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Jeudi 31 mai 2012 4 31 /05 /Mai /2012 16:20

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© Inconnu. R98 Clemenceau et R99 Foch.

 

C'est grâce à l'ouvrage de Jean Moulin, "Clemenceau et Foch" (chez Marines Editions), qu'il est possible d'avoir une description précise de la gestion des deux équipages des deux anciens ponts plats (aux pages 210 et 217).

Une instruction du 11 octobre 1973 officialise les rotations des équipages à bord des porte-avions. C'est l'instruction du 2 janvier 1974 qui précise ces cycles.

 

Pour l'état-major de la Marine, il s'agissait de tenir compte de la permanence à la mer du groupe aéronaval avec deux navires. C'est-à-dire que, en permanence, l'un des deux porte-avions est à la mer, tandis que l'autre est soit en entretien, en refonte et à l'entraînement. Sans oublier le "détail" que l'équipage d'un navire qui revient d'une mission de 4 à 8 mois a besoin de se reposer (sauf si l'on est nostalgique des mutineries ou demandeur d'équipages qui désertent l'institution). Tout ceci limite drastiquement les périodes où les deux porte-avions sont à la mer, et aptent à partir pour un déploiment complet.

En outre, monsieur Jean Moulin ajoute à la page 217 de son ouvrage un tableau qui récapitule les passages PA1/PA2 entre les deux navires. De 1972 à 1993 il y en a eu 21 dont 10 pour IPER (PEI et IE), deux pour avaries et trois pour modernisation.

 

Il n'est donc pas impératif d'avoir deux équipages au grand complet afin d'assurer la conduite des deux navires... L'objectif opérationnel est d'avoir un porte-avions à la mer. La disposition de deux équipages complets avec deux groupes aériens embarqués auraient été un effort disproportionné par rapport au gain espéré. Ce faisant, cela aurait-il était vraiment utile d'user plus vite le potentiel de navire dont on n'est pas assuré de leur remplacement ?

 

C'est pourquoi la première instruction précitée prévoit deux armements différents des Clemenceau et Foch :

  • l'armement PA 1 correspond à l'effectif armé paix normal.
  • l'armement PA2 correspond à un effectif armé paix spécial pour mission porte-hélicoptères en conservant des capacités de mise en oeuvre d'aéronefs à voilure fixe avec une catapulte utilisable.

Cela se traduit dans les faits par l'existence d'un équipage propre et permanent à chaque navire qui est de 984 personnes. Cet équipage là est l'armement PA2. L'équipage de complément (PA COMPL) est systématiquement affecté au PA1 et se compose théoriquement de 354 personnes. C'est ce dernier qui, quand il est à bord d'un des deux navires, permet de facto qu'il soit PA1. L'équipe complet (et théorique) se monte à 1338 personnes, hors groupe aérien.


Notons que trois passages d'équipages ont eu lieu hors de la métropole : au large des Orcades (12 juin 1972), en mer Rouge (14 juin 1977) et la dernière fois au large du Liban (10 octobre 1983).  Un passage d'équipages nécessite trois jours nous dit l'auteur de l'ouvrage. L'intérêt des hélicoptères lourds (15 à 20 tonnes) et des avions de transport catapultables (C-2 Greyhound) ou convertibles (V-22 Osprey), c'est qu'ils peuvent ou pourraient réaliser un tel changement d'équipages en pleine mer.

 

L'intérêt de la manoeuvre, outre d'ajuster le besoin en hommes au strict besoin, permet de réduire significativement le nombre de spécialistes aviation (installations d'aviation, armement) puisque l'objectif de l'armement du PA2 n'est que de mettre en oeuvre une catapulte et des hélicoptères.
Néanmoins, pendant la guerre en Libye de 2011, le Charles de Gaulle a souffert d'une ressource en spécialistes aviation trop faible. Le navire n'a qu'un seul équipage (car il n'y a qu'un seul porte-avions) ce qui fait que quand il a fallu enchaîner avec cette guerre après la mission Agapanthe, la réserve humaine était trop faible. Ce qui oblige à observer qu'il doit être très difficile pour l'état-major de jongler avec les contraintes budgétaires et permettre de parer aux imprévus.

 

Cette visite des pratiques passées et révolues permet d'imaginer un éventuel futur (tout est éventuel tant que rien ne flotte, ni n'est armé). Par exemple :

  • le Charles de Gaulle est armé par un équipage de 1950 hommes, dont 1260 sont affectés à la conduite du navire (la différence, 690 hommes, constitue les personnels du groupe aérien embarqué). Si l'on tient compte des chiffres des Foch et Clemenceau, alors sur ces deux porte-avions l'équipage de complément représentait 26,5% de l'équipage total du navire. S'il s'agissait de la même proportion à bord de l'actuel porte-avions nucléaire, alors son équipage de complément serait de 334 personnes (ce qui donne l'équipage PA2 à 926 hommes).
  • Le PA2 à propulsion nucléaire (c'est plus simple à gérer qu'une seconde unité à propulsion conventionnelle) serait armé par un équipage de 900 hommes pour la conduite du bâtiment. Mais l'équipage total serait de l'ordre de 1690 personnes (soit 110 de moins que sur le Charles de Gaulle).

 Tout ceci, et malgré les grossières erreurs de calcul (peu importe en réalité) reviendrait à dire que si le second porte-avions était mis en chantier, alors l'équipage qui devrait lui être affecté représenterait environ 900 hommes (et femmes).

 

Si jamais le second porte-avions était mis en chantier, alors il ne serait pas question de 2000 ou 1500 hommes, mais de 900 hommes nécessaires à son armement. Et à glisser dans le budget de la Marine nationale, alors que les effectifs baissent continuellement depuis l'arpès-guerre, c'est beaucoup plus simple. Mais cela supposerait une baisse dans les suppressions de postes (qui se produit dans d'autres ministères).

 

Qui plus est, la nouvelle génération de navires nécessite souvent deux à trois fois moins d'hommes d'équipage que la précédente (une FREMM ASM nécessite 108 personnes contre 235 sur une F70 ASM). Le "solde" générationnel pourrait être reversé à la marine afin qu'elle puisse armer les nouveaux navires.

 

Par Le marquis de Seignelay - Publié dans : Guerre Aéronavale - Communauté : Défense
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Commentaires

Cette idée d'avoir un équipage complet et un demi équipage pour le 2° PA part d'un bon sentiment si l'on veut avoir une plate-forme en permanence à la mer. Cependant, cela ne permet pas d'avoir un groupe aérien complet en permanence à la mer. Afin d'avoir cette permanence du groupe aérien, il faut effectivement 2 groupes aériens complets et 2 équipages complets (d'ailleur les équipages ne sont pas si problématiques puisqu'il est envisagé de mettre 2 équipages par FREMM) afin que pendant que l'un est en opération, l'autre se repose.

