Partager l'article ! Les noms des BPC sont-ils adaptés aux capacités des navires ?: © Les écoles de Saint-Cyr Coëtquidan 2012. Un ...
Le Fauteuil de Colbert
© Les écoles de Saint-Cyr Coëtquidan 2012.
Un lecteur me fait superbement remarquer qu'il y a peut être matière à débattre de la pertinence des noms qui ont été donnés aux deux premiers BPC. Il va sans dire que c'est un lourd débat car il n'est pas courant (quel doux et heureux euphémisme) de débaptiser des navires de la Royale pour les rebaptiser. Cela arrive assez régulièrement que les noms changent avant même que la quille ne soit posée. Mais depuis le changement d'appellation du croiseur porte-hélicoptères La Résolue pour Jeanne d'Arc, aucun autre changement de nom ne s'est produit depuis la fin de la seconde guerre mondiale dans la Marine nationale (selon mes humbles connaissances). Mais est-ce vraiment un problème, finalement, puisque une fois n'est pas coutume ? Pis, ces navires n'ont navigué que pendant quelques années avec leurs noms initiaux (comme La Résolue).
Avant toute chose, présentons un peu le potentiel de ces navires de 21 500 tonnes pour 199m de long qui sont capables d'embarquer soit :
Les BPC peuvent mettre en oeuvre 16 hélicoptères "lourds" (NH90 et Tigre) ou bien une trentaine de voilures tournantes en comptant un panachage d'hélicoptères légers (comme les Gazelle).
Les navires de la classe Mistral ont fait la démonstration qu'ils étaient :
Mais les importants volumes de ces navires, le pont d'envol et le radier permettent d'imaginer d'éventuels futurs rôles :
Entre les capacités démontrées, et les capacités que l'on peut imaginer, il y a de quoi observer que les BPC rempliront bien des missions pour la Marine nationale dans les trente prochaines années.
Dès lors, pour en revenir au sujet initial, est-ce que les noms des deux premières unités rendent-ils compte de leur potentiel, et des ambitions que l'on pourrait avoir à travers ces navires ? Il était courrant de donner des noms de vent et autre phénomène météorologique intéressant aux navires amphibies, certes. Mais, Mistral ne renvoie pas une filiation de premier plan : les anciens navires à avoir porté ce nom n'étaient pas des unités de première importance. En ce qui concerne le Tonnerre, c'est à peine mieux. En plus, ce n'était pas des noms d'unités amphibies.
Le Dixmude inaugure une filiation historique plus intéressante : un grand dirigeable a porté ce nom dans la Marine, et ce, en l'honneur des combats des fusiliers-marins. Un porte-avions a porté ce nom, et c'était un navire de second rang ! Ce nom de baptême est taillé sur mesure pour ce navire ! Entre les BPC 1 et 2, et le troisième, il y en a un qui a un patrimoine plus adéquat avec les capacités actuelles du navire.
Les BPC ne seront jamais ni les deux TCD Foudre, ni les autres TCD. Ils sont bien plus que des navires amphibies : porte-aéronefs, navires de commandement, porte-hélicoptère d'assaut, porteurs de forces prépositionnées, etc...
Au final, et pour rendre justice aux capacités de nos BPC (comme le dit si bien le lecteur en question) il aurait été terriblement plus indiqué de nommer les deux premiers BPC : Arromanches,
Béarn, Bois Belleau, Commandant Teste ou Jeanne d'Arc !
Ces noms évoquent des navires aux ambitions mondiales (et même une ambassade flottante, concept français presque unique au monde !), des navires qui ont combattu comme des porte-aéronefs d'assaut
aéroamphibie au large de l'Indochine ou lors de la crise de Suez, ainsi que des navires pionniers dans l'aéronavale ! Ces nom-là correspondent peut être mieux aux nouvelles ambitions qui seront
portées par leurs utilisateurs, grâce aux capacités intrinsèques de ces navires. Ce serait envoyer un message bien plus compréhensible au monde entier.
En outre, ce serait appuyer le caractère mondiale de notre marine. Cette mise en relief ne serait pas inutile car la Marine nationale est la seconde marine militaire au monde par sa capacité à se
projeter, à durer à la mer, et à savoir utiliser sa puissance, tant de manière "douce" ou "forte", nonobstant les illusions du tonnage ! Pour entretenir un tel outil, il faut des crédits
budgétaires, et démontrer qu'ils sont utilisés à bon escient avec la Marine nationale. Qui plus, ce serait rendre hommage aux capacités expéditionnaires de nos forces (qui sont bien utiles quand
le monde politique appelle à agir en Libye ou en Syrie).
Il y a la dissuasion nucléaire, certes, mais il y aussi le groupe aéronaval et le groupe amphibie, ces deux groupes étant cités dans le Livre blanc.
Enfin, le BPC porte peut être en lui une certaine idée de la "transformation" des forces françaises, au croisement de la Marine macrocéphale et d'une sorte de Sea Basing.
Le quatrième BPC confirmera-t-il le virage initié par le Dixmude ?
1 Précision du Capitaine de Vaisseau Ebanga, ancien commandant du Tonnerre, lors de la conférence "Dans le vent d'Harmattan, agir pour la Marine de demain" du 3 avril 2012.
2 "Les LHD français ont aussi été d'emblée conçus comme des Bâtiments de Projection et de Commandement (BPC) et disposent d'installations spécifiques à bord, telles qu'ils sont considérés au sein de l'OTAN comme les seuls vrais navires de commandement avec les LCC américains", "Les fondements de la stratégie navale au XXIe siècle" de Joseph Henrotin, aux éditions Economica, p.160 et 161, et note de base de page : "Véronique Sartini, "NRF. La Marine nationale est d'alerte", Défense et Sécurité Internationale, n°34, février 2008".
