenter de surclasser les rivaux par la qualité ? Un contre-torpilleur qui porte du 203mm, c'est de la dissuasion avant l'heure...

 

Image politique de la Flotte

 

L'image politique de la Flotte c'était le cuirassé qui, par définition, était le "meilleur des ambassadeurs" car navire de guerre. Il est l'image de la puissance navale d'une nation.

 

J'ai eu l'occasion d'exprimer dans l'article présentant le Swordship5 de DCNS sur l'image politique que renvoyait l'USS Zumwalt, par ses formes "modernes", à travers le monde. Les lignes du destroyer semlblent affirmer : ceci est la modernité de la puissance navale. Je me demandais donc si la France pourrait récupérer ce gain politique en lançant des frégates ayant l'apparence de la modernité sans chercher à en avoir les armes (qui peuvent être installées plus tard... lors d'une refonte !).

 

Dans le même ordre d'idée, je me demande si ma propostion d''utilme refonte des cuirassés Courbert et Bretagne n'aurait pas dû contenir une reconstruction du "château" afin de le faire ressembler aux Richelieu (avec le très fameux mat-cheminé). Dans l'esprit populaire nos navires auraient pris une toute autre importance avec cette nouvelles silouhette et une nouvelle artillerie principale centrée autour de canons de 380mm.

 

Il y a un gain politique supplémentaire qui est à évaluer et dont le coût doit aussi être évalué. Le militaire est fait de performances "réelles", le politique est là pour faire croire qu'il permet d'atteindre ces performances réelles. Un cuirassé classe Bretagne qui ressemble au Richelieu, ce n'est pas un Richelieu, c'est peut être même un investissement esthétique bien lourd et sans gain militaire, c'est certain. Mais, les citoyens italiens et allemands, qui ne veront plus deux Richelieux, mais sept, feront-ils la différence ?

 

L'astuce aurait pu être suffisante pour destabiliser le débat national dans ces deux pays. Même dans une société peu démocratique, il faut répondre aux craintes sécuritaires du peuple. Nous sommes bien placés en France pour comprendre comment la puissance navale peut être très destabilisée par un débat national de l'ampleur de la Jeune Ecole. Actuellement, nous pouvons observer la navy scare américaine vis-à-vis du J-20 chinois et de la possibilité d'un porte-avions.

 

Une Flotte porteuse d'enseignements

 

En guise de conclusion, la Flotte de 1940 était peut être une belle flotte, c'était aussi une belle collection de calibres. La Marine a subi les servitudes stratégiques des traités de désarmement et des difficultés sociales et industriels de la France des années 20 et 30. Le problème de la performance des arsenaux sera véritablement résolu que dans les années 60, c'est dire combien notre outil industriel actuel est précieux !

 

Pourtant, ces servitudes ne sont pas suffisantes pour expliquer l'échantillonnage de calibres. Nous aurions pu créer une incertitude stratégique chez nos adversaires avec cette course à la qualité en refondant nos navires afin d'augmenter autant que possible le calibre porté. L'occasion aurait été trop belle d'effectuer une rationalisation des armes dans le même temps. 


La rationalisation du soutien de la Flotte est une chose très importante : l'amiral Laborde utilisa comme argument pour refuser d'envoyer la Flotte en Afrique du Nord qu'elle partirait sans son plein chargement de munitions et de carburants. Une telle diversification des munitions n'aident pas à armer les navires ou à le faire depuis l'autre côté de la Méditerranée.

 

Les allemands et italiens auraient pu alors en faire de même (augmenter les calibres portés par leurs flottes de surface), bien sûr. Mais nous aurions conservé notre avantage : notre choix aurait été fait, ce qui est un temps précieux de gagner. Les deux rivales auraient dû perdre un temps précieux pour déterminer si elles devaient suivre l'exemple français ou poursuivre un programme de construction neuve. La France était contrainte par son budget et son outil industriel, ce qui n'était pas un cas unique en 1939. L'Allemagne avait beau avoir réussi à faire sauter le diktat de Versailles, elle n'avait pas les moyens d'atteindre les plafonds de l'accord anglo-allemand de 1935 avant le milieu des années 40 ! Le plan Z d'armement de la Kriegsmarine aurait dû atteindre son objectif en 1946.