Le coût principal du porte-avion et le navire lui même et les avions qu'il embarque. C'est donc au niveau de ces 2 composantes que l'on pourrait chercher à baisser les prix. On pourrait peut-être simplifier l'architecture des portes-avions, et mixer le Rafale à un autre appareil plus rustique dans le groupe aérien.

Commentaire n°1 posté par Roland le 31/05/2012 à 21h01

Attention, il s'agit d'un quart de l'équipage qui rejoignait l'un ou l'autre des porte-avions. A priori, il s'agirait des spécialistes aéronautiques qui sont rattachés aux porte-avions, mais qui travaillement essentiellement à mettre en oeuvre les appareils du groupe aérien embarqué, sans être rattaché à celui-ci.

Qui plus est, s'il s'agit notamment de spécialistes, alors la ressource est rare et chère. En plus, il n'y a pas d'emplois vraiment similaires avec les autres navires de surface : il n'y a peut être pas beaucoup de similarité avec les BPC.

J'essaie de voir s'il faut deux groupes aériens embarqués, ou un seul et gros groupe aérien embarqué pour pourvoir à la permanence aéronavale mise en oeuvre par deux porte-avions.

Il est bien question d'introduire des UCAV, mais ce serait en complément. La question d'un aéronef plus rustique pour l'appui-feu (puisque pour la chasse et la reconnaissance serait difficile de se passer du Rafale) se conjuge avec d'autres solutions : hélicoptères, hélicoptères hybrides, missiles de croisière, missiles d'appui, drones MALE, artillerie navale, etc... La question est assez complexe.

Réponse de Le marquis de Seignelay le 04/06/2012 à 01h38

Si l'équipage de complément passe d'un navire à l'autre même en pleine mer, donc en cours de mission, il se repose quand ?

 

De plus, Charles de Gaulle et PA2 seront différents (précense de catapultes électromagnétiques ou à vapeur ?), il faudra donc un temps d'adaptation à leur équipage de complément. En pleine mission, est-ce sage ?

 

Et ce qui marche pour l'équipage où le navire marche aussi pour le groupe aérien. Le GAE durant Harmattan n'était pas celui au départ de la mission Agaphante précédant Harmattan. On ne peut tenir un groupe aérien en permanance avec 55 Rafale et 3 Hawkeye.

 

De même pour les navires, une IPER du CdG, c'est 18 mois. Un porte-avions navigue 6 mois. Donc durant une IPER, il y a un trou d'un semestre ou la France n'a pas de GAN en mission.

Commentaire n°2 posté par Kouak le 01/06/2012 à 14h12

C'était simplement pour le plaisir de relever que le passage PA1/PA2 ne se fait pas nécessairement en métropole, ni même à terre. C'était en écho à un autre billet où il était proposé de doubler l'équipage du Charles de Gaulle afin d'en augmenter l'activité.

Mais bien entendu, si ce "quart d'équipage" indispensable à mise en oeuvre des aéronefs peut passer d'un navire à l'autre en pleine mer, cela implique tout de même qu'il puisse se reposer, et quitter le navire...

La question se posera pour les catapultes... comme pour la propulsion si une éventuelle seconde unité était à propulsion classique. La gestion des hommes et femmes serait assez compliquée.

Coutau-Bégarie, compte tenu du taux d'attrition des aéronefs du groupe aérien embarqué des Clemenceau et Foch, disait dans "Le problème du porte-avions" (1990) qu'il faudrait 90 Rafale pour leurs successeurs (je cite de mémoire). Avec 58 Rafale, c'est assez limité, même s'il faudrait peut être tenir compte que quelques machines dédiées à l'entraînement de base sont mise à la disposition de la marine par l'Armée de l'Air au sein de l'escadron de transformation. Il y aurait un déplacement virtuel de quelques machines en dehors du périmètre de la Marine, mais il y a toujours déficit.

Il faudrait que je consulte sérieusement les calendriers d'activité des deux porte-avions, mais ce que j'ai pu en retenir, c'est que le porte-avions gréé en PA2 devait être capable de partir en mission avec un préavis de 7 ou 8 jours maximum s'il était en IPER légère.


Réponse de Le marquis de Seignelay le 04/06/2012 à 01h44

Tout ceci est empreint du sceau du bon sens. Mais nos gouvernants en ont-ils (du bon sens)?

Commentaire n°3 posté par Morbihan le 01/06/2012 à 15h53

 

"C'est une belle chose d'être honnête, mais il est également important d'avoir raison". W. Churchill.

Tout est affaire de choix : si le centre de gravité géopolitique du monde se déplace en Asie, alors il faudrait se demander qui est prioritaire dans les investissements pour la Défense nationale. Par exemple : qui est prioritaire pour percevoir des Rafale ?

Réponse de Le marquis de Seignelay le 04/06/2012 à 01h47

calcul tres interessant,mais il faudrait 3 flotilles de combat en supplement,plus une flotille de gué aerien,un pole pedro en plus et un plot csar en supplement car ces materiels comme leur personnels ont besoin de régeneration

Commentaire n°4 posté par iceman le 01/06/2012 à 16h27

La queston du groupe aérien embarqué va être étudié un peu plus longuement : il sera autant question d'histoire aéronavale française que des choix à faire entre Marine nationale et Armée de l'Air car c'est facile d'amputer le budget de toutes les Armées, mais c'est bien plus difficile d'en choisir une par rapport aux autres...

Réponse de Le marquis de Seignelay le 04/06/2012 à 01h49

Ce que nous voulions dire, c'est que la permanence à la mer d'un groupe aérien nécessite une permanence du personnel associé. Cette permanence nécessite bien 2 équipages (quelque soit la spécialité de cet équipage) puisque pendant que l'un est en opération, il en faut un deuxième en repos/entraînement. Donc effectivement, pendant qu'un groupe aérien est en reconditionnement, le deuxième peut aller en opération.

Ensuite, concernant un appareil rustique, nous pensions plutôt à un avion type Jaguar (4-6t d'armement, mach1.4) qui pourrait aussi servir à l'écolage. Bref, un avion minimal largement suffisant pour l'Afrique (au moins pour les opérations de maintient de la paix)

Commentaire n°5 posté par Roland le 04/06/2012 à 09h33

A voir ce que donnerait un "gros" groupe aérien embarqué.

Nous sommes plusieurs à tourner autour de ce concept. Pour ma part, je proposerais bien une sorte de "Mirage-R" qui reprendrait une très grande partie des composants du Rafale et venants d'autres appareils (sur étagère). Une sorte de F-16 français.

Réponse de Le marquis de Seignelay le 04/06/2012 à 09h58

l'equipage du pa qui est en entretien court formation entrainement maintient des qualifications personnels naviguant,qualification nouveaux pilote et personnel de pont et bateau peut engendrer un personnel plus restreint que le pa deployé en situation ops,les sorties du pa en regeneration sont beaucoup plus courtes et neccessitent moins de logistique ,c'est le cas des cvn us affecte chacun leur tour au macaronage des nouveaux pilotes les flotilles du cvn restent a terre et le strike group d'escoteur et croiseur est rediut a sa plus simple expression le cvn ne quittant pas les eaux tetrritoriales

 

Commentaire n°6 posté par iceman le 04/06/2012 à 11h20

Merci de ces précisions qui sont très intéressantes. Elles permettront de planter le décor quand l'on pourra poser la question du retour de la formation des pilotes de l'aéronavale en France !