© Wikipédia. Clément Ader en 1891.
"Donc, un bateau porte-avions devient indispensable.
Ces navires seront construits sur des plans bien différents de ceux utilisés actuellement. D'abord, le pont sera dégagé de tout obstacle : plat, le plus large possible, sans nuire aux lignes nautiques de la carène, il présentera l'aspect d'une aire d'atterrissage.
Le remisage des avions devrait être aménagé nécessairement sous le pont. On aura accès dans cet entrepont par un monte-charge assez long et large pour recevoir un avion les ailes repliées...
A côté devra être l'atelier des avionneurs chargés de réparer les avaries et d'entretenir les avions toujours prêts à s'envoler".
Clément Ader, 1895, cité par l'Amiral Barjot dans son ouvrage "Vers la Marine de l'âge atomique" (1955).
Le premier porte-avions français est le Béarn : il entretra en service en 1928, et il sera le seul de sa classe de cuirassés (cinq au total) à être converti en porte-avions.
Commande et construction de deux nouveaux porte-avions dans les années 2030 ?
Marine. Une stratégie payante.
«Jean-Yves Le Drian, a clairement réaffirmé que «le renforcement des capacités de la Marine nationale serait poursuivi (...) comme un choix politique et stratégique prioritaire». Un membre important de la Commission du Livre blanc sur la défense et la sécurité traduit: «C'est le bilan politique le plus important d'Euronaval qui anticipe les arbitrages budgétaires du prochain Livre blanc.»
« La même source qui requiert l'anonymat précise que, «rompant avec les quinze dernières années, la Marine nationale ne sera plus la variable d'ajustement des autres armées».
« Au résultat, le naval de défense dispose aujourd'hui d'un carnet de commandes plus important que tous les prospects de l'aéronautique militaire. Il s'agit, par conséquent, d'un véritable moteur des exportations françaises. »
« Plusieurs des grands exposants d'Euronaval se félicitent que «notre Marine ait pu rattraper efficacement le retard qu'elle accusait sur les autres armées en matière de communication car elle est aujourd'hui barrée par un chef d'état-major hors du commun».
Article d'Etienne Pelot, le Télégramme, publié le 3 novembre 2012.
Et si la Marine pouvait défendre la croissance ?
"Mondialisation oblige, des millions de conteneurs voyagent chaque année sur les mers du globe. Evidemment, ces flux ne cessent de progresser. Si les océans sont des routes de premier choix, ils regorgent également de ressources… de plus en plus recherchées. Réserves d’hydrocarbures dans les sous-sols marins, présence de terres rares, lieu d’installation des éoliennes offshore et des hydroliennes… «Les océans deviennent un objet de convoitise», affirme le sénateur (PS) Jeanny Lorgeoux.
A tel point que les Etats se livrent une «véritable guérilla juridique» pour étendre leurs zones maritimes. Après avoir conquis les terres, l’homme cherche à s’approprier la mer. Où il parvient déjà à se sédentariser: plus de 700 plateformes sont aujourd’hui en service dans les océans du monde, et des milliers de salariés y travaillent.
[...]
D’où la nécessité, selon les sénateurs, de se doter d’une Marine nationale forte. Et c’est là que le bât blesse. Car si le budget de la
Défense connaît des coupes, celui de la Marine est particulièrement malmené.
«Ça fait quinze ans que la Marine sert de variable d’ajustement au budget de la Défense. Tout simplement parce que les armées de Terre et de l’Air sont bien plus organisées en termes de
lobbies parlementaires», explique un membre de la rédaction du site spécialisé Espritcors@ire.
En tout cas, le budget des marines européennes diminue chaque année de 1%, alors qu’entre 2011 et 2016, le budget naval de la Russie devrait augmenter de 35% et celui de la Chine, de 57%".
Article de Céline Boff, publié dans "20 minutes", le 12 juillet 2012.
Bibliographie et articles :
Le ministre a également confirmé le discours très engagé sur la place
du fait maritime dans le futur Livre Blanc, qu’il avait tenu le mois dernier aux Universités d’été de la Défense, à Brest, lors du lancement de la frégate Aquitaine :
« L’enjeu maritime est celui qui sera au cœur des années à venir. Après un 20è siècle de conflits continentaux, les nouveaux conflits et menaces viendront
de la mer. La souveraineté passe par la mer. Il est impératif de prendre en compte cette donne. Et c’est ce que j’attends du Livre Blanc. » Lorient, jeudi 18 octobre 2012 (par Mer et Marine).
Le ministre de la Défense a confirmé, décalé ou infirmé les programmes suivants intéressant la Marine dans le cadre de la future loi de programmation militaire (LPM)
:
Dissuasion :
Dans son ensemble, les deux composantes de la dissuasion nucléaire nationale sont préservées. C'est un engagement du Président de la République.
Dans le hors-série du "Marin" consacré au salon Euronaval, il est possible d'apprendre, à travers une interview du PDG de DCNS, Patrick Boissier, que les SNLE de troisième génération
seraient en cours de définition, voire d'études.
Le "M-6" serait lui aussi sur les rails puisque son développement dépend de deux dynamiques :
Flotte de surface :
Lutte anti-sous-marine :
Fonction Garde-Côtes :
Bibliographie :
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