Partager l'article ! Mirage III et Mirage IV : intérêt d'un bombardier français ?: Crédit : inconnu. Vous avez eu l'occasion ...
Le Fauteuil de Colbert
Crédit : inconnu.
Vous avez eu l'occasion de lire et réagir à nos et vos réflexions sur l'intérêt de l'arme aérienne. Plus particulièrement nous avons eu l'occasion d'aborder ensemble l'intérêt du biplace, du biréacteur (et par extension du bombardier) et de l'incidence de ces caractéristiques sur les missions aériennes.
Mécanicien et Mirage III B
Nous souhaitons mettre à votre disposition le témoignage (plus bas) d'un mécanicien ayant volé sur Mirage III B et qui nous relate le mauvais départ d'une mission d'entraînement à bord justement d'un Mirage III B. C'est l'Association Nationale des Forces Aériennes Stratégiques qui nous offre souvent dans son "ANFAS Contact" des témoignages de ses membres, anciens des FAS donc.
L'auteur nous explique que pour entraîner les pilotes de Mirage IV, le Mirage III B servait alors d'avion d'entraînement car l'heure de vol y était beaucoup moins cher que sur Mirage IV. C'est un montage ingénieux qui fait honneur à l'Armée de l'Air à cette époque. Mais cela démontre bien que des choses manquent à l'appel aujourdhui.
Il faut rappeler que le Mirage IV est une "simple" extrapolation du Mirage III à l'échelle 2/1.
Duo infernal : mono ou biréacteur ?
C'est très intéressant. A l'époque la France avait deux chasseurs principaux : le Mirage III et le Mirage IV. C'est le début d'un duo infernal dans l'aéronautique française : monoréacteur et biréacteur.
Pourquoi parler de duo infernal ? La France a toujours louvoyée entre le monoréacteur et le biréacteur. C'est le couple du Mirage III et IV. C'est le couple manqué du Mirage 2000 et Mirage 4000. Enfin, c'est le Rafale qui n'a pas de monoréacteur pour l'accompagner. Ce manque se fait durement ressentir sur le marché export et pour le combat. Il n'est pas certain que le Rafale remplisse toutes les missions à un coût aventageux.
Un bombardier pour la France ?
Ce qui est particulier c'est que le Mirage IV ne servira qu'au bombardement nucléaire (et à la reconnaissance stratégique bien sûr !). C'est peut être son coût prohibiitf qui interdira d'envisager sérieusement de développer une version conventionnelle. Pourtant, il est à noter que l'entrée en service de ce chasseur coïncide avec celle des C-135FR. Il faut imaginer un bombardier qui a une allonge formidable. Cela aurait pu être la capacité de pouvoir frapper le pourtour méditerranéen sur commande à toute heure ou presque. Non pas qu'une telle capacité aurait remplacer un porte-avions pour des opérations prolongées, au contraire, cela aurait permis de frapper d'entrée de jeu sans de demander où est la Flotte. De plus, la France aurait eu une dissuasion conventionnelle très crédible.Qui plus est dans une région du monde qui concentrera nombre de crise.
Nous ne parlons même pas de l'entrée en service d'un Mirage IV équipé de missile anti-navires.
Le Mirage IV comme bombardier conventionnelle aurait pu avoir sa place mais l'Armée de l'Air était alors tournée vers la menace qui venait de l'Est. Dans la configuration française il fallait surtout des chasseurs en aussi grand nombre que possible. Le Royaume-Uni était dans plus éloigné du "front" ce qui lui a permis d'entretenir une flotte de bombardier en V sans compromettre sa défense aérienne.
La France a une position géographique et géopolitique qui lui commande de pouvoir projeter sa puissance (ou de réduire ses ambitions). Le bombardier est tout naturellement indiqué pour pouvoir effectuer des raids lointain. Nous n'entendons pas un bombardier lourd mais l'exemple du Mirage IV ou du Mirage 4000 (plus lourd que le Rafale), les deux soutenus avec des ravitailleurs, est assez significatif de ce qui pourraît être fait dans le contexte français.