Réponse de Le marquis de Seignelay le 08/06/2012 à 20h48

A se demander ce que Dassault a pu faire de l'outillage de la ligne des Mirage 2000 ou même s'ils n'ont pas brûlé les plans.

Enfin peut être que nous aurons une soixantaine de Mirage 2000-9 à fort potentiel restant à écouler - et moderniser - d'ici quelques mois.

 

Le Rafale est une réussite technique exemplaire et peut être aussi bientôt commerciale,mais il est regrettable qu'au lancement des programmes Rafale et Typhoon, un accord n'ait pas été trouvé pour ne avoir 2 appareils aussi similaire, mais d'un coté un Jaguar-bis et de l'autre un appareil de supériorité aérienne.

 

Un camion à bombes aussi robuste que le Jaguar, biréacteur, biplace, sans radar avec une optronique permettant la désignation laser, autoprotection radar, infrarouge et laser. La navigation à basse altitude se fait par l'intégration d'un radar de suivi de terrain dans une nacelle tout comme les contre-mesures électroniques, offensives et défensives.

 

Bien sûr aujourd'hui, lancer un tel programme est irréaliste, mais doper un appareil comme le M-346 épaulerait très utilement un Rafale, se faisant plus rare, où encore mieux, concentré au sein des flottilles de la Marine Nationale.

Commentaire n°7 posté par Kouak le 04/06/2012 à 12h14

Les deux solutions me paraissent très séduisantes :

  • une sorte de "Rafale ou Mirage R "COTS" (à base de pièces sur étagère) qui servirait à avoir une bête de somme qui permettrait de mener des missions avec un coût d'exploitation très faible. Par exemple, à l'époque des Mirage IV, c'étaient des Mirage III qui servaient pour l'entraînement car l'utilisation pour l'entraînement de base de Mirage IV était jugée trop coûteuse.
    En outre, cela pourrait fournir un nouvel avion d'entraînement, en lieu et place de l'Alphajet. Celui-ci pourrait être vendu comme le remplaçant modulable du Mirage 2000 : aussi armé et avancé que vous le souhaitez (radar ou pas, etc...). In fine, c'est la possible de vendre bien des pièces du Rafale par des voies détournées, et donc, c'est s'offrir la possibilité de baisser les coûts d'exploitation de celui-ci.
    Avoir un avion pour l'entraînement des pilotes de l'aéronavale. S'il est suffisamment léger comme un Zéphyr, alors il pourrait même décoller sans catapultes à bord des Queen Elyzabeth.
  • Il me semble que pendant la campagne présidentielle, plusieurs candidats ont franchi le pas pour proposer de doter le groupe aérien embarqué en priorité en Rafale, plutôt que l'Armée de l'air (voir le billet sur les propositions de Hervé Morin). Comme quoi, il s'agit d'une affaire de choix. Et le GAn fait parti du contrat opérationnel du Livre blanc (c'est la moitié des 70 appareils de combat projetables).

Premièrement, il faut voir que si nous avions été dans le programme, nous aurions alors à faire au machin actuel avec ses coûts d'acquisition et d'exploitation très forts. Cependant, il convient de remarquer qu'il n'y a jamais vraiment eu une grande volonté politique pour juguler les dérives...

Deuxièmement, pour répondre à votre idée, oui, elle est très bonne. J'ai pu lire une fois dans un ouvrage ou un article que l'Espagne aurait bien rejoint le programme Rafale (qui ne portait pas encore ce nom) si le gouvernement français y avait mis un peu plus du sien pour l'inviter (c'était vers 1985).

Réponse de Le marquis de Seignelay le 08/06/2012 à 21h07

trés bon article comme souvent.

on a aussi 3 ou 4 BPC mais avec presque pas d'hélico marine dessus ( le NH 90 arrive au compte goutte) et il faudrait penser a l'auto défense: on ira pas toujours face a ...rien ( la marine libyenne ????) une vedette agressive genre fast ferait du dégat si on n'a pas au moins des armes auutomatiques de saturation vers l'eau...un bpc, c'est un grosmur lent a percuter!

un deuxieme PA suppose une vraie volonté et une vista d'emploi à 20 ans!on va avoir plus de rafale que de pilotes si on fait pas gaffe!

le grey hound s'est pose sur le CDG, je crois: en acheter  2 au moins si les US l'accepte !

mais qui s'en préoccuoe? face a 60 soums chinois , ca va faire bizarre un jour !

 

Commentaire n°8 posté par parabellum le 07/06/2012 à 15h31

Eh bien, je vous remercie, je suis bien heureux de continuer à satisfaire mes lecteurs !

En ce qui concerne les NH90, on subit les mêmes causes et conséquences que pour les programmes A400M et Eurofighter.

Oui, je suis bien d'accord avec vous : des affuts de 20 ou 30mm avec des Mistral, c'est bien léger. Ce ne serait vraiment pas du luxe que d'avoir une suite de tourelles téléopérés, et pourquoi pas, des canons ou mitrailleuses à grandes cadences. C'est très polyvalent comme système.

Personnellement, cela fait quelques semaines que je m'intéresse à cette affaire des Greyhound. La Marine en souhaitait une demi-douzaine au début des années 90. Vous avez pu voir qu'il était parfaitement interopérable avec le Charles de Gaulle. J'ai pu voir dans un ouvrage que des essais avec le Breguet 941 étaient même prévus à bord des Foch et Clemenceau. Enfin, je regarderais du côté des programmes AVISMAR et du remplacement des hydravions de la Sécurité civile pour trouver une ou deux solutions.

Il y a justement un colloque à l'Ecole militaire qui se déroulera le 28 juin à propos de la lutte anti-sous-marine en Asie du Sud-Est.

Réponse de Le marquis de Seignelay le 09/06/2012 à 12h38

Il serait interessant de savoir quelle est la teneur de la modernisation des 2000 indiens, pour savoir ce qu'il est possible de faire avec les 2000-9 émiratis - si nous devions les avoir à notre charge - où même les 2000 taiwanais.

Intégrer un RBE2 AA, au diamétre adapté, l'autoprotection et la guerre électronique du Rafale, sur un 2000 serait une belle bête en mesure de titiller les Américains.

 

En ce qui concerne le format de nos forces, il est évident qu'un nouveau programme d'avion de combat aussi rustique soit-il ne sera pas lancé. Néanmoins muscler un M-346 est une voie viable. C'est le pari que fait la Corée du Sud avec le T/A-50 où même Taïwan avec le F-CK-1.

