Quantcast
Mercredi 23 novembre 2011 3 23 /11 /Nov /2011 13:50

 

http://www.red-stars.org/IMG/jpg/Stabilite_2008_-_Kuznetsov_Su-25_internet_russe_.jpg

Crédit : inconnu. Un Su-25UTG décolle du kouznetsov lors de "Dvina".

 

L'arrivée prochaine et probable, sans être certaine, du GRAn suscite quelques questions sur les capacités opérationnelles de cette formation navale.

Une des premières remarques que l'on peut faire, c'est que la formation aéronavale russe tend à devenir "permanente", c'est-à-dire que les crédits semblent disponibles pour faire effectuer une croisière annuelle au groupe chaque année.

A travers l'acronyme "GRAn" on parle du Groupe Aéronaval Russe. Cependant, quels types de navires se joignent au porte-avions russe ? Quelques réponses, non-exhaustives :

  • Le Kuznetsov : il n'est pas inutile de le préciser plusieurs fois puisqu'il y a si peu de pays au monde qui possède un porte-avions, même s'il recourt à la méthode "STOBAR" pour mettre en oeuvre ses aéronefs à voilure fixe.
    Ce navire a été mis sur cale en 1982, lancé en 1985 et admis au service en 1991. La chute de l'URSS a bouleversé la vie active du navire russe qui doit détenir un bon potentiel, même si cela ne remplace ni son caractère unique, ni son caractère périssable.
    La gestion de Moscou de cet outil est et sera intéressante à observer puisque le Brésil, et la Chine, désormais, possède eux-aussi un porte-avions unique dans leur flotte. Ces navires tenant plus de l'expérimentation et de l'apprentissage que de la mise en oeuvre opérationnelle. 
  • Un croiseur lance-missiles est, parfois, joint au pont plat russe, à l'image de cette sortie, pour exercices, dans l'Atlantique en 2008. Mais les croiseurs russes semblent être pour la
  • Un destroyer. Il est bien souvent de classe Udaloy, ce qui permet au navire-capital russe d'avoir un escorteur tant ASM que AA (et anti-navire, bien entendu).
    Mais cette conserve est bien souvent seule, alors que dans l'US Navy, il y a plusieurs escorteurs (même s'ils sont totalement polyvalents) et que dans la Marine nationale il y a, au moins, deux frégates, même du temps des frégates lance-engins de classe Suffren qui étaient des croiseurs légers luttant dans tout les milieux.
  • Un pétrolier-ravitailleur et un remorqueur de haute mer. La suite logistique est rarement annoncée (ou bien, les annonces ne sont pas trouvées par tout le monde), ce qui fait douter de sa présence et de la disponibilité de ces plateformes.
    Souvent, les remorqueurs de haute mer russes sont associés aux évolutions des destroyers, pour les soutenir, par exemple, dans leur mission de lutte anti-piraterie au large de la Corne de l'Afrique.
  • Un ou deux SNA. Ils ne sont pratiquement jamais annoncés, et l'information semble très peu demandée. Le K461 Volk de la classe Akula a accompagné au moins une fois le GRAn. Mais les russes, comme bien d'autres, sont très discrets sur ces déploiements -nécessaires et indispensables pour crédibiliser un groupe aéronaval.

 

Si sur le papier le GRAn présente une large palettes d'unités navales devant lui permettre d'occuper tout le specte des missions nécessaires à sa crédibilité, dans la pratique, il apparaît souvent "seule", ou du moins, seulement accompagnée d'un destroyer. Une recherche plus approfondie sur la vie opérationnelle du porte-avions russe et sur ses évolutions en escadre serait nécessaire, mais non-encore disponible.