Prenons l'exemple des positions françaises en Afrique et dans la péninsule arabique. C'est un réseau de bases aériennes qui permet de couvrir les deux deux tiers de l'Afrique et tout le Moyen-Orient avec des Rafale soutenus par des avions ravitailleurs. Quelle surface couverte avec un Mirage IV et C135FR ? N'oublions pas que la France peut se déployer depuis la Réunion jusqu'au Sénégal et Abhu Dabi.
Enfin, nous laissons à votre lecture le texte de "A/C le NY" publié dans l'ANFAS Contact numéro 66, mars 2010 :
Vol critique
Il s’agit de quelques minutes critiques en vol entre Saint-Dizier et Avord le vendredi 26 mars 1970, quelque part au dessus des Vosges dans l'Est de la France.
Dans la semaine du 26 mars 1970, j'étais le Responsable Technique d'un Détachement d'Avions Mirages IIIB, avec une
douzaine de mécaniciens, à St Dizier, une base où, à l'époque, était stationné un escadron de Bombardiers Mirage IV . Sur
ces appareils, l'entraînement coûte une fortune. Aussi les équipages devaient s'entraîner sur Mirage III B
biplace.
Le Mir. IIIB était un avion de chasse mono-réacteur beaucoup plus économique que son grand frère bombardier. Mais son pilotage, ses équipements et son fonctionnement étaient assez similaires. Les équipages s'entraînaient donc sur les Mirages III
B mis en place par nos soins périodiquement, pendant une semaine.
Je ne sais pas comment c'est maintenant, mais à l'époque, nous avions beaucoup de problèmes techniques, de toutes sortes. Au milieu de la semaine, sur l'un des appareils, il y avait eu un problème de transfert de carburant : l'un des deux réservoirs
extérieurs ne transférait pas. Pour les exercices, pas de problème, car on pouvait bien s'en passer. Mais pour revenir
enfin de semaine, il y avait deux solutions : soit laisser cet appareil sur place avec quelques mécaniciens en attente
des pièces à remplacer, soit prendre le risque de rentrer comme ça, sachant qu'avec les réservoirs internes,
normalement il y avait largement assez de pétrole pour rentrer à notre base. En accord avec le Chef Pilote, le
Capitaine Préville, nous avions opté pour la deuxième solution.
Comme à l'aller, en tant que mécanicien, j'étais en place arrière. Le Capitaine Préville était devant, en place pilote. En bout de piste, nous avions dû attendre longtemps avant d'avoir l'autorisation de décoller : et moi déjà je m'inquiétais pour le
carburant consommé pour rien en attente. Un autre Mirage III B était juste derrière nous (A/C Etchéto plus un
mécanicien). Aussitôt après le décollage, un autre problème grave : panne radio totale... Circonstances aggravantes :
il y avait une couverture nuageuse sur tout le Nord de la France. Seule solution : prendre de l'altitude, car il y
avait des montagnes partout. Au bout de quelques minutes, nous nous étions retrouvés au dessus de la couche, avec un
soleil éblouissant à l'horizon. Mais nous ne savions plus très bien où nous étions, ni donc quel cap prendre pour
avancer vers notre destination : cap à l’ouest seulement.