Ce ne seront pas des Jaguar, mais c'est toujours mieux que d'employer un Rafale pour bombarder un pick-up.

 

Concernant la navalisation, si l'idée d'un appareil d'entrainement national est séduisante, la réconception - pour ne pas dire nouvel avion - structurelle pour un tel appareil serait plus un luxe qu'autre chose. Il est aussi envisageable de concevoir une version embarquée de l'appareil d'attaque. Mais la place étant limitée sur un porte-avions, il vaut concentrer la charge offensive sur peu de gros avions, plutôt que sur beaucoup de petits, puisque le peu de gros est moins volumineux que le beaucoup de petits.

 

Faire du GAE, le poids aérien de la France est la meilleure des solutions de part les avantages que procure le porte-avions. Mais, une telle ambition impose d'avoir une vraie permanance à la mer d'un groupe aéronaval. De plus, l'Armée de l'air doit disposer d'un nombre d'appareils suffisant pour la défense aérienne, la dissuation, l'entrainement, le positionnement d'appareils à l'étranger (Epervier, c'est comme Corymbe mais en plein milieu de l'Afrique et c'est aussi de la diplomatie).

De plus, Harmattant a montré qu'un GAE qui revient d'une croisière n'est pas disponible à son plein niveau avant plusieurs semaines. L'Armée de l'air se doit aussi de pouvoir envoyer un module d'un certain volume (un escadron) pour intervenir aux antipodes du GAE. Si le GAE avait été en face du Pakistan, serions-nous intervenus en Lybie ?

 

 

Commentaire n°9 posté par Kouak le 09/06/2012 à 13h03

La seule chose que je sais de la modernisation des Mirage 2000 indiens, c'est que le coût de la modernisation semble très lourd. Pourquoi, comment, quels contenus ? Je ne sais pas.

In fine, nous revenons à l'idée d'avoir un biplace d'entraînement et d'attaque léger. Comment l'obtenir ? Vaste question.
Ce que je pense, c'est que ce projet est à la frontière entre le Rafale d'un côté, et les drones MALE armés de l'autre.
Ce ne serait pas tant une nouveauté doctrinale car la Marine, depuis les années 30, à toujours essayé d'avoir un bombardier embarqué, plus ou moins léger. Souvent, même, les aviateurs de la Marine imaginaient les deux : un lourd et un léger.
Ce serait aussi le retour à un appareil biplace, ce qui n'est pas rien dans bien des missions, et cela déchargerait d'autres appareils, présents ou ) venir.
Il ne serait pas tant question de remplacer que de compléter les Rafale. Deux ou trois appareils ne serait pas rien pour l'entraînement à bord du porte-avions.

La Marine ne semble pas avoir les moyens d'avoir son lot de Rafale. Il faut se souvenir que la version BM/N a été abandonnée en raison de contraintes budgétaires.

D'où le fait que je lorgne sur le remplacement des Alphajet de l'Armée de l'Air. Il me semble plus simple de trouver un biplace d'entraînement pour porte-avions plutôt que de mariniser un tel appareil destiné à l'origine pour les seules armées de l'air.


Réponse de Le marquis de Seignelay le 13/06/2012 à 13h34

Hortogaffe pour ''trois pour mondernisation'' 

PS : Avez vous des précisions sur les avaries qui ont rendu indisponibles nos porte-avions. J'ai lu qu'un incendie, on parle même d'un sabotage, à gondoler le pont d'un entre eux.

Commentaire n°10 posté par Frédéric le 11/06/2012 à 09h37

Quoi, ça ne se dit pas ? Ce n'est pas très wonderfull comme nouvelle... merci du signalement !

Pour la première avarie, elle intervient peu avant le 24 mai 1979, jour où le Clemenceau rejoint Toulon. Le navire répare cette avarie de turbine qui l'immobilise trois mois (et que j'ai oublié dans la liste). Je n'ai pas d'informations supplémentaires à partir de l'ouvrage de monsieur Jean Moulin. Mais je m'étonne fortement de lire que le navire, qui sort de réparation en septembre 1979, retourne en IPER en décembre (pourquoi ne pas le placer en IPER de suite ? Pendant trois mois, si le Foch n'est pas disponible, alors rien ne l'est chez les porte-avions (l'Arromanches est d'ores et déjà porte-hélicoptères il me semble).

Le 7 février 1983, c'est également une avarie (le tableau ne précise qu'une indisponibilité pour ce fait et le précédent). Le matériel endommagé sont les carottes d'admission de vapeur aux deux catapultes. Le porte-avions Clemenceau rentre à Toulon et débarquer les aéronefs par grue, ces derniers rejoignent la BAN de Hyères par la route.

Le 14 septembre 1984, le Clemenceau subit une avarie turbine alors qu'il est à quai. Le Foch sort prématurémment de cale sèche pour venir au même appontement que le Clemenceau et préparer le R99 à la mission que le R98 devait faire. C'est une chose que l'on fait difficilement avec le nucléaire.

Le dimanche 21 juillet 1991, le porte-avions Clemenceau est à quai à Toulouse alors que l'équipage est en permisssion. Un sixième seulement du personnel est à bord. Un rondier (voir la vidéo du "trousseau de rondier" du Musée de la Marine sur Youtube avec un joli reportage sur ce personnage-là du croiseur Colbert) détecte un incendie dans la mezzanine du hangar 3 peu après 15 heures. Malgré l'intervention de 40 pompiers du porte-avions et des bâtiments voisins, le sinistre se développe. Un ou des Super Frelon amène 34 marins pompiers de Marseille. L'incendie n'est éteint qu'au bout de quatre heures de lutte et au prix de cinq blessés. Le matériel du hangar 3 est détruit et les freins d'appontages sont inutilisables.
Pour répondre à votre question, je lis que l'enquête débouche sur l'inculpation d'un jeune membre d'équipage qui ne voulait pas partir en mer. Le Clemenceau servira comme PA2 du 12 août jusqu'à son IPER de début 1992.
Comme quoi, c'est vraiment dangereux un incendie, et on immobilise assez rapidement un porte-avions pour une année...

Réponse de Le marquis de Seignelay le 11/06/2012 à 15h06

Merci pour les infos. Les incendies à bord d'un navire peuvent prendre des tours catastrophiques, vous avez vu le dernier qui à eu lieu sur le SNA USS Miami à cause d'un simple aspirateur ? 400 millions de $ de dégats

Le SNLE russe Yekaterinbourg incendié en 2011 ne devrait être ops qu'en 2014...

Commentaire n°11 posté par Frédéric le 11/06/2012 à 15h55

Oui, je trouve que c'est balèze pour un un passage d'aspirateur. C'est dingue que les SNA et SNLE des autres marines soient autant soumises à ce type d'avarie. On a de la chance d'avoir des équipages à l'affût dans la Royale... Il me semble que le taux d'avarie n'est pas du tout le même.

