Partager l'article ! Les Fossoyeurs de la Flotte de la Ve République !: La Ve République ne semblait pas avoir été un ...
Le Fauteuil de Colbert
La Ve République ne semblait pas avoir été une grande réussite pour la Marine, comme l'ont été les IIIe et IVe République. Ces deux derniers régimes politiques ont accouché tout deux de deux belles Flottes. Comparaison n'est pas raison, et dès lors, il faut dire que la durée de vie des deux régimes n'est pas comparable. En outre, la IIIe République a longtemps erré avant de porter une grande Flotte.
Ce qui surprend, et qui amène ce commentaire peu gratifiant pour notre actuel régime politique, c'est que la Ve a tout pour elle pour construire des Armées : stabilité du pouvoir civil, stabilité des ministères, unité de vue, vision à long terme, etc...
Pourtant, c'est l'instable IVe République qui, au sortir de la Guerre, a porté une Flotte très équilibrée, quand la Ve, au moment du renouvellement de cette Flotte là, a peiné. Il y a eu deux grandes occasions où la transition d'un modèle de Marine à l'autre n'a pas pu se réaliser :
Les frégates ne sont pas toute la Flotte, certes, mais c'est un indicateur pratique en l'espèce. Aucun des deux programmes n'a été mené à son terme, alors qu'il permettait un renouvellement de la Flotte à bon compte pour les finances publiques.
A qui la faute ? A moins de se replonger (totalement) dans les budgets de l'époque, c'est assez difficile à dire : la Guerre d'Algérie ? La Guerre froide ? Les deux chocs pétroliers ? Le coût de la dissuasion nucléaire ? Un manque d'intérêt pour la mer ?
Le coût du fait nucléaire français n'a pas été indolore. Il est bien entendu à regarder face aux avantages procurés par son usage. Mais il n'en demeurre pas moins que entre la mise en place de la FOST et le renouvellement des forces plus conventionnelles de la Marine, il y a eu un très gros trou d'air !
C'est au détour de la présentation d'une publication ("L'Encyclopédie des sous-marins français - L'apogée des classiques") par Lignes de Défense, que l'on peut découvrir une partie de l'ampleur de l'effort français pour acquérir l'outil nucléaire militaire : "le sous-marin était important, mais le plus coûteux était l'arme et son intégration (NDLR : le programme a coûté 90 milliards de francs les quinze premières années, équivalant à 90 milliards d'euros d'aujourd'hui, en tenant compte de l'inflation. Dont 12 % pour le sous-marin)".
90 milliards d'euros sur quinze années : 6 milliards d'euros par année budgétaire... ! Il y a fort à parier que les SNLE sont les Fossoyeurs de la Flotte (et d'autres programmes des Armées de l'Air et de Terre). Et encore une fois, il n'est pas question de remettre en cause leur utilité, de leur lancement jusqu'à aujourd'hui, car, ce n'est pas le débat du jour. Mais ce morceau d'Histoire est révélateur car pour passer de la Flotte de la IVe et ses escorteurs, l'état-major de la Marine comptait sur une flotte de surface de 26 frégates, environ.
Aujourd'hui, cette même flotte de surface est bâtie sur un format à 18 navires. A ceux-là, par souci d'honnêteté, il convient de soustraire les cinq frégates LaFayette, qui se différencient des frégates de surveillance par le système anti-aérien Crotale et par la furtivité de leur coque. Donc, la flotte de surface ne compte plus vraiment que 13 navires pour son escorte.
Quid donc de l'intérêt de ce désagréable et alarmant constat ? Certaines personnes évoquent avec une clartée de vue et de longues explications l'ensemble des enjeux de la Défense Anti-Missile Balistique (DAMB) : le rapport du Sénat, le Bulletin d'Etude Marine du CESM qui transpose les actes du colloque et plusieurs articles des revues Défense nationale et Défense et Sécurité internationale.
La DAMB de théâtre existe en France, et elle est matérialisée par les systèmes Mamba/SAMP/T de l'Armée de l'Air. Ceux-ci peuvent intercepter des missiles balistiques ayant une portée allant jusque 1000km. Il n'y a pas de contribution navale car les Horizon ne peuvent pas en faire autant à l'heure actuelle (la réalité contraire se chiffre à 300 millions d'euros de refonte pour les deux frégates).
C'est à propos de la DAMB de territoire que le Sénat a réalisé ce rapport (l'OTAN a fait le choix de cette DAMB à l'un de ses derniers sommets). Si la France devait s'engager dans une telle voie, même avec l'Europe, il faudrait compter sur un effort national de 7, voir 10, milliards d'euros sur dix ans (renforcement de l'alerte avancée, conception et construction des nouveaux radars (à terre ? Pourquoi pas sur des navires ?), des nouveaux intercepteurs (Aster Block 1 NT, Aster 2 et Exoguard) et de nouvelles frégates.
Dans le contexte économique et financier actuel, il suffirait de 7 à 10 milliards d'euros d'investissement sur une période de dix années pour littéralement saigner la Marine nationale : pas de nouveaux patrouilleurs, une flotte de surface réduite à 13 navires (pourquoi remplacer les FLF, si ce sont des patrouilleurs ?...), pas de PA2, le strict minimum de pétrolier-ravitailleur pour le groupe aéronaval (deux... ?), etc...