A cette époque il n’y avait pas de Radar de bord, pas de GPS, pas de Centrale gyroscopique. Et dans de telles
circonstances, seules les informations Radio en provenance des opérateurs de circulation aériennes, en se basant sur
notre position suivie par un Radar-sol pouvaient nous guider. Mais sans radio, impossible de recevoir leurs directives. On ne savait donc plus quoi faire. Moi j'avais l'oeil rivé sur la jauge de carburant. Le Capitaine Préville s'énervait :
l'interphone nous permettait de communiquer entre nous. Il se demandait comment sortir de ce piège : faire des
triangles dans le ciel pour signaler notre position de détresse majeure. C'est à ce moment là que j'ai commencé à
penser que ça pouvait tourner mal. Plus que 15 minutes de carburant et toujours perdus au dessus des Vosges. J'ai pensé
à ma famille, à mes enfants, à ma vie suspendue à un mince fil...d'espoir. Je m'étais préparé à l'éjection avec mon
siège éjectable : j’avais tâté à la main toutes les manettes qu'il fallait connaître...J'étais prêt...et au cas où l'éjection se passerait bien, il fallait encore penser à l'arrivée au sol ou dans l’eau ..: Au dessus des Vosges, il y a beaucoup
de lacs (ex Gérarmer etc..). En Mars, la température de l’eau est
basse...
L'opérateur Radar qui suivait notre trajectoire a finalement compris qu'il fallait agir vite, et a indiqué notre position au 2ème avion (A/C Etchéto qui se demandait où nous étions passés...). Enfin après de longues minutes d'attente, d'un seul coup, j'ai vu
à ma gauche, tout près, l'avion Mirage III B envoyé pour nous guider. Quel bonheur ! Mais le suspens subsistait, car il
nous restait presque plus de carburant. L'A/C Etchéto heureusement a pris l'initiative de passer au régime le plus
économique possible et en faisant une descente longue vers le terrain le plus proche, tout en retraversant la couche de
nuages.
Toujours dans le coton, nous avions failli nous perdre au moment de la sortie du train d'atterrissage. En fait, l’A/C Etchéto avait sorti son train d’atterrissage sans pouvoir nous prévenir. Ceci l’avait momentanément freiné. Et nous sommes donc
passés devant. Seule, la présence d'esprit extrêmement rapide du Cne Préville avait réussi à rétablir la situation : sortie du
Train d’atterrissage. Au bout de quelques secondes, à nouveau nous avions repris notre 2ème position « aile dans aile », pour ne pas nous perdre de vue dans les nuages. Au bout d'un moment, sous la couche, nous avions commencé à voir le sol, et juste droit
devant, il y avait une longue piste d'atterrissage, avec tout un dispositif de secours qui nous attendait : pompiers,
ambulances, etc...
Tous les autres avions en vol avaient été déroutés pour nous accorder la priorité d'atterrissage. La jauge de carburant
était à zéro. Curieusement dès le toucher des roues sur la piste, notre Radio s’était remise à fonctionner normalement. On l'avait échappé belle ! Je n'oublierai jamais !
A/C Le NY
© Wikipédia. Clément Ader en 1891.
"Donc, un bateau porte-avions devient indispensable.
Ces navires seront construits sur des plans bien différents de ceux utilisés actuellement. D'abord, le pont sera dégagé de tout obstacle : plat, le plus large possible, sans nuire aux lignes nautiques de la carène, il présentera l'aspect d'une aire d'atterrissage.
Le remisage des avions devrait être aménagé nécessairement sous le pont. On aura accès dans cet entrepont par un monte-charge assez long et large pour recevoir un avion les ailes repliées...
A côté devra être l'atelier des avionneurs chargés de réparer les avaries et d'entretenir les avions toujours prêts à s'envoler".
Clément Ader, 1895, cité par l'Amiral Barjot dans son ouvrage "Vers la Marine de l'âge atomique" (1955).
Le premier porte-avions français est le Béarn : il entretra en service en 1928, et il sera le seul de sa classe de cuirassés (cinq au total) à être converti en porte-avions.
Commande et construction de deux nouveaux porte-avions dans les années 2030 ?
Marine. Une stratégie payante.
«Jean-Yves Le Drian, a clairement réaffirmé que «le renforcement des capacités de la Marine nationale serait poursuivi (...) comme un choix politique et stratégique prioritaire». Un membre important de la Commission du Livre blanc sur la défense et la sécurité traduit: «C'est le bilan politique le plus important d'Euronaval qui anticipe les arbitrages budgétaires du prochain Livre blanc.»