Réponse de Le marquis de Seignelay le 12/06/2012 à 10h59

Concentrer le poids aérien de la France au sein de son aéronavale, et les Rafale, qui vont avec, est logique, mais le mouvement ne doit pas déshabiller l'armée de l'air.

En plus, de la défense aérienne, la dissuation, l'entrainement, les plots prépositionnés (c'est aussi de la diplomatie), il vaut garder un volant d'intervention. Parce que sans ce volant, et si nous devions internvenir aux antipodes de la région de croisière du GAN, on frappe avec quoi ?

 

La solution la plus envisageable aujourd'hui, pour donner une taille critique aux forces aériennes, c'est de faire d'un appareil d'entrainement avancé, un apapreil d'attaque légère. Nous sommes en Europe, donc utilisons le M-346. Mais c'est une solution paliative. Parce qu'aussi poussée que soit l'avionique de cet appareil, il n'a pas les performances (en premier lieu la charge offensive) ni la robustesse d'un Jaguar ou d'un Su-25.

 

Concernant le Greyhound, la Sécurité civile cherche aussi un remplaçant au Tracker, possiblement par le C-295. Une autre voie de la rentabilisation est la polyvalence de la plate-forme elle-même. Pourquoi ne pas faire du C-2 un ravitailleur ? un appareil de guerre électronique via des consoles et une électronique paletissée ? un porte-missile comme les KC-130 Harvest Hawk ?

Commentaire n°12 posté par Kouak le 11/06/2012 à 18h57

Cela, c'est une excellente question. Avec un lecteur plutôt présent sur la page Facebook, nous avions avancés quelques calculs. Bon, j'ai un peu oublié (navré). Mais il était question de basculer quelques Rafale de l'Armée de l'Air vers la Marine.

Dans "Le problème du porte-avions" de Hervé Coutau-Bégarie, il me semble, de mémoire, que l'auteur (qui écrit en 1990 environ) fixait le format du GAE à 90 appareils. Il se basait, notamment, sur le taux d'attrition des Super Etendard.

Ce qui m'a semblé essentiel, et ce qui a été une surprise, c'est qu'il faut considérer qu'une grande partie de la formation a été transférée à l'Armée de l'Air via un escadron (si c'est le bon nom de l'unité) de transformation interarmées sur Rafale. Combien de Rafale sont concernés par cette procédure ? Il faut aussi tenir compte de cela pour dessiner un groupe aérien embarqué suffisamment grand pour soutenir deux campagnes d'affilées.

En outre, il faut considérer que le PA2 ce serait 32 Rafale contre 24 pour le Charles de Gaule. C'est-à-dire qu'il faudrait en terme d'hypothèse haute se caler sur le plus grand format embarcable (32) et avoir suffisamment de machines pour un fournir un second (32, encore). Pour avoir autant de machines disponibles deux fois, il faudrait certainement un nombre d'appareils supplémentaires : autour de 16 je pense (à vue de nez). On reviendrait vers les 90 appareils nécessaires. Ce "calcul" (quelle grossierté) doit tenir compte du budget alloué au MCO des Rafale et ce que cela nous donne comme appareils disponibles en permanence (le pourcentage de disponibilité).

Ensuite, il y a la question de ce biplace d'entraînement et d'attaque léger qui n'existe pas. Peut-il être amené à remplacer des Rafale ? Vaste question, et je vois mal l'état-major de la Marine "se faire avoir" une nouvelle fois : ils ne vont pas réduire la commande de Rafale pour préparer l'arrivée d'un biplace léger alors qu'ils n'auront pas la certitude de recevoir le moindre appareil.

J'aime beaucoup votre propose sur l'aéronef logistique embarqué. Premièrement, c'est une superbe comparaison avec le C-295 car il a le même gabarit (grosso modo) que le C-2 Greyhound ! Je cherchais des voies détournées de financement d'un tel appareil. Il pourrait donc présenter un intérêt pour l'Armée de l'Air s'il pouvait servir comme cargo. Je pense au programme SDAM de drones où l'Armée de Terre et la Marine collabore sur un hélidrone de la classe des deux tonnes pouvant être déployés par la Marine depuis un navire et pris en main par l'ALAT, en cours de route, afin d'accompagner la manoeuvre aéroamphibie sans temps mort. Tout cela pour dire que la coopération est possible.

Il me semble qu'un appareil polyvalent de guerre électronique, de CAS et ravitailleur arrangerait tout le monde.

Sachant que la Marine préparait et prépare encore du ravitaillement en vol pour ses appareils embarqués sur le porte-avions. Les études en ce sens débutent depuis le PA58 il me semble.

Cette sorte de C-2 Greyhound polyvalent doit trouver sa place face au Rafale (assez facile) et face au biplace d'attaque léger.

Réponse de Le marquis de Seignelay le 13/06/2012 à 13h49

Si le fesse de bouceur est "Celuiqui N'apaspoursecondepatrieParis", alors ce n'est que moi sous un autre pseudo ^^

So l'on se fie au numéro d'Air&Cosmos 2236 du 15 octobre 2010 (comme quoi c'est bien les archives), l'escadron de transformation se verrait doter de 3 à 4 Rafale M en 2016.

Un numéro de 2012 d'Air & Cosmos fait le point sur la flotte des Mirage 2000 et donne 77 Mirage 2000D dont une soixantaine en ligne. Disons 25% de la flotte pour l'attrition.

Donc :

32 + 32 + 8 (transformation) = 72

72 * 1.25 = 90 tout pile

 

Si l'Armée de l'Air est dimensionnée sur :

2 escadrons nucléaires : 40 appareils

2 escadrons de défense aérienne "métropolitaine" : 40 appareils

2 escadrons multirôles, dont celui de reconnaissance : 40 appareils

Escadron de transformation : 10

130 appareils * 1.25 = 163

163 + 90 = 253 appareils

 

Joie ! On a économisé 33 Rafales !

Il y a donc des marges de manoeuvre pour obtenir des appareils d'attaque léger basé sur le futur appareil d'entrainement.

Néanmoins :

- La hausse du coût unitaire du Rafale compense-t-il la baisse des commandes ?

- Si l'on considère que le coût unitaire ne bouge pas du fait de la commande des appareils légers, combien d'appareils peut-on commander (sachant qu'il faudra le développer) ?

Commentaire n°13 posté par Kouak le 13/06/2012 à 21h46

Oh, que le monde est si petit... !

Merci de toutes ces précisions !

4 Rafale M pour l'escadron de transformation ? J'aimerais bien savoir s'ils sont comptabilisés dans les appareils de la commande de la Marine.

Je me permettrais de redire ce que j'ai pu écrire sur Facebook : a priori, ce serait au grand maiximum 24 Rafale à bord du Charles de Gaulle. Tout comme c'est un beau taux d'attrition... Mais on a tout de même d'ores et déjà perdu au moins trois Rafale (et leurs équipages, malheureusement).