 

La Royale aurait pu alors concevoir un plan stratégique de 1935 à 1945 tenant compte des nouvelles conditions géopolitiques pour la montée en puissance de la Flotte. Ce plan aurait organiser la répartition des créditions entre les constructions neuves et les refontes des unités de la flotte de surface. Une nouvelle place aurait pu être donnée à des cuirassés vieillisant mais pouvant encore servir jusqu'aux années 40. Alain Guillerm écrivait même dans la Marine de Guerre moderne 1905 - 2015 qu'il était imaginable de concevoir une "escadre lente" (de 20 noeuds) autour de ces vieux cuirassés et de porte-avions tout aussi lent, comme le Béarn, montage astucieux qui n'aurait pas été dénué d'intérêts et de difficultés.

 

L'idée de la refonte générale est peut être une arme stratégique à garder. Nos navires de surface actuels ne sont pas vraiment prévu pour disposer d'une "réserve stratégique" à leur bord. Les frégates Horizon ont bien un volume disponible pour éventuellement porter la dotation en missiles de 48 à 64. Il y a cette idée de pouvoir augmenter la puissance d'un navire. L'idée sous-jacente est intrasèque à la première : il faudrait peut être concevoir une flotte du temps de paix disposant d'un armement suffisant (à définir) avec des "réserves" pour gagner en puissance de feu si le climat international se dégrade. C'est l'idée de ma proposition de refonte des Courbet et Bretagne : il faut avoir un nombre suffisant de navire pour pouvoir compter. Un cuirassé des années 20 avec du 340, ce n'est pas la même chose qu'un cuirassé des années 20 avec du 380. En exégérant, c'est la même différence entre le Bretagne et le HMS Hood.

 

Il y a aussi une leçon à dégager dans la construction de "classe de navire". Il est coûteux à toutes les époques de convevoir des plans de navires. Cela a un coût. Les plans doivent être "rentabiliser" par une masse critique de navire à construire. Il n'est pas normal que la classe Bretagne ne compte que trois unités, même si c'est une amélioration de classe Courbet. Il n'est pas non plus normal de construire les cuirassés par paire du Dunkerque au Gascogne. Aujourd'hui il n'est pas normal que la marine disposera de deux flotteurs pour le PAAMS d'ici 2015-2020 et il n'est pas normal qu'une partie de son budget soit consommée par les études et plans du PA2.

 

La leçon pour l'avenir est que les futurs constructions devront tenir compte qu'il faut plutôt rechercher une architecture évolutive (pour permettre des refontes) d'un côté, et une construction suffisamment économique de l'autre pour disposer d'une nombre. Le tonnage d'une marine compte et il est encadré par ces les impératifs qualitiatif et quantitatif.

 

 


1 "Le Désarmement naval", Hervé Coutau-Bégarie, édition Economica 1996 dans la collection Bibliothèque stratégique. Un livre très intéressant pour appréhender la puissance du droit dans la puissance navale et maritime.

 

2 "Le sabordage de la flotte", Net-Marine.

 

3 "Résumé de l'accord naval anglo-allemand de 1935", Vonarx. Voir aussi les livres d'Hervé Coutau-Bégarie : Darlan et le Désarmement naval ibid.

 

4 "L'évolution de la pensée navale volume V", ouvrage collectif sous la direction d'Hervé Coutau-Bégarie, "La géopolitique méditerranéenne de l'Italie fasciste" par Marco Antosich.

 

5 "Architecture navale : le Swordship de DCNS", le Fauteuil de Colbert, 29 janvier 2011.

Par Sir Julian Stafford Corbett - Publié dans : Flotte(s)
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Commentaires

combat contre les anglais et de gaulle a dakar, combat contre les anglais a Mers el kebir,sabordage a Toulon meme avec des problemes de calibre, si cette immense flotte avait pu se joindre a la Royal navy la durée de la guerre eut ete plus courte du fait qu'une manne de navire sans precedent aurait protegé les convois de l'atlantique nord diminuant d'autant plus le boulot des meutes d'uboat

 

Commentaire n°1 posté par iceman le 23/06/2012 à 12h27
C'est, notamment, l'hypothèse qui est explorée dans "Et si la France avait continué la guerre" avec les deux Royales qui combattent ensemble. Effectivement, le problème naval est bien plus simple d'un coup. Mais l'attaque de Mers El-Kébir est un désastre complet à propos de toutes tentatives de faire rentrer la Marine nationale dans la guerre avant 1942.
Réponse de Le marquis de Seignelay le 25/06/2012 à 09h37

Père de l'aéronavale française ?