« La même source qui requiert l'anonymat précise que, «rompant avec les quinze dernières années, la Marine nationale ne sera plus la variable d'ajustement des autres armées».
« Au résultat, le naval de défense dispose aujourd'hui d'un carnet de commandes plus important que tous les prospects de l'aéronautique militaire. Il s'agit, par conséquent, d'un véritable moteur des exportations françaises. »
« Plusieurs des grands exposants d'Euronaval se félicitent que «notre Marine ait pu rattraper efficacement le retard qu'elle accusait sur les autres armées en matière de communication car elle est aujourd'hui barrée par un chef d'état-major hors du commun».
Article d'Etienne Pelot, le Télégramme, publié le 3 novembre 2012.
Et si la Marine pouvait défendre la croissance ?
"Mondialisation oblige, des millions de conteneurs voyagent chaque année sur les mers du globe. Evidemment, ces flux ne cessent de progresser. Si les océans sont des routes de premier choix, ils regorgent également de ressources… de plus en plus recherchées. Réserves d’hydrocarbures dans les sous-sols marins, présence de terres rares, lieu d’installation des éoliennes offshore et des hydroliennes… «Les océans deviennent un objet de convoitise», affirme le sénateur (PS) Jeanny Lorgeoux.
A tel point que les Etats se livrent une «véritable guérilla juridique» pour étendre leurs zones maritimes. Après avoir conquis les terres, l’homme cherche à s’approprier la mer. Où il parvient déjà à se sédentariser: plus de 700 plateformes sont aujourd’hui en service dans les océans du monde, et des milliers de salariés y travaillent.
[...]
D’où la nécessité, selon les sénateurs, de se doter d’une Marine nationale forte. Et c’est là que le bât blesse. Car si le budget de la
Défense connaît des coupes, celui de la Marine est particulièrement malmené.
«Ça fait quinze ans que la Marine sert de variable d’ajustement au budget de la Défense. Tout simplement parce que les armées de Terre et de l’Air sont bien plus organisées en termes de
lobbies parlementaires», explique un membre de la rédaction du site spécialisé Espritcors@ire.
En tout cas, le budget des marines européennes diminue chaque année de 1%, alors qu’entre 2011 et 2016, le budget naval de la Russie devrait augmenter de 35% et celui de la Chine, de 57%".
Article de Céline Boff, publié dans "20 minutes", le 12 juillet 2012.
Bibliographie et articles :
Le ministre a également confirmé le discours très engagé sur la place
du fait maritime dans le futur Livre Blanc, qu’il avait tenu le mois dernier aux Universités d’été de la Défense, à Brest, lors du lancement de la frégate Aquitaine :
« L’enjeu maritime est celui qui sera au cœur des années à venir. Après un 20è siècle de conflits continentaux, les nouveaux conflits et menaces viendront
de la mer. La souveraineté passe par la mer. Il est impératif de prendre en compte cette donne. Et c’est ce que j’attends du Livre Blanc. » Lorient, jeudi 18 octobre 2012 (par Mer et Marine).
Le ministre de la Défense a confirmé, décalé ou infirmé les programmes suivants intéressant la Marine dans le cadre de la future loi de programmation militaire (LPM)
:
Dissuasion :
Dans son ensemble, les deux composantes de la dissuasion nucléaire nationale sont préservées. C'est un engagement du Président de la République.
Dans le hors-série du "Marin" consacré au salon Euronaval, il est possible d'apprendre, à travers une interview du PDG de DCNS, Patrick Boissier, que les SNLE de troisième génération
seraient en cours de définition, voire d'études.
Le "M-6" serait lui aussi sur les rails puisque son développement dépend de deux dynamiques :
Flotte de surface :
Lutte anti-sous-marine :
Fonction Garde-Côtes :
Bibliographie :
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