Pour votre première question, c'est oui et non : tout dépend de la règle de calcul.
Dans les faits, la R&D a d'ores et déjà été payé par l'Etat. Donc, ce qui va déterminer réellement le coût unitaire de production, ce sont les conditions économiques de la production. Vous pouvez produire 300 Rafale, mais si c'est sur 30 ans, ce sera bien plus coûteux que 150 Rafale sur 5 ans (la chaîne de Dassault aurait une cadence maximale de 33 machines par année : qui dit cadence, dit économies d'échelle, etc...).
Mais si pour calculer le coût de l'appareil vous tenez compte de la R&D, répartie sur chaque appareils (soit coût unitaire de production + somme de la R&D divisé par le nombre d'appareils) alors le coût unitaire total augmente.
La nuance est simple à comprendre, mais quand on veut attaquer politiquement un programme, on ne s'embarasse pas avec ce genre de considérations...

Ce qui peut être coûteux, c'est l'arrêt des chaînes de production alors que tout les marchés ne sont pas encore passés de mode pour cet appareil.

Notre avantage, c'est que nous pourrions remporter quelques marchés à l'exportation, et à ce moment là, tout en conservant un objectif similaire d'acquisition de Rafale, nous pourrions soutenir les mêmes cadences tout en remplaçant des appareils destinés à l'Armée de l'Air par les Rafale à produire pour l'étranger. Les crédits non-versés pour acheter les Rafale destinés à la France peuvent servir à d'autres programmes pendant quelques années (PA2 ?). C'est du report de commande par échange de plan de charges.
L'autre solution est de faire tourner les chaînes pendant quelques années à cadence plus élevé et de se fournir en Rafale moins chers à produire. Dans cet ordre d'idée là, il faudrait même que l'Etat négocie un plan pluriannuel de production adapté à ces circonstances, et pourquoi pas réinvestir les gains générés par les cadences supplémentaires en Rafale commandés plus rapidement par la France.



Réponse de Le marquis de Seignelay le 14/06/2012 à 00h16

L'attrition est d'autant plus forte que le matériel reste en service longtemps. 3 Rafale M au tapis, c'est 5% de la flotte perdue. Le volant de réserve doit ausi comporter les appareils indisponibles pour modernisation et grande visite, opérations qui se doivent d'être régulières.

 

En plus d'économies d'échelle, la commande massive en peu de temps permet aussi une renouvellement de la flotte d'appareils de combat, ce qui évite d'avoir à moderniser les anciens. En suivant le plan initial, avec les derniers Rafale en ligne en 2010, pas de Mirage 2000-5 ou de 2000D à mettre au goût du jour.

Commentaire n°14 posté par Kouak le 14/06/2012 à 16h50

Avec toutes ces précisions, il va être possible de proposer quelque chose dans un article...

Je suis parfaitement d'accord avec vous : pourquoi personne n'a-t-il pas proposé de dépenser les 700 millions d'euros de la modernisation des Mirage 2000D en commandes accélérées de Rafale ? Ce serait de nature à relancer ses chances à l'exportation... tout en se gardant la possibilité de revendre plus rapidement les Mirage 2000D ! Peut être que l'Inde aurait pu être intéressé puisque, après tout, elle s'offre une chaîne de modernisation...

Réponse de Le marquis de Seignelay le 14/06/2012 à 17h07

http://www.senat.fr/rap/a11-108-6/a11-108-612.html#toc215

 

Le Sénat nous dit que 11 Rafale coûte 1,5 milliards d'euros, soit 130 millions d'euros pièce. Avec 700 millions d'euros en plus, on peut commander...5 Rafale.

Le programme de modernisation permet lui d'avoir 60/70 appareils modernes et polyvalents.

Mais ça ne dispense pas du fait qu'en 2024, à la fin des livraisons de Rafale, le Mirage 2000D sera en service depuis 31 ans...

 

A propos de Mirage 2000D, Wikipédia dit 86 exemplaires livrés. Nous en sommes aujourd'hui à 77. Soit 9 appareils en 19 ans, soit 10,5% de la flotte.

 

Commentaire n°15 posté par Kouak le 15/06/2012 à 10h41

Je me permettrais de mé méfier des chiffres du Sénat car ceux-là semblent très bien correspondre au prix du Rafale "TTC, R&D comprise".

Le prix de l'appareil à la sortie de la chaîne de production se négocierait entre 50 et 70 millions d'euros selon les chiffres qui traînent.

L'idée est que, avec cette somme, il soit possible de soutenir de plus grandes cadences afin de tirer le coût unitaire de production vers le bas.

Et pour 1,5 milliards d'euros, il aurait aussi été possible d'obtenir les Mirage 2000-9.

Réponse de Le marquis de Seignelay le 16/06/2012 à 13h31

Il n'empêche que ce sont quand même 1,5 millard qui servent à acquérir seulement 11 Rafale.

Et même en l'hypothèse la plus favorable, 700 millions, ce sont 14 Rafale. Soit une hausse de 11 à 18 Rafale (soit 1,5 par mois) par an, mais seulement pendant 2 ans.

La modernisation permet à toute la flotte de 2000D d'assurer une soudure crédible.

 

La reprise des 2000-9, qui ont au maximum 10 ans de service, présente l'inconvénient de devoir réapprendre un système d'arme, et surtout de prendre le risque de voir la commande de Rafale réduite par l'arrivée de tels engins...

Commentaire n°16 posté par Kouak le 16/06/2012 à 15h15

Non, je me permets d'insister : si cette somme recouvre 11 Rafale, alors c'est avec bien des choses qui sont prise en compte dans le périmètre financier... Les F-18 E/F Super Hornet ne coûtent pas la moitié ou le tiers du Rafale. Ce chiffre me semble très exagéré, notamment par rapport à ceux de la Cour des comptes. En 2010, dans son rapport annuel, la Cour pointait un "PU" (prix unitaire) du Rafale (page 18) de 142,3 millions d'euros. Il s'agit de la répartition du coût du programme (40,690 milliards d'euros) sur la commande totale espérée de Rafale : 286 unités.

Je crains donc que, bel et bien, le Sénat se base sur le coût du Rafale TTC, R&D incluse, plutôt que sur son coût unitaire de production. Peut être que pour des raisons commerciales, les sénateurs ne peuvent pas parler du coût le plus intéressant.

7 ou 14 Rafale qui seraient commandé en avance sur l'actuel calendrier, et couplé avec des commandes étrangères, permettrait d'avoir un effet de levier significatif sur le prix qui permettrait de baisser le coût du programme, ce qui serait assez inédit.

http://www.ccomptes.fr/index.php/Publications/Publications/Rapport-public-annuel-2010

Réponse de Le marquis de Seignelay le 16/06/2012 à 15h29

En plus du problème financier, il faut aussi prendre en compte le temps.

Les Super Etendard, les Mirage F1 et Mirage 2000C et B doivent être remplacés. Au rythme de livraisons actuel du Rafale, il faut moderniser les 2000D pour conserver une force aérienne crédible en volume et en capacité.

