Partager l'article ! Le Reaper deviendra-t-il le nouveau système de drones MALE français ?: © Inconnu. EADS "Harfang". L'actuel système ...
Le Fauteuil de Colbert
L'actuel système de drones MALE (Moyenne Altitude Longue Endurance) de l'Armée de l'air -et de toute la France à vrai dire- est constitué par le système Harfang (quatre vecteurs et deux stations au sol). Il s'agit d'une version francisée, par EADS, du drone israélien Héron. Les drones sont de la classe des 1 tonnes, et auraient une autonomie de 24 heures. Le rayon d'action d'un drone MALE dépend de sa liaison avec sa station de contrôle :
Les drones MALE de l'Armée de l'Air ont été engagés en Afghanistan et en Libye pendant le conflit de 2011. Le rythme des opérations aurait été assez difficile à tenir avec seulement un système à quatre vecteurs.
Le système Harfang devait être remplacé en 2014. Pourquoi ? La raison n'a jamais été très clairement avancée. Mais, il semblerait que la première raison qui amène à s'intéresser à un "remplacement" de ce système c'est que... son contrat de maintien en condition opérationnelle (MCO) arrive à échéance en 2014. Forcément, dans ces conditions là, et tant que les état-majors jugeront utiles une telle capacité pour les opérations passées, présentes et à venir, il faut intervenir.
La suite des opérations était assez clair pendant un temps :
Il y avait plusieurs solutions pour prendre la relève des Harfang. A priori, il n'y a pas eu un grand zèle pour renouveler de contrat de MCO. Il semblerait que l'Armée de l'Air tienne absolument
à changer d'échelle en obtenant un nouveau système intérimaire, et surtout, un système où les vecteurs tendraient à être de la classe des 3 à 4 tonnes.
Cet renouvellement et cet accroissement des capacités nationales en terme de drones MALE au plan opérationnel doit s'accompagner d'une progression industrielle au second plan. C'est-à-dire que
les savoir-faires acquis pendant l'opération Harfang doivent fructifier, et au moins perdurer.
Sur ce dernier point, il est assez difficile de savoir ce qui a été appris par l'industriel européen (EADS) pendant l'opération Harfang. La francisation du système a été l'occasion d'un très beau
ratage financier, et de retards exceptionnels puisque le système devait entrer en service en 2003, et il ne vola dans l'escadron d'essais qu'en 2008. L'Armée de l'Air est-elle étrangère à cet
état de faits ? La forcée aérienne française ne serait pas tout à fait étrangère à ces péripéties malheureuses car il semblerait que cela soit elle qui ait presque totalement transformée l'achat
d'un produit sur étagère en développement d'un nouveau produit.
Est-ce que ce programme a été l'occasion d'enregistrer de nouvelles compétences dans l'hexagone ou dans l'Europe ? A priori, les compétences engrangées sont suffisamment faibles pour que le
nouveau programme de drones MALE intérimaires se réalise une nouvelle fois avec un partenaire étranger.
En effet, le MALE durable qui doit apparaître en service à l'horizon 2020 doit être le fruit d'un programme à "plusieurs" entre européens. Le marché des drones MALE s'annonceraient juteux pour
les prochaines années, et donc, forcémment, celui qui maîtrise le mieux son sujet a le plus de chances de profiter des retombées économiques d'un programme de drones MALE, même réalisé en
coopération.
Ce tonnage accru pourrait s'expliquer par le besoin d'emporter plus d'équipements, tout en ayant une capacité à persister sur zone plus élevée. En outre, cela permet d'emporter des armes à bord
du drone.
L'armement des drones (avec pilotes en l'occurence, le drone est téléguidé, il n'est pas en fonctionnement sur intelligence artificielle) semble avoir été admis par l'état-major des armées depuis
les opérations en Afghanistan. C'est ce que font les américains depuis de nombreuses années avec les drones Predator (classe des 1 tonnes) et Reaper (classe des 4 tonnes) de
General Dynamcis. Les drones MALE américians permettent de surveiller des localités dans les zones tribales du Pakistan dans l'optique de réaliser des frappes d'opportunité. C'est-à-dire
que le renseignement collecté sur le terrain peut être directement transformé en action. C'est dans le même ordre d'idée que des drones MALE auraient pu servir en Libye : leur persistence sur
zone leur aurait offert la possibilité de frapper les troupes loyalistes au moment le plus opportun. Entre un drone MALE persistant sur zone et une patrouille de Rafale, le coût financier
pourrait être à l'avantage du drone.
Il y a d'autres aéronefs qui peuvent avoir une endurance assez comparable sur zone à celle d'un drone MALE armé. Mais ce dernier bénéficie de sa très faible taille, et donc de sa très faible
surface équivalente radar, ce qui permet de s'affranchir de quelques frontières aériennes sans être repéré, ou bien d'agir dans une très forte discrétion.