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/b/ba/Clement_ader%2C_1891.jpg© Wikipédia. Clément Ader en 1891.

 

"Donc, un bateau porte-avions devient indispensable.

 

Ces navires seront construits sur des plans bien différents de ceux utilisés actuellement. D'abord, le pont sera dégagé de tout obstacle : plat, le plus large possible, sans nuire aux lignes nautiques de la carène, il présentera l'aspect d'une aire d'atterrissage.


Le remisage des avions devrait être aménagé nécessairement sous le pont. On aura accès dans cet entrepont par un monte-charge assez long et large pour recevoir un avion les ailes repliées... A côté devra être l'atelier des avionneurs chargés de réparer les avaries et d'entretenir les avions toujours prêts à s'envoler".

Clément Ader, 1895, cité par l'Amiral Barjot dans son ouvrage "Vers la Marine de l'âge atomique" (1955).

Le premier porte-avions français est le Béarn : il entretra en service en 1928, et il sera le seul de sa classe de cuirassés (cinq au total) à être converti en porte-avions.

La Maritimisation et la France

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   Commande et construction de deux nouveaux porte-avions dans les années 2030 ?


 

Marine. Une stratégie payante.


«Jean-Yves Le Drian, a clairement réaffirmé que «le renforcement des capacités de la Marine nationale serait poursuivi (...) comme un choix politique et stratégique prioritaire». Un membre important de la Commission du Livre blanc sur la défense et la sécurité traduit: «C'est le bilan politique le plus important d'Euronaval qui anticipe les arbitrages budgétaires du prochain Livre blanc

 

« La même source qui requiert l'anonymat précise que, «rompant avec les quinze dernières années, la Marine nationale ne sera plus la variable d'ajustement des autres armées».

 

« Au résultat, le naval de défense dispose aujourd'hui d'un carnet de commandes plus important que tous les prospects de l'aéronautique militaire. Il s'agit, par conséquent, d'un véritable moteur des exportations françaises. »

 

« Plusieurs des grands exposants d'Euronaval se félicitent que «notre Marine ait pu rattraper efficacement le retard qu'elle accusait sur les autres armées en matière de communication car elle est aujourd'hui barrée par un chef d'état-major hors du commun».

 

Article d'Etienne Pelot, le Télégramme, publié le 3 novembre 2012.


 

Et si la Marine pouvait défendre la croissance ?


"Mondialisation oblige, des millions de conteneurs voyagent chaque année sur les mers du globe. Evidemment, ces flux ne cessent de progresser. Si les océans sont des routes de premier choix, ils regorgent également de ressources… de plus en plus recherchées. Réserves d’hydrocarbures dans les sous-sols marins, présence de terres rares, lieu d’installation des éoliennes offshore et des hydroliennes… «Les océans deviennent un objet de convoitise», affirme le sénateur (PS) Jeanny Lorgeoux.

 

A tel point que les Etats se livrent une «véritable guérilla juridique» pour étendre leurs zones maritimes. Après avoir conquis les terres, l’homme cherche à s’approprier la mer. Où il parvient déjà à se sédentariser: plus de 700 plateformes sont aujourd’hui en service dans les océans du monde, et des milliers de salariés y travaillent.

 

[...]

 

D’où la nécessité, selon les sénateurs, de se doter d’une Marine nationale forte. Et c’est là que le bât blesse. Car si le budget de la Défense connaît des coupes, celui de la Marine est particulièrement malmené.

«Ça fait quinze ans que la Marine sert de variable d’ajustement au budget de la Défense. Tout simplement parce que les armées de Terre et de l’Air sont bien plus organisées en termes de lobbies parlementaires», explique un membre de la rédaction du site spécialisé Espritcors@ire.