L'effort financier consenti pour la Dissuasion nationale a eu quelques petites conséquences sur les forces conventionnelles. Les nouveaux efforts à consentir pour une éventuelle DAMB de
territoire française seraent tout aussi douloureux.
© Wikipédia. Clément Ader en 1891.
"Donc, un bateau porte-avions devient indispensable.
Ces navires seront construits sur des plans bien différents de ceux utilisés actuellement. D'abord, le pont sera dégagé de tout obstacle : plat, le plus large possible, sans nuire aux lignes nautiques de la carène, il présentera l'aspect d'une aire d'atterrissage.
Le remisage des avions devrait être aménagé nécessairement sous le pont. On aura accès dans cet entrepont par un monte-charge assez long et large pour recevoir un avion les ailes repliées...
A côté devra être l'atelier des avionneurs chargés de réparer les avaries et d'entretenir les avions toujours prêts à s'envoler".
Clément Ader, 1895, cité par l'Amiral Barjot dans son ouvrage "Vers la Marine de l'âge atomique" (1955).
Le premier porte-avions français est le Béarn : il entretra en service en 1928, et il sera le seul de sa classe de cuirassés (cinq au total) à être converti en porte-avions.
Commande et construction de deux nouveaux porte-avions dans les années 2030 ?
Marine. Une stratégie payante.
«Jean-Yves Le Drian, a clairement réaffirmé que «le renforcement des capacités de la Marine nationale serait poursuivi (...) comme un choix politique et stratégique prioritaire». Un membre important de la Commission du Livre blanc sur la défense et la sécurité traduit: «C'est le bilan politique le plus important d'Euronaval qui anticipe les arbitrages budgétaires du prochain Livre blanc.»
« La même source qui requiert l'anonymat précise que, «rompant avec les quinze dernières années, la Marine nationale ne sera plus la variable d'ajustement des autres armées».
« Au résultat, le naval de défense dispose aujourd'hui d'un carnet de commandes plus important que tous les prospects de l'aéronautique militaire. Il s'agit, par conséquent, d'un véritable moteur des exportations françaises. »
« Plusieurs des grands exposants d'Euronaval se félicitent que «notre Marine ait pu rattraper efficacement le retard qu'elle accusait sur les autres armées en matière de communication car elle est aujourd'hui barrée par un chef d'état-major hors du commun».
Article d'Etienne Pelot, le Télégramme, publié le 3 novembre 2012.
Et si la Marine pouvait défendre la croissance ?
"Mondialisation oblige, des millions de conteneurs voyagent chaque année sur les mers du globe. Evidemment, ces flux ne cessent de progresser. Si les océans sont des routes de premier choix, ils regorgent également de ressources… de plus en plus recherchées. Réserves d’hydrocarbures dans les sous-sols marins, présence de terres rares, lieu d’installation des éoliennes offshore et des hydroliennes… «Les océans deviennent un objet de convoitise», affirme le sénateur (PS) Jeanny Lorgeoux.
A tel point que les Etats se livrent une «véritable guérilla juridique» pour étendre leurs zones maritimes. Après avoir conquis les terres, l’homme cherche à s’approprier la mer. Où il parvient déjà à se sédentariser: plus de 700 plateformes sont aujourd’hui en service dans les océans du monde, et des milliers de salariés y travaillent.
[...]
D’où la nécessité, selon les sénateurs, de se doter d’une Marine nationale forte. Et c’est là que le bât blesse. Car si le budget de la
Défense connaît des coupes, celui de la Marine est particulièrement malmené.
«Ça fait quinze ans que la Marine sert de variable d’ajustement au budget de la Défense. Tout simplement parce que les armées de Terre et de l’Air sont bien plus organisées en termes de
lobbies parlementaires», explique un membre de la rédaction du site spécialisé Espritcors@ire.
En tout cas, le budget des marines européennes diminue chaque année de 1%, alors qu’entre 2011 et 2016, le budget naval de la Russie devrait augmenter de 35% et celui de la Chine, de 57%".
Article de Céline Boff, publié dans "20 minutes", le 12 juillet 2012.
Bibliographie et articles :
Le ministre a également confirmé le discours très engagé sur la place
du fait maritime dans le futur Livre Blanc, qu’il avait tenu le mois dernier aux Universités d’été de la Défense, à Brest, lors du lancement de la frégate Aquitaine :
« L’enjeu maritime est celui qui sera au cœur des années à venir. Après un 20è siècle de conflits continentaux, les nouveaux conflits et menaces viendront
de la mer. La souveraineté passe par la mer. Il est impératif de prendre en compte cette donne. Et c’est ce que j’attends du Livre Blanc. » Lorient, jeudi 18 octobre 2012 (par Mer et Marine).
Le ministre de la Défense a confirmé, décalé ou infirmé les programmes suivants intéressant la Marine dans le cadre de la future loi de programmation militaire (LPM)
:
Dissuasion :
Dans son ensemble, les deux composantes de la dissuasion nucléaire nationale sont préservées. C'est un engagement du Président de la République.
Dans le hors-série du "Marin" consacré au salon Euronaval, il est possible d'apprendre, à travers une interview du PDG de DCNS, Patrick Boissier, que les SNLE de troisième génération
seraient en cours de définition, voire d'études.
Le "M-6" serait lui aussi sur les rails puisque son développement dépend de deux dynamiques :
Flotte de surface :
Lutte anti-sous-marine :
Fonction Garde-Côtes :
Bibliographie :
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