Enfin, la vitesse de l'Harfang, environ 200 km/h, aurait été jugé beaucoup trop faible (contre près de 500 km/h pour le Reaper).
Ce premier état perceptible des faits permet de constater quels concurrents ont pu être plus ou moins écartés :
Le Patroller représente tout ce que l'on peut demander à nouveau drone MALE sur le plan industriel. L'industriel, Sagem, est le même qui avait, en son temps, réalisé les systèmes Sperwer qui
avaient été vendu aux Pays-Bas, au Canada (mais il s'agissait d'un drone tactique) et accessoirement à l'Armée de Terre .
Pour réaliser le Patroller, Sagem délaisse la réalisation de la cellule du vecteur à un industriel allemand qui est spécialisé dans la réalisation de planeurs (l'entreprise STEIME). La firme
française s'occuperait essentiellement de l'intégration des divers équipements et logiciels à bord de la cellule pour en faire un drone MALE à part entière. Mer et Marine, et d'autres, ont pu largement commenté que ce système fonctionne, et est en essais en vol.
C'est-à-dire, et il ne faut pas se lasser d'insister très, très lourdement qu'il y a un système de drones MALE, intérimaire, franco-allemand, qui poursuit ses essais en vol depuis presque deux
ans.
Qui plus est, Mer et Marine relatait il y a très récemment que le drone Patroller essayait un équipement AIS dans l'optique de
proposer une version de surveillance maritime de ce drone (programme AVISMAR ?).
Aussi, si l'industriel français ne reçoit pas de commandes pour son drone MALE d'ici à l'année prochaine, il devra abandonner la partie. La France entreterait dans la situation paradoxale où le seul industriel capable de réaliser les
objectifs des gouvernants et des militaires en matière de drones MALE, et qui n'aurait pas été soutenu, devrait disparaître de la partie. Alors, certes le Patroller n'est pas dans le
sacro-saint créneau des 4 tonnes de l'Armée de l'Air, mais est-ce que les forces armées et les administrations n'auraient pas à gagner à disposer de plusieurs systèmes de drones MALE ? Il
convient de relever que depuis que le nouveau drone tactique de l'Armée de l'Air (le Watchkeeper de Thales qui devrait être prochainement commandé) nécessite une piste de décollage, la frontière
est très mince entre ce drone "tactique" et un drone MALE de la classe des 1 tonnes.
Par contre, il y a l'autre drone MALE américain, le Reaper, qui rentre dans le cadre des besoins français. Vincent Lamigeon (magazine Challenge) avait eu vent de l'offre que General Dynamics aurait faite à la France : quatre vecteurs, plus deux autres pour l'attrition, un banc d'essais, deux stations au sol, et dix ans de MCO (2000 heures de vol par année) pour 209 millions d'euros (contre 700 millions d'euros pour la proposition de Dassault avec le même nombre de vecteurs et des capacités inférieures). Il faut dire que le système américain est produit à la chaîne.
Du côté de l'Europe, il y avait plusieurs propositions pour un nouveau système de drones MALE intérimaires :
Il semblerait que pendant un temps il y ait eu un "deal" entre les firmes française et européenne :
Cela aurait été le partage des tâches en Europe. En fait, il s'agirait avant toute chose (et comme souvent) de logiques industrielles : les deux entreprises veulent se positionner sur le marché des drones MALE qui semblent bien plus profitable puisque le "marché" des UCAV n'existent pas. Le programme nEURON ne prévoit que la réalisation d'une mission de démonstration avec un bombardement, il n'aboutira pas à la construction en série de drones.
Dassault Aviation se serait donc positionné finalement sur le marché des MALE en prétendant réaliser le nouveau système MALE intérimaire pour l'Armée de l'air. Pour ce faire, l'industriel
français choisit l'israélien IAI pour franciser le Heron TP. L'arrivée en service de l'engin dépendra du degré de francisation de celui-ci : selon les exigences, il arrivera en service dans les
deux à quatre ans après la décision prise.
Il va s'en dire que personne n'a vraiment fait remarquer ouvertement que si la décision était défintivement prise en 2012, alors le nouveau système arriverait en service en 2014 ou en 2016 pour
durer jusqu'en 2020 où le drone MALE "européen" doit lui aussi entrer en service : entre 4 à 6 ans de service pour un investissement de 700 millions d'euros pour un système, c'est très coûteux.
Il y a de très nombreux obstacles au projet de Dassault :
C'est donc pourquoi les sénateurs ont fait barrage pendant un temps (puisque l'Assemblée a le dernier mot) au projet du gouvernement sortant, quand le Sénat a changé de majorité. Vincent Lamigeon relate très bien et très régulièrement les péripéties de ce programme.