Le navire-amiral de la Flotte russe n'est pas non plus taillé pour les opérations aéronautiques puisqu'il est un hybride entre un porte-aéronefs et un croiseur lance-missiles. Les capacités d'accueil du vaisseau sont données pour 30 aéronefs, ce qui n'empêche pas que sur la classe précédente, Kiev, l'unité vendue à l'Inde, le Gorschkov, subisse des travaux d'agrandissements des installations aéronautiques. La campagne de décembre 2008 en Méditerranée illustre les carrences du projet 1145-5 : "Selon RIA Novosti, le groupe aéronaval embarqué à bord du Kouznetsov a ensuite effectué le 28 décembre 2008 plus d’une trentaine de vols d’entraînement en Méditerranée occidentale. RIA Novosti précise que les chasseurs Su-33 ont effectué 21 vols et que les hélicoptères de lutte anti sous-marine Ka-27 en ont effectué 10. Des exercices ont également été réalisés en Mer Egée, au sud de l’ile de Rhodes et de la Crète les deux premières semaines de janvier 2009. La Grèce a donné son accord à Moscou pour que les chasseurs russes puissent utiliser son espace aérien. Le Levchenko a également réalisé un exercice commun avec un navire turc le 11 janvier selon Russia Today". Plusieurs constats sont à faire : sur tout les documents vidéos ou photographiques que l'on peut observer sur internet, le navire n'emporte pas 30 aéronefs. Les chiffres parlent d'eux-mêmes : on espère pour la Marine Russe que les réserves de carburéacteurs permettent plus de vol. Il y a peut être également un déficit de pilotes et de pièces détachées pour les Su-33. Enfin, un lecteur, Eric, remarque que les opérations de mise en oeuvre des appareils sont bien plus lentes que sur le Charles de Gaulle : plus de deux minutes alors que sur le fleuron français, on n'excède pas ce délai.

Le pont plat de la Voïenno- Morskoï Flot pose d'autres questions. Mars Attaque relevait hier sur Twitter qu'il n'y a que deux marines au monde capable d'opérer des avions de nuit sur porte-avions : l'US Navy et la Marine nationale. La Marine Russe pourrait-elle prétendre à cette capacité ? Le sieur Starshiy a été consulté. Verdict ? La présence d'un miroir d'appontage sur le pont du Kuznetsov n'a jamais été observé, ce qui rend peu probable la mise en oeuvre des Su-33 de nuit.

 

Cette première interrogation en induisait une autre : Starshiy continuait en faisant part du fait qu'il n'avait jamais observé un Su-33 décoller du porte-avions russe sur aucune des vidéos qu'il avait pu observer. Certes, il est possible de voir de l'armement sur des Flanker. Mais jamais il n'a été possible de trouver un document vidéo montrant un Su-33 décoller avec le ventre garni de missiles ou de bombes. Cela amène une question fondamentale : est-ce que les avions à voilures fixes ont une quelconque capacité militaire, autre que la surveillance via leur radar et l'engagement au canon ? Si ces aéronefs ne peuvent même pas emporter des missiles air-air, cela revient à dire que le porte-avions russe ne pourrait même pas pratiquer des missions d'interdiction aérienne.

Le porte-avions russe n'aurait alors aucune crédibilité militaire, même dans un port syrien.

Est-ce que la méthode STOBAR est à remettre en cause ? Difficile à dire sans certitudes ni études sur la question. Par déductions, on peut avancer que les futurs Mig-29K, en cours d'acquisition par l'Inde pour ses deux futurs porte-avions (bien que l'Inde mise aussi sur son chasseur léger national, le Tejas, et le vainqueur du MMRCA) devraient emporter un minimum d'armements : il est difficilement concevable que l'Inde se dote d'un avions STOBAR capable seulement de décoller et d'apponter pour ses futurs navires. La puissance navale indienne ne serait guère prise au sérieux, et l'Inde n'aurait pas commandé une trentaine de ces machines si c'est pour faire de l'expérimentation et de l'apprentissage.

La question semble primordiale puisque la Chine serait candidate au développement de la version locale du Su-33 (sans l'accord de Moscou, manifestement) : le J-11B. Si celle-ci s'inspire entièrement de son aînée russe, alors le porte-avions chinois (l'ex-Varyag, frère du Kuznetsov) n'aura pas de crédibilité opérationnelle. Bien que sa finalité soit l'expérimentation et l'apprentissage, l'absence d'emport d'armement sur le J-11B voudrait dire que certaines capacités opérationnelles du groupe aéronaval chinois ne serait apprises que bien plus tard, avec l'entrée en service d'un nouvel appareil. Les commandes de porte-avions n'étant jamais garanties, même aux Etats-Unis, il ne faudrait pas exclure la possibilité que le porte-avions chinoise entame une carrière opérationnelle, rien que pour mener une diplomatie navale.