 

En tout cas, le budget des marines européennes diminue chaque année de 1%, alors qu’entre 2011 et 2016, le budget naval de la Russie devrait augmenter de 35% et celui de la Chine, de 57%".

 

Article de Céline Boff, publié dans "20 minutes", le 12 juillet 2012.

 

 

 

Bibliographie et articles :


Future LPM: situation de la Marine

 

http://i.imgur.com/poKeY.jpg

 

Le ministre a également confirmé le discours très engagé sur la place du fait maritime dans le futur Livre Blanc, qu’il avait tenu le mois dernier aux Universités d’été de la Défense, à Brest, lors du lancement de la frégate Aquitaine :

« L’enjeu maritime est celui qui sera au cœur des années à venir. Après un 20è siècle de conflits continentaux, les nouveaux conflits et menaces viendront de la mer. La souveraineté passe par la mer. Il est impératif de prendre en compte cette donne. Et c’est ce que j’attends du Livre Blanc. » Lorient, jeudi 18 octobre 2012 (par Mer et Marine).

 

Le ministre de la Défense a confirmé, décalé ou infirmé les programmes suivants intéressant la Marine dans le cadre de la future loi de programmation militaire (LPM) :

Dissuasion :

Dans son ensemble, les deux composantes de la dissuasion nucléaire nationale sont préservées. C'est un engagement du Président de la République.

Dans le hors-série du "Marin" consacré au salon Euronaval, il est possible d'apprendre, à travers une interview du PDG de DCNS,  Patrick Boissier, que les SNLE de troisième génération seraient en cours de définition, voire d'études.
Le "M-6" serait lui aussi sur les rails puisque son développement dépend de deux dynamiques :

  • l'avenir de la fusée Ariane (future version VI ou Ariiane V MLE ?),
  • du lancement d'un programme d'études amont comme l'Exoguard en complément ou en substitution au programme Ariane VI.

 

Flotte de surface :

 

Lutte anti-sous-marine :

 

Fonction Garde-Côtes :

 

Bibliographie :

  • "L'avenir des forces nucléaires françaises"
    Rapport d'information fait au nom de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées (Sénat) par MM. Didier BOULAUD, Xavier PINTAT, co-présidents, Jean-Pierre CHEVÈNEMENT, Mmes Michelle DEMESSINE, Josette DURRIEU, MM. Jacques GAUTIER, Alain GOURNAC, Gérard LARCHER et Bernard PIRAS, 12 juillet 2012.

  • "L'avenir du groupe aéronaval : la nécessité d'un second porte-avions"
    Rapport d'information fait au nom de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées (Sénat) par André Boyer, 25 mai 2000.

  • "Le mode de propulsion du second porte-avions"
    Rapport d'information fait au nom de la commission de la défense nationale et des forces armées (Assemblée nationale) par Mme Patricia ADAM, M. Charles COVA,Mme Marguerite LAMOUR et M. Jérôme RIVIÈRE, 5 novembre 2003.
  • "Aéronautique navale : missions et vocations de l'Aviation navale"
    Rapport d'information fait au nom de la commission de la défense nationale et des forces armées (Assemblée nationale) par Jean-Yves Le Drian, 10 octobre 2011.

  • "L'aéronautique navale, les ailes de la mer"
    Actes du colloque - "L'Aéronautique navale, facteur de puissance en mer au service de la sécurité et de la défense" - qui s'est tenu le 10 juin 2009, transposés dans ce bulletin d'études Marine édité par le Centre d'Etudes Supérieures de la Marine (CESM), 2010.

  • "Action de l'Etat en Mer, une garde-côtes à la française ?"
    Rapport d'information fait au nom de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées (Sénat) par André BOYER et Jean-Guy BRANGER, juin 2005.

  • "Action de l'Etat en Mer"
    Rapport d'information fait au nom de la commission de la défense nationale et des forces armées (Assemblée nationale) par Mme Patricia Adam et M. Philippe Vitel, 7 février 2012.

  • "Le maintien en condition opérartionnelle de la Flotte"
    Rapport d'information fait au nom de la commission des Finances (Sénat) par M. Yves de Fréville, 22 juin 2005.

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