Partager l'article ! Le Zumwalt : énergie, artillerie, centralisation et vulnérabilités: Crédit : inconnu. Zumwalt faisant feux de ses silos de missiles à la ...
Le Fauteuil de Colbert
Crédit : inconnu. Zumwalt faisant feux de ses silos de
missiles à lancement verticaux.
Le programme DDG(X) apporte un grand nombre de ruptures technologiques. L'allié Si Vis Pacem a
l'extrême gentillesse de me communiquer un article relatant une
avancée majeure dans ce programme de destroyers américains.
A travers le Zumwalt (le nouveau Dreadnought ? - le navire en est à 67%
d'achèvement (avant essais), tête de série du programme DDG(X), il y a, notamment, les pièces d'artillerie AGS (Advanced Gun
System) qui sont le signe d'un retour tonitruant de l'artillerie navale et le prélude à un système encore plus ambitieux. Bernard Fontaine nous en décrit l'ambition dans son
livre1 : "l'énergie et la force électromagnétique peuvent être également utilisées pour propulser un projectile à grande distance (réf. 311). L'US Navy est particulièrement
intéressée par ces canons électromagnétiques aussi appelés canons à rail [...] L'US Navy a ainsi testé avec succès son EMRG (Electro-magnectic rail Gun) (canon électromagnétique à rail) en
janvier 2008. L'objectif ultime poursuivi par la marine est d'atteindre des cibles à 200 nautiques (170 km) contre 13 nautiques (24 km) au maximum pour un canon classique de 127 mm".
Les obus seront, donc,
tirés via le tube d'un canon électromagnétique (l'auteur précité soulève le problème de l'usure des rails) qui enverra sa charge jusque 180 km (pour une précision de 5 mètres). Rien que cela,
alors que les tubes terrestres portent à un peu moins de 90km (pour ceux qui couplent obus à ailettes et réduction de traînée, avec un tube de 155mm en 52 calibres, généralement). Et la
pertinence de l'abandon du cuirassé dans les flottes traîne d'ores et déjà dans l'air... bien que ce retrait fut justifié en de très nombreux points. Pertinence d'autant plus discutable à l'heure
actuelle si l'on tient compte des ambitions américaines actuelles pour le railgun : 400 km de portée à plus ou moins long terme... C'est peut être là l'une des plus sérieuses alertes, non pas
pour le porte-avions, mais pour le Super Carrier.
Ce blog a eu de multiples occasions de revenir sur ce retour remarqué de la chapelle du canon (voir la catégorie "Artillerie navale").
Un certain nombre de ruptures technologiques sont à atteindre pour utiliser le canon électromagnétique. Monsieur Fontaine nous décrit en
quoi l'exercice technologique est difficile : "le nombre de Mach initial serait M = 7 et la seule énergie cinétique serait suffisante pour détruire l'objectif. La quantité d'énergie
nécessaire est cependant considérable (40 Mégajoules pour l'essai de janvier 2008)"2. Les deux principales sont :
Celles-ci dépassent la seule construction navale et le navire tout électrique (de l'intérêt pour l'industrie automobile ?). DCNS affirme
pouvoir atteindre ces ruptures d'ici à 2018 (si le programme est lancé d'ici sous peu) à travers les recherches qui pourront être menées dans le cadre de l'Advansea.
Du côté des Etats-Unis, une étape importante du programme DDG(X) a été franchie. Elle est suffisamment importante pour que l'on s'attarde quelques instants à son propos : l'Integrated Power System (IPS) fonctionne. C'est-à-dire, très simplement, que le DDG
est bel et bien parti pour être un navire tout électrique car ce logiciel "demonstrating the integration of the engineering control system software and the ship’s integrated power
system". Il permet donc de gérer la distribution de l'énergie à bord, des turbines (au nombre de quatre (deux MT-30 de 32MW et deux autres de 4,5MW -et deux moteurs à induction) qui
produiront 78MW (les Chevalier Paul et Forbin sont à 64MW (pour 7000 tonnes) et les FREMM à 32MW (pour 6000 tonnes) jusqu'aux différentes parties du navire nécessitant de l'énergie électrique
(toutes ?) .
Si le Zumwalt peut paraître ambitieux, il l'est moins à propos d'un point : sa motorisation. En effet, le nouveau destroyer lance-missiles, et porte-canons, utilisera des turbines à gaz, somme toute classique, alors que DCNS ne vise rien de moins que les moteurs à aimants supraconducteurs pour l'Advansea.
Pour en revenir au navire américain, il lui reste à faire la preuve de trois choses :
L'avancée demeure intéressante, et intéressera tout chantier naval qui vise à construire des navires tout électrique.
Ces ruptures et avancées emène la guerre navale un peu plus loin. Par exemple, cette capacité à générer de grands flux énergétiques ouvre la voie aux armes à énergie dirigée ! A ce sujet, il faudrait lire le livre de Bernard Fontaine ("Les armes à énergie dirigée, mythe ou réalité ?"), ou tout du moins, l'entretien que le chercheur du CNRS a donné à Mars Attaque pour l'Alliance Géostratégique pour se convaincre de l'intérêt de la chose.
Le navire tout électrique, à la manière du Zumwalt, amène son lot de vulnérabilités. La chose est inévitable puisque dans tout phénomène de concentration, de centralisation, l'on crée une tête qu'il est préférable d'abattre en premier lieu. L'hydre est plus résistante. Le logiciel IPS est cette centralisation qui est un poussée à "l'extrême" : en effet, que se passerait-il si le logiciel était entravée par une avarie -vulnérabilité millénnaire du navire- ou par un le fait d'autrui, hostile qui plus est ?
Cette question introduit également la problématique de la cybervulnérabilité du navire tout électrique. Une cyberarme pourrait ainsi être injecté dans le cyberespace du navire (et dans l'escadre l'accompagnant via les transmissions ? Dans un cyberespace plus grand via les satellites ?) grâce à des ondes ou tout autre moyen. Il reste également, la manière classique, mais redoutablement efficace, de l'introduction "accidentelle" (les supports de stockage individuels piégés) d'un virus ou autre à bord d'un navire par un membre de l'équipage. A terre, cette façon de faire fait des ravages.
Dans l'introduction de son ouvrage, Bernard FONTAINE nous explique le rôle de la science fiction dans la recherche scientifique. Citons donc la saga Star Wars car si le président américain Ronald Reagan a popularisé un système de défense antimissile balistique de territoire avec une forte composante spatiale, et des armes à énergie dirigée, c'était une vision, finalement, très antique, par rapport aux créations de l'imaginaire de Georges Lucas. Une lecture consciencieuse de l'ouvrage de monsieur FONTAINE nous permettra-t-elle de découvrir la maturité prochaine d'un système d'armes particulièrement bien adapté au navire tout électrique : le canon à ion ? Le principe est relativement simple dans la fiction : l'arme désactive les systèmes électriques et électronique (pire que l'effet EMP ?).
Le navire électrique risque fort de stimuler cuirassé et épée...
1 "Les armes à énergie dirigée, mythe ou réalité ?", Bernard FONTAINE, page 330, aux éditions Harmattan.
2 Op cit.
3 Op cit.
© Wikipédia. Clément Ader en 1891.
"Donc, un bateau porte-avions devient indispensable.
Ces navires seront construits sur des plans bien différents de ceux utilisés actuellement. D'abord, le pont sera dégagé de tout obstacle : plat, le plus large possible, sans nuire aux lignes nautiques de la carène, il présentera l'aspect d'une aire d'atterrissage.
Le remisage des avions devrait être aménagé nécessairement sous le pont. On aura accès dans cet entrepont par un monte-charge assez long et large pour recevoir un avion les ailes repliées...
A côté devra être l'atelier des avionneurs chargés de réparer les avaries et d'entretenir les avions toujours prêts à s'envoler".
Clément Ader, 1895, cité par l'Amiral Barjot dans son ouvrage "Vers la Marine de l'âge atomique" (1955).
Le premier porte-avions français est le Béarn : il entretra en service en 1928, et il sera le seul de sa classe de cuirassés (cinq au total) à être converti en porte-avions.
Commande et construction de deux nouveaux porte-avions dans les années 2030 ?
Marine. Une stratégie payante.