 

Considérons que c'est en 2020 que les livraisons de Rafale doivent être terminées, pour compenser la déflation des autres flottes d'avions de combat et avoir des performances techniques crédibles.

Si l'on se fie au lien du Sénat cité plus haut, la France aura 115 Rafale fin 2012 (93+11+11). 286-115 = 171 appareils à livrer entre 2013 et 2020. Soit 171/8 = 21,375, que l'on arrondi à 21.

Si l'on considère l'hypothèse la plus optimiste d'un Rafale à 50 millions, la France a dépensé en 2011 et 2012, 550 millions pour 2 fois 11 Rafale. Les 700 millions d'euros de la non-modernisation des 2000D permet de s'offrir 14 Rafale en plus.

 

En continuant à ce rythme, en 2013, les 21 Rafale necessaires sont produits mais en 2014, seulement 15 (11+5) le sont.

Soyons optimistes, disons que le contrat indien est signé cette année. Les 18 Rafale à produire en France, et la hausse des cadences françaises, donnent un effet de série et une baisse du prix unitaire. Disons 20% de moins, soit de 50 millions à 40 millions pièce.

 

Avec nouveau prix, la France peut s'offrir 13.75 Rafale (550/40) avec ses fonds annuels et 17.5 (700/40) avec la non-modernisation des 2000D.

Donc en 2013 et 2014, 21 Rafales sont produits (13.75+7.25) et en 2015, 16.75 (13.75+3).

 

Ainsi, entre le report des crédits de 700 millions pour les 2000D et l'effet de série d'une commande indienne, 25.75 Rafale (2.75*3+17.5) ont été commandés en avance. C'est très bien en l'état, mais 25.75 Rafale, c'est à peine un escadron de combat avec son attrition.

 

Bien sûr ce décompte repose sur du sable, le coût unitaire du Rafale part de l'hypothèse la plus optimiste et l'effet de série est un chiffre rond pour simplifier le calcul. De plus, une commande émiratie pourrait encore compresser le prix.

La date de remplacement complet par contre est plus crédible. Le 2000D sera en service depuis 1993 et sans modernisation (liaison 16 nottament) pourrait ne plus être intégré à une coalition.

Néanmoins, cela montre qu'injecter 700 millions supplémentaires et l'effet de série n'est pas suffisant.

Avec un Rafale à 40 millions d'euros, et si la commande annuelle est conservée, il faut en 2015 ((21-16.75)*40) 170 millions en plus. Entre 2016 et 2020, il faut 290 millions par an ((21-13.75)*40). Et ne pas oublier les 3 Rafale qui sont necessaires suite à l'arrondissement à la baisse des besoins annuels, soit 120 (3*40). On arrive au total : 1.74 milliard d'euros en plus entre 2012 et 2020.

 

Est-il possible de dégager 1.74 milliard d'euros pour le seul programme Rafale dans les 2 prochaines LPM ? Difficilement...

C'est pour ça, qu'avec 700 millions d'euros la France s'offre un coup de jeune sur sa flotte la plus utile, et lui permet de compenser à la fois la déflation de sa flotte et d'intervenir ou et quand elle veut puisque ses appareils répondent aux exigences des opérations.

Commentaire n°17 posté par Kouak le 17/06/2012 à 15h01

Mais vous allez finir par écrire un billet sur le sujet... : partant ?!

Et vos calculs deviennent-ils beaucoup plus favorables si la vente de 60 Rafale, à construire en France, est signé avec les E.A.U. ?

Réponse de Le marquis de Seignelay le 17/06/2012 à 18h12

Oh, ça c'est une idée.

En plus, ça permettrait de donner une idée des gains que l'on peut attendre de commandes massives en peu de temps.

 

Oui, avec 60 Rafales en plus à produire, le calcul est encore plus interessant puisque ce sont des appareils entièrement produits en France. Ou du moins, avec un transfert de technologies moindre que dans le cas indien.

Commentaire n°18 posté par Kouak le 17/06/2012 à 23h44

A priori, les émiratis ne demanderaient pas grand chose... sur la production des Rafale. Leurs demandes de compensations concerneraient plutôt des créneaux horaires pour Roissy-CdG.

Attendons de voir s'ils vont signer, l'état major des Armées aura tout le loisir de remodifier le calendrier des livraisons du Rafale et de faire des propositions au chef de l'Etat...

Réponse de Le marquis de Seignelay le 18/06/2012 à 00h14

Les 18 premiers Rafale indiens permettraient d'économiser pendant 2, 2,5 ans les commandes actuelles. Sachant qu'il faut conserver un minimum d'appareil pour remplacer les Super Etendard. Mais si économiser 1, 1,5 millard et ne pas ponctionner sur d'autres programmes comme les Caïman ou les Barracuda, c'est tout bénef. Mais encore faut-il signer.

Commentaire n°19 posté par Kouak le 18/06/2012 à 14h16

Ca, c'est une autre possibilité pour la stratégie industrielle : commander le minimum de Rafale nécessaire au renouvellement grâce à des ventes à l'exportation, et donner de nouvelles priorités pour d'autres programmes ! Ce serait largement possible de commander le PA2 et de sécuriser le format actuel des Armées...

Réponse de Le marquis de Seignelay le 18/06/2012 à 22h52

C'est l'absence de commandes export qui a forcé la commande annuelle minimale de 11 Rafales.

Avantage : un peu de sang neuf au sein de la flotte

Inconvénient : Puiser des crédits utiles à d'autres programmes

 

Avant même de lancer de nouveaux programmes, si une commande indienne permet de sécuriser A400M, ravitailleurs et hélicos, ce serait déjà bien. Et ce ne sont que des exemples aéronatiques.

Commentaire n°20 posté par Kouak le 19/06/2012 à 15h57

Cela était aussi nécessaire pour faire tourner les chaînes de production sans déstabiliser le programme industriel tout entier.

On ne peut pas continuer éternellement à réduire le format des forces...

Réponse de Le marquis de Seignelay le 20/06/2012 à 13h34

Père de l'aéronavale française ?

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/b/ba/Clement_ader%2C_1891.jpg© Wikipédia. Clément Ader en 1891.

 

"Donc, un bateau porte-avions devient indispensable.

 

Ces navires seront construits sur des plans bien différents de ceux utilisés actuellement. D'abord, le pont sera dégagé de tout obstacle : plat, le plus large possible, sans nuire aux lignes nautiques de la carène, il présentera l'aspect d'une aire d'atterrissage.


Le remisage des avions devrait être aménagé nécessairement sous le pont. On aura accès dans cet entrepont par un monte-charge assez long et large pour recevoir un avion les ailes repliées... A côté devra être l'atelier des avionneurs chargés de réparer les avaries et d'entretenir les avions toujours prêts à s'envoler".

Clément Ader, 1895, cité par l'Amiral Barjot dans son ouvrage "Vers la Marine de l'âge atomique" (1955).