Cet ensemble de questions interpellent sur les intentions de Moscou. Le gouvernement russe affirme régulièrement qu'aucun porte-avions ne sera construit avant 2020. Toutefois, il n'est peut être pas nécessaire d'attendre un nouveau navire pour bénéficier de l'installation d'un miroir d'appontage afin de qualifier les pilotes. Autre chose, la prochaine "IPER" du porte-avions devrait plutôt ressembler à une refonte qu'à autre chose. L'installation d'un réacteur nucléaire avait même été évoqué un temps. Sur l'aviation embarqué, il semblerait que la Russie profite de la commande indienne de Mig-29K pour renouveler le groupe aérien embarqué, mais rien n'est sûr.

 

 

 


Crédit : inconnu.

Par Le marquis de Seignelay - Publié dans : Guerre Aéronavale - Communauté : Défense et Géopolitique
Ecrire un commentaire - Voir les 9 commentaires
Retour à l'accueil

Père de l'aéronavale française ?

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/b/ba/Clement_ader%2C_1891.jpg© Wikipédia. Clément Ader en 1891.

 

"Donc, un bateau porte-avions devient indispensable.

 

Ces navires seront construits sur des plans bien différents de ceux utilisés actuellement. D'abord, le pont sera dégagé de tout obstacle : plat, le plus large possible, sans nuire aux lignes nautiques de la carène, il présentera l'aspect d'une aire d'atterrissage.


Le remisage des avions devrait être aménagé nécessairement sous le pont. On aura accès dans cet entrepont par un monte-charge assez long et large pour recevoir un avion les ailes repliées... A côté devra être l'atelier des avionneurs chargés de réparer les avaries et d'entretenir les avions toujours prêts à s'envoler".

Clément Ader, 1895, cité par l'Amiral Barjot dans son ouvrage "Vers la Marine de l'âge atomique" (1955).

Le premier porte-avions français est le Béarn : il entretra en service en 1928, et il sera le seul de sa classe de cuirassés (cinq au total) à être converti en porte-avions.

La Maritimisation et la France

PA-2-PA-3.png

   Commande et construction de deux nouveaux porte-avions dans les années 2030 ?


 

Marine. Une stratégie payante.


«Jean-Yves Le Drian, a clairement réaffirmé que «le renforcement des capacités de la Marine nationale serait poursuivi (...) comme un choix politique et stratégique prioritaire». Un membre important de la Commission du Livre blanc sur la défense et la sécurité traduit: «C'est le bilan politique le plus important d'Euronaval qui anticipe les arbitrages budgétaires du prochain Livre blanc

 

« La même source qui requiert l'anonymat précise que, «rompant avec les quinze dernières années, la Marine nationale ne sera plus la variable d'ajustement des autres armées».

 

« Au résultat, le naval de défense dispose aujourd'hui d'un carnet de commandes plus important que tous les prospects de l'aéronautique militaire. Il s'agit, par conséquent, d'un véritable moteur des exportations françaises. »

 

« Plusieurs des grands exposants d'Euronaval se félicitent que «notre Marine ait pu rattraper efficacement le retard qu'elle accusait sur les autres armées en matière de communication car elle est aujourd'hui barrée par un chef d'état-major hors du commun».

 

Article d'Etienne Pelot, le Télégramme, publié le 3 novembre 2012.


 

Et si la Marine pouvait défendre la croissance ?


"Mondialisation oblige, des millions de conteneurs voyagent chaque année sur les mers du globe. Evidemment, ces flux ne cessent de progresser. Si les océans sont des routes de premier choix, ils regorgent également de ressources… de plus en plus recherchées. Réserves d’hydrocarbures dans les sous-sols marins, présence de terres rares, lieu d’installation des éoliennes offshore et des hydroliennes… «Les océans deviennent un objet de convoitise», affirme le sénateur (PS) Jeanny Lorgeoux.

 

A tel point que les Etats se livrent une «véritable guérilla juridique» pour étendre leurs zones maritimes. Après avoir conquis les terres, l’homme cherche à s’approprier la mer. Où il parvient déjà à se sédentariser: plus de 700 plateformes sont aujourd’hui en service dans les océans du monde, et des milliers de salariés y travaillent.

 

[...]

 

D’où la nécessité, selon les sénateurs, de se doter d’une Marine nationale forte. Et c’est là que le bât blesse. Car si le budget de la Défense connaît des coupes, celui de la Marine est particulièrement malmené.

«Ça fait quinze ans que la Marine sert de variable d’ajustement au budget de la Défense. Tout simplement parce que les armées de Terre et de l’Air sont bien plus organisées en termes de lobbies parlementaires», explique un membre de la rédaction du site spécialisé Espritcors@ire.