«Jean-Yves Le Drian, a clairement réaffirmé que «le renforcement des capacités de la Marine nationale serait poursuivi (...) comme un choix politique et stratégique prioritaire». Un membre important de la Commission du Livre blanc sur la défense et la sécurité traduit: «C'est le bilan politique le plus important d'Euronaval qui anticipe les arbitrages budgétaires du prochain Livre blanc.»
« La même source qui requiert l'anonymat précise que, «rompant avec les quinze dernières années, la Marine nationale ne sera plus la variable d'ajustement des autres armées».
« Au résultat, le naval de défense dispose aujourd'hui d'un carnet de commandes plus important que tous les prospects de l'aéronautique militaire. Il s'agit, par conséquent, d'un véritable moteur des exportations françaises. »
« Plusieurs des grands exposants d'Euronaval se félicitent que «notre Marine ait pu rattraper efficacement le retard qu'elle accusait sur les autres armées en matière de communication car elle est aujourd'hui barrée par un chef d'état-major hors du commun».
Article d'Etienne Pelot, le Télégramme, publié le 3 novembre 2012.
Et si la Marine pouvait défendre la croissance ?
"Mondialisation oblige, des millions de conteneurs voyagent chaque année sur les mers du globe. Evidemment, ces flux ne cessent de progresser. Si les océans sont des routes de premier choix, ils regorgent également de ressources… de plus en plus recherchées. Réserves d’hydrocarbures dans les sous-sols marins, présence de terres rares, lieu d’installation des éoliennes offshore et des hydroliennes… «Les océans deviennent un objet de convoitise», affirme le sénateur (PS) Jeanny Lorgeoux.
A tel point que les Etats se livrent une «véritable guérilla juridique» pour étendre leurs zones maritimes. Après avoir conquis les terres, l’homme cherche à s’approprier la mer. Où il parvient déjà à se sédentariser: plus de 700 plateformes sont aujourd’hui en service dans les océans du monde, et des milliers de salariés y travaillent.
[...]
D’où la nécessité, selon les sénateurs, de se doter d’une Marine nationale forte. Et c’est là que le bât blesse. Car si le budget de la
Défense connaît des coupes, celui de la Marine est particulièrement malmené.
«Ça fait quinze ans que la Marine sert de variable d’ajustement au budget de la Défense. Tout simplement parce que les armées de Terre et de l’Air sont bien plus organisées en termes de
lobbies parlementaires», explique un membre de la rédaction du site spécialisé Espritcors@ire.
En tout cas, le budget des marines européennes diminue chaque année de 1%, alors qu’entre 2011 et 2016, le budget naval de la Russie devrait augmenter de 35% et celui de la Chine, de 57%".
Article de Céline Boff, publié dans "20 minutes", le 12 juillet 2012.
Bibliographie et articles :
Le ministre a également confirmé le discours très engagé sur la place
du fait maritime dans le futur Livre Blanc, qu’il avait tenu le mois dernier aux Universités d’été de la Défense, à Brest, lors du lancement de la frégate Aquitaine :
« L’enjeu maritime est celui qui sera au cœur des années à venir. Après un 20è siècle de conflits continentaux, les nouveaux conflits et menaces viendront
de la mer. La souveraineté passe par la mer. Il est impératif de prendre en compte cette donne. Et c’est ce que j’attends du Livre Blanc. » Lorient, jeudi 18 octobre 2012 (par Mer et Marine).
Le ministre de la Défense a confirmé, décalé ou infirmé les programmes suivants intéressant la Marine dans le cadre de la future loi de programmation militaire (LPM)
:
Dissuasion :
Dans son ensemble, les deux composantes de la dissuasion nucléaire nationale sont préservées. C'est un engagement du Président de la République.
Dans le hors-série du "Marin" consacré au salon Euronaval, il est possible d'apprendre, à travers une interview du PDG de DCNS, Patrick Boissier, que les SNLE de troisième génération
seraient en cours de définition, voire d'études.
Le "M-6" serait lui aussi sur les rails puisque son développement dépend de deux dynamiques :
Flotte de surface :
Lutte anti-sous-marine :
Fonction Garde-Côtes :
Bibliographie :
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