Le premier porte-avions français est le Béarn : il entretra en service en 1928, et il sera le seul de sa classe de cuirassés (cinq au total) à être converti en porte-avions.

La Maritimisation et la France

PA-2-PA-3.png

   Commande et construction de deux nouveaux porte-avions dans les années 2030 ?


 

Marine. Une stratégie payante.


«Jean-Yves Le Drian, a clairement réaffirmé que «le renforcement des capacités de la Marine nationale serait poursuivi (...) comme un choix politique et stratégique prioritaire». Un membre important de la Commission du Livre blanc sur la défense et la sécurité traduit: «C'est le bilan politique le plus important d'Euronaval qui anticipe les arbitrages budgétaires du prochain Livre blanc

 

« La même source qui requiert l'anonymat précise que, «rompant avec les quinze dernières années, la Marine nationale ne sera plus la variable d'ajustement des autres armées».

 

« Au résultat, le naval de défense dispose aujourd'hui d'un carnet de commandes plus important que tous les prospects de l'aéronautique militaire. Il s'agit, par conséquent, d'un véritable moteur des exportations françaises. »

 

« Plusieurs des grands exposants d'Euronaval se félicitent que «notre Marine ait pu rattraper efficacement le retard qu'elle accusait sur les autres armées en matière de communication car elle est aujourd'hui barrée par un chef d'état-major hors du commun».

 

Article d'Etienne Pelot, le Télégramme, publié le 3 novembre 2012.


 

Et si la Marine pouvait défendre la croissance ?


"Mondialisation oblige, des millions de conteneurs voyagent chaque année sur les mers du globe. Evidemment, ces flux ne cessent de progresser. Si les océans sont des routes de premier choix, ils regorgent également de ressources… de plus en plus recherchées. Réserves d’hydrocarbures dans les sous-sols marins, présence de terres rares, lieu d’installation des éoliennes offshore et des hydroliennes… «Les océans deviennent un objet de convoitise», affirme le sénateur (PS) Jeanny Lorgeoux.

 

A tel point que les Etats se livrent une «véritable guérilla juridique» pour étendre leurs zones maritimes. Après avoir conquis les terres, l’homme cherche à s’approprier la mer. Où il parvient déjà à se sédentariser: plus de 700 plateformes sont aujourd’hui en service dans les océans du monde, et des milliers de salariés y travaillent.

 

[...]

 

D’où la nécessité, selon les sénateurs, de se doter d’une Marine nationale forte. Et c’est là que le bât blesse. Car si le budget de la Défense connaît des coupes, celui de la Marine est particulièrement malmené.

«Ça fait quinze ans que la Marine sert de variable d’ajustement au budget de la Défense. Tout simplement parce que les armées de Terre et de l’Air sont bien plus organisées en termes de lobbies parlementaires», explique un membre de la rédaction du site spécialisé Espritcors@ire.

 

En tout cas, le budget des marines européennes diminue chaque année de 1%, alors qu’entre 2011 et 2016, le budget naval de la Russie devrait augmenter de 35% et celui de la Chine, de 57%".

 

Article de Céline Boff, publié dans "20 minutes", le 12 juillet 2012.

 

 

 

Bibliographie et articles :


Future LPM: situation de la Marine

 

http://i.imgur.com/poKeY.jpg

 

Le ministre a également confirmé le discours très engagé sur la place du fait maritime dans le futur Livre Blanc, qu’il avait tenu le mois dernier aux Universités d’été de la Défense, à Brest, lors du lancement de la frégate Aquitaine :

« L’enjeu maritime est celui qui sera au cœur des années à venir. Après un 20è siècle de conflits continentaux, les nouveaux conflits et menaces viendront de la mer. La souveraineté passe par la mer. Il est impératif de prendre en compte cette donne. Et c’est ce que j’attends du Livre Blanc. » Lorient, jeudi 18 octobre 2012 (par Mer et Marine).

 

Le ministre de la Défense a confirmé, décalé ou infirmé les programmes suivants intéressant la Marine dans le cadre de la future loi de programmation militaire (LPM) :

Dissuasion :

Dans son ensemble, les deux composantes de la dissuasion nucléaire nationale sont préservées. C'est un engagement du Président de la République.

Dans le hors-série du "Marin" consacré au salon Euronaval, il est possible d'apprendre, à travers une interview du PDG de DCNS,  Patrick Boissier, que les SNLE de troisième génération seraient en cours de définition, voire d'études.
Le "M-6" serait lui aussi sur les rails puisque son développement dépend de deux dynamiques :

  • l'avenir de la fusée Ariane (future version VI ou Ariiane V MLE ?),
  • du lancement d'un programme d'études amont comme l'Exoguard en complément ou en substitution au programme Ariane VI.

 

Flotte de surface :

 

Lutte anti-sous-marine :

 

Fonction Garde-Côtes :

 

Bibliographie :

  • "L'avenir des forces nucléaires françaises"
    Rapport d'information fait au nom de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées (Sénat) par MM. Didier BOULAUD, Xavier PINTAT, co-présidents, Jean-Pierre CHEVÈNEMENT, Mmes Michelle DEMESSINE, Josette DURRIEU, MM. Jacques GAUTIER, Alain GOURNAC, Gérard LARCHER et Bernard PIRAS, 12 juillet 2012.

  • "L'avenir du groupe aéronaval : la nécessité d'un second porte-avions"
    Rapport d'information fait au nom de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées (Sénat) par André Boyer, 25 mai 2000.

  • "Le mode de propulsion du second porte-avions"
    Rapport d'information fait au nom de la commission de la défense nationale et des forces armées (Assemblée nationale) par Mme Patricia ADAM, M. Charles COVA,Mme Marguerite LAMOUR et M. Jérôme RIVIÈRE, 5 novembre 2003.
  • "Aéronautique navale : missions et vocations de l'Aviation navale"
    Rapport d'information fait au nom de la commission de la défense nationale et des forces armées (Assemblée nationale) par Jean-Yves Le Drian, 10 octobre 2011.

  • "L'aéronautique navale, les ailes de la mer"
    Actes du colloque - "L'Aéronautique navale, facteur de puissance en mer au service de la sécurité et de la défense" - qui s'est tenu le 10 juin 2009, transposés dans ce bulletin d'études Marine édité par le Centre d'Etudes Supérieures de la Marine (CESM), 2010.

  • "Action de l'Etat en Mer, une garde-côtes à la française ?"
    Rapport d'information fait au nom de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées (Sénat) par André BOYER et Jean-Guy BRANGER, juin 2005.

  • "Action de l'Etat en Mer"
    Rapport d'information fait au nom de la commission de la défense nationale et des forces armées (Assemblée nationale) par Mme Patricia Adam et M. Philippe Vitel, 7 février 2012.

  • "Le maintien en condition opérartionnelle de la Flotte"
    Rapport d'information fait au nom de la commission des Finances (Sénat) par M. Yves de Fréville, 22 juin 2005.

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