 

En tout cas, le budget des marines européennes diminue chaque année de 1%, alors qu’entre 2011 et 2016, le budget naval de la Russie devrait augmenter de 35% et celui de la Chine, de 57%".

 

Article de Céline Boff, publié dans "20 minutes", le 12 juillet 2012.

 

 

 

Bibliographie et articles :


Future LPM: situation de la Marine

 

http://i.imgur.com/poKeY.jpg

 

Le ministre a également confirmé le discours très engagé sur la place du fait maritime dans le futur Livre Blanc, qu’il avait tenu le mois dernier aux Universités d’été de la Défense, à Brest, lors du lancement de la frégate Aquitaine :

« L’enjeu maritime est celui qui sera au cœur des années à venir. Après un 20è siècle de conflits continentaux, les nouveaux conflits et menaces viendront de la mer. La souveraineté passe par la mer. Il est impératif de prendre en compte cette donne. Et c’est ce que j’attends du Livre Blanc. » Lorient, jeudi 18 octobre 2012 (par Mer et Marine).

 

Le ministre de la Défense a confirmé, décalé ou infirmé les programmes suivants intéressant la Marine dans le cadre de la future loi de programmation militaire (LPM) :

Dissuasion :

Dans son ensemble, les deux composantes de la dissuasion nucléaire nationale sont préservées. C'est un engagement du Président de la République.

Dans le hors-série du "Marin" consacré au salon Euronaval, il est possible d'apprendre, à travers une interview du PDG de DCNS,  Patrick Boissier, que les SNLE de troisième génération seraient en cours de définition, voire d'études.
Le "M-6" serait lui aussi sur les rails puisque son développement dépend de deux dynamiques :

  • l'avenir de la fusée Ariane (future version VI ou Ariiane V MLE ?),
  • du lancement d'un programme d'études amont comme l'Exoguard en complément ou en substitution au programme Ariane VI.

 

Flotte de surface :

 

Lutte anti-sous-marine :

 

Fonction Garde-Côtes :

 

Bibliographie :

  • "L'avenir des forces nucléaires françaises"
    Rapport d'information fait au nom de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées (Sénat) par MM. Didier BOULAUD, Xavier PINTAT, co-présidents, Jean-Pierre CHEVÈNEMENT, Mmes Michelle DEMESSINE, Josette DURRIEU, MM. Jacques GAUTIER, Alain GOURNAC, Gérard LARCHER et Bernard PIRAS, 12 juillet 2012.

  • "L'avenir du groupe aéronaval : la nécessité d'un second porte-avions"
    Rapport d'information fait au nom de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées (Sénat) par André Boyer, 25 mai 2000.

  • "Le mode de propulsion du second porte-avions"
    Rapport d'information fait au nom de la commission de la défense nationale et des forces armées (Assemblée nationale) par Mme Patricia ADAM, M. Charles COVA,Mme Marguerite LAMOUR et M. Jérôme RIVIÈRE, 5 novembre 2003.
  • "Aéronautique navale : missions et vocations de l'Aviation navale"
    Rapport d'information fait au nom de la commission de la défense nationale et des forces armées (Assemblée nationale) par Jean-Yves Le Drian, 10 octobre 2011.

  • "L'aéronautique navale, les ailes de la mer"
    Actes du colloque - "L'Aéronautique navale, facteur de puissance en mer au service de la sécurité et de la défense" - qui s'est tenu le 10 juin 2009, transposés dans ce bulletin d'études Marine édité par le Centre d'Etudes Supérieures de la Marine (CESM), 2010.

  • "Action de l'Etat en Mer, une garde-côtes à la française ?"
    Rapport d'information fait au nom de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées (Sénat) par André BOYER et Jean-Guy BRANGER, juin 2005.

  • "Action de l'Etat en Mer"
    Rapport d'information fait au nom de la commission de la défense nationale et des forces armées (Assemblée nationale) par Mme Patricia Adam et M. Philippe Vitel, 7 février 2012.

  • "Le maintien en condition opérartionnelle de la Flotte"
    Rapport d'information fait au nom de la commission des Finances (Sénat) par M. Yves de Fréville, 22 juin 2005.

Photothèque

  • Démographie de la Grande Europe en 2002
  • Sherpa 3A MPCV Mistral
  • T-188
  • Admiral Gorshkov
  • Andrea Doria
  • RN

Syndication

  • Flux RSS des articles

Recherche

Statistiques

Wikio - Top des blogs - International

free counters

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés