Partager l'article ! Les armements PA 1 et PA 2: © Inconnu. R98 Clemenceau et R99 Foch. C'est grâce à l'ouvrage de Jean Mouli ...
Le Fauteuil de Colbert
© Inconnu. R98 Clemenceau et R99 Foch.
C'est grâce à l'ouvrage de Jean Moulin, "Clemenceau et Foch" (chez Marines Editions), qu'il est possible d'avoir une description précise de la gestion des deux équipages des deux anciens
ponts plats (aux pages 210 et 217).
Une instruction du 11 octobre 1973 officialise les rotations des équipages à bord des porte-avions. C'est l'instruction du 2 janvier 1974 qui précise ces cycles.
Pour l'état-major de la Marine, il s'agissait de tenir compte de la permanence à la mer du groupe aéronaval avec deux navires. C'est-à-dire que, en permanence, l'un des deux porte-avions est à la
mer, tandis que l'autre est soit en entretien, en refonte et à l'entraînement. Sans oublier le "détail" que l'équipage d'un navire qui revient d'une mission de 4 à 8 mois a besoin de se reposer
(sauf si l'on est nostalgique des mutineries ou demandeur d'équipages qui désertent l'institution). Tout ceci limite drastiquement les périodes où les deux porte-avions sont à la mer, et aptent à
partir pour un déploiment complet.
En outre, monsieur Jean Moulin ajoute à la page 217 de son ouvrage un tableau qui récapitule les passages PA1/PA2 entre les deux navires. De 1972 à 1993 il y en a eu 21 dont 10 pour IPER (PEI et
IE), deux pour avaries et trois pour modernisation.
Il n'est donc pas impératif d'avoir deux équipages au grand complet afin d'assurer la conduite des deux navires... L'objectif opérationnel est d'avoir un porte-avions à la mer. La disposition de deux équipages complets avec deux groupes aériens embarqués auraient été un effort disproportionné par rapport au gain espéré. Ce faisant, cela aurait-il était vraiment utile d'user plus vite le potentiel de navire dont on n'est pas assuré de leur remplacement ?
C'est pourquoi la première instruction précitée prévoit deux armements différents des Clemenceau et Foch :
Cela se traduit dans les faits par l'existence d'un équipage propre et permanent à chaque navire qui est de 984 personnes. Cet équipage là est l'armement PA2. L'équipage de complément (PA COMPL) est systématiquement affecté au PA1 et se compose théoriquement de 354 personnes. C'est ce dernier qui, quand il est à bord d'un des deux navires, permet de facto qu'il soit PA1. L'équipe complet (et théorique) se monte à 1338 personnes, hors groupe aérien.
Notons que trois passages d'équipages ont eu lieu hors de la métropole : au large des Orcades (12 juin 1972), en mer Rouge (14 juin 1977) et la dernière fois au large du Liban (10 octobre
1983). Un passage d'équipages nécessite trois jours nous dit l'auteur de l'ouvrage. L'intérêt des hélicoptères lourds (15 à 20 tonnes) et des avions de transport catapultables (C-2
Greyhound) ou convertibles (V-22 Osprey), c'est qu'ils peuvent ou pourraient réaliser un tel changement d'équipages en pleine mer.
L'intérêt de la manoeuvre, outre d'ajuster le besoin en hommes au strict besoin, permet de réduire significativement le nombre de spécialistes aviation (installations d'aviation, armement)
puisque l'objectif de l'armement du PA2 n'est que de mettre en oeuvre une catapulte et des hélicoptères.
Néanmoins, pendant la guerre en Libye de 2011, le Charles de Gaulle a souffert d'une ressource en spécialistes aviation trop faible. Le navire n'a qu'un seul équipage (car il n'y a qu'un seul
porte-avions) ce qui fait que quand il a fallu enchaîner avec cette guerre après la mission Agapanthe, la réserve humaine était trop faible. Ce qui oblige à observer qu'il doit être très
difficile pour l'état-major de jongler avec les contraintes budgétaires et permettre de parer aux imprévus.
Cette visite des pratiques passées et révolues permet d'imaginer un éventuel futur (tout est éventuel tant que rien ne flotte, ni n'est armé). Par exemple :
Tout ceci, et malgré les grossières erreurs de calcul (peu importe en réalité) reviendrait à dire que si le second porte-avions était mis en chantier, alors l'équipage qui devrait lui être affecté représenterait environ 900 hommes (et femmes).
Si jamais le second porte-avions était mis en chantier, alors il ne serait pas question de 2000 ou 1500 hommes, mais de 900 hommes nécessaires à son armement. Et à glisser dans le budget de la Marine nationale, alors que les effectifs baissent continuellement depuis l'arpès-guerre, c'est beaucoup plus simple. Mais cela supposerait une baisse dans les suppressions de postes (qui se produit dans d'autres ministères).
Qui plus est, la nouvelle génération de navires nécessite souvent deux à trois fois moins d'hommes d'équipage que la précédente (une FREMM ASM nécessite 108 personnes contre 235 sur une F70 ASM). Le "solde" générationnel pourrait être reversé à la marine afin qu'elle puisse armer les nouveaux navires.
© Wikipédia. Clément Ader en 1891.
"Donc, un bateau porte-avions devient indispensable.
Ces navires seront construits sur des plans bien différents de ceux utilisés actuellement. D'abord, le pont sera dégagé de tout obstacle : plat, le plus large possible, sans nuire aux lignes nautiques de la carène, il présentera l'aspect d'une aire d'atterrissage.
Le remisage des avions devrait être aménagé nécessairement sous le pont. On aura accès dans cet entrepont par un monte-charge assez long et large pour recevoir un avion les ailes repliées...
A côté devra être l'atelier des avionneurs chargés de réparer les avaries et d'entretenir les avions toujours prêts à s'envoler".
Clément Ader, 1895, cité par l'Amiral Barjot dans son ouvrage "Vers la Marine de l'âge atomique" (1955).
Le premier porte-avions français est le Béarn : il entretra en service en 1928, et il sera le seul de sa classe de cuirassés (cinq au total) à être converti en porte-avions.
Commande et construction de deux nouveaux porte-avions dans les années 2030 ?
Marine. Une stratégie payante.
«Jean-Yves Le Drian, a clairement réaffirmé que «le renforcement des capacités de la Marine nationale serait poursuivi (...) comme un choix politique et stratégique prioritaire». Un membre important de la Commission du Livre blanc sur la défense et la sécurité traduit: «C'est le bilan politique le plus important d'Euronaval qui anticipe les arbitrages budgétaires du prochain Livre blanc.»
« La même source qui requiert l'anonymat précise que, «rompant avec les quinze dernières années, la Marine nationale ne sera plus la variable d'ajustement des autres armées».
« Au résultat, le naval de défense dispose aujourd'hui d'un carnet de commandes plus important que tous les prospects de l'aéronautique militaire. Il s'agit, par conséquent, d'un véritable moteur des exportations françaises. »
« Plusieurs des grands exposants d'Euronaval se félicitent que «notre Marine ait pu rattraper efficacement le retard qu'elle accusait sur les autres armées en matière de communication car elle est aujourd'hui barrée par un chef d'état-major hors du commun».
Article d'Etienne Pelot, le Télégramme, publié le 3 novembre 2012.
Et si la Marine pouvait défendre la croissance ?
"Mondialisation oblige, des millions de conteneurs voyagent chaque année sur les mers du globe. Evidemment, ces flux ne cessent de progresser. Si les océans sont des routes de premier choix, ils regorgent également de ressources… de plus en plus recherchées. Réserves d’hydrocarbures dans les sous-sols marins, présence de terres rares, lieu d’installation des éoliennes offshore et des hydroliennes… «Les océans deviennent un objet de convoitise», affirme le sénateur (PS) Jeanny Lorgeoux.
A tel point que les Etats se livrent une «véritable guérilla juridique» pour étendre leurs zones maritimes. Après avoir conquis les terres, l’homme cherche à s’approprier la mer. Où il parvient déjà à se sédentariser: plus de 700 plateformes sont aujourd’hui en service dans les océans du monde, et des milliers de salariés y travaillent.
[...]
D’où la nécessité, selon les sénateurs, de se doter d’une Marine nationale forte. Et c’est là que le bât blesse. Car si le budget de la
Défense connaît des coupes, celui de la Marine est particulièrement malmené.
«Ça fait quinze ans que la Marine sert de variable d’ajustement au budget de la Défense. Tout simplement parce que les armées de Terre et de l’Air sont bien plus organisées en termes de
lobbies parlementaires», explique un membre de la rédaction du site spécialisé Espritcors@ire.
En tout cas, le budget des marines européennes diminue chaque année de 1%, alors qu’entre 2011 et 2016, le budget naval de la Russie devrait augmenter de 35% et celui de la Chine, de 57%".
Article de Céline Boff, publié dans "20 minutes", le 12 juillet 2012.
Bibliographie et articles :
Le ministre a également confirmé le discours très engagé sur la place
du fait maritime dans le futur Livre Blanc, qu’il avait tenu le mois dernier aux Universités d’été de la Défense, à Brest, lors du lancement de la frégate Aquitaine :
« L’enjeu maritime est celui qui sera au cœur des années à venir. Après un 20è siècle de conflits continentaux, les nouveaux conflits et menaces viendront
de la mer. La souveraineté passe par la mer. Il est impératif de prendre en compte cette donne. Et c’est ce que j’attends du Livre Blanc. » Lorient, jeudi 18 octobre 2012 (par Mer et Marine).
Le ministre de la Défense a confirmé, décalé ou infirmé les programmes suivants intéressant la Marine dans le cadre de la future loi de programmation militaire (LPM)
:
Dissuasion :
Dans son ensemble, les deux composantes de la dissuasion nucléaire nationale sont préservées. C'est un engagement du Président de la République.
Dans le hors-série du "Marin" consacré au salon Euronaval, il est possible d'apprendre, à travers une interview du PDG de DCNS, Patrick Boissier, que les SNLE de troisième génération
seraient en cours de définition, voire d'études.
Le "M-6" serait lui aussi sur les rails puisque son développement dépend de deux dynamiques :
Flotte de surface :
Lutte anti-sous-marine :
Fonction Garde-Côtes :
Bibliographie :
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