Le journaliste relate une oppositon qui explique bien pourquoi les choix sont minces : la filiale Défense d'EADS, Cassidian, et notamment l'allemand Bernhard Gerwert, aurait bloqué autant que possible une autre solution : la construction de systèmes Reaper américains par l'industriel européen. En effet, il semberait que ce projet là ait inquiété l'industriel qui aurait craint pour le projet Talarion de drone MALE européen durable pour 2020.
Mais cela pourrait donner du grain à moudre au moulin de Dassault car l'industriel qui pointe la question de l'indépendance de l'industrie aérospatiale française a aussi pointé la question des
inquiétudes à avoir vis-à-vis des industriels allemands qui auraient toutes les bonnes places à bord du programme Talarion. Dassault viserait donc, notamment, pour cette raison la coopération
bilatérale sur le Télémos franco-anglais entérinait lors des accords du 2 novembre 2010. L'industriel ne souhaiterait pas mettre un pied dans un programme qui pourrait l'amener dans une
vague de rapprochement avec la multilatéralité et la recomposition de l'industrie européenne à son désaventage, et il voudrait se positionnier sur un marché porteur pour continuer à subsister
seul. Ou bien en coopérartion avec un autre industriel qui ne semble pas vouloir de ce même mécanisme intégrateur européen : BAE Systems.
C'est pourquoi donc ni EADS, ni Dassault Aviation ne veulent entendre parler du Reaper puisque celui-ci obère leurs capacités à se positionner sur le drone MALE européen de 2020. En
outre, s'ils ne participent pas à un programme de drones MALE à franciser (ou à "produire" sous licence, plutôt, où ils auront à leur charge l'intégration d'équipements français et européens),
alors ils partiront dans de très, très mauvaises conditions pour tenir les délais pour parvenir à livrer les premiers systèmes dès 2020.
La situation en était restée au choix du gouvernement précédent en faveur de Dassault pour les drones MALE intérimaires et durables (le second va difficilement sans le premier).
Le problème, c'est que la fronde des sénateurs de gauche de 2011 prend un relief tout autre avec le changement de Président et de gouvernement.
Le nouveau ministre de la Défense,
Jean-Yves Le Drian, a annoncé qu'il remettait à plat le dossier du nouveau système de drone MALE intérimaire. "Sur les drones, ma posture est très simple : je remets à plat,
sans passion et avec pragmatisme", avait assuré le ministre, promettant une décision avant le 14 juillet".Comme cela a été dit à plusieurs reprises plus haut, le choix de l'industriel pour
le nouveau MALE intérimaire implique de choisir le MALE durable de 2020. Faudrait-il penser que Dassault Aviation pourrait être écarté de l'un ou l'autre des projets ? En effet, les nouveaux
gouvernants issus des élections présidentielles, et bientôt législatives, ont indiqué leur volonté de recomposer le secteur de la Défense avec une stratégie industrielle plus européenne et moins
"patrimoniale". Il n'est un secret pour personne que l'avionneur de Saint-Cloud est dans la ligne de mire.
Cependant, il serait trop simple de revenir à EADS (et son Talarion) puisque le but de la manoeuvre, et quelque soit la couleur politique des gouvernants, est de positionner les industriels
français sur un créneau porteur et crucial. Que Dassault soit bien vu ou non, peu importe, l'important est que un ou ou des industriels français maîtrisent tout ou partie des phases critiques du
programme. En ce qui concerne les drones, ce n'est pas tant la cellule du vecteur qui est importante -la France sait encore concevoir et construire des planeurs ?- que l'intégration des
équipements. Dans ce dernier domaine, les industriels français sont très bien positionnés dans la conception et la construction des liaisons radio, satellitaire, des boules optroniques, des
radars, etc... Cette orientation est renforcé par le fait que si Sagem devait abandonner le Patroller alors l'entreprise se consacrerait à la "chaîne images" pour drone, c'est bien la preuve que
la production de drones clefs en main n'est pas l'objectif primordial. En vérité, de très nombreux pays annoncent à tour de bras des programmes de drone aérien (même l'Arménie) : construire la
cellule et la faire voler, c'est une chose, la remplir, c'est une autre.
Qu'est-ce que le nouveau gouvernement va bien pouvoir faire et décider ?
Cette dernière solution qui semblait avoir été écarté au préalable reviendrait sur le devant de la scène (il vaut mieux le Reaper de chez EADS que rien du tout...) avec l'argument notable que, outre le fait que le drone MALE américain réponde à toutes les demandes de l'Armée de l'air (dont le fait d'être armé), les drones arriveraient en parc bien plus rapidement que les deux à quatre années avancaient par Dassault pour son projet. En effet, les compétences acquises (!) lors du développement de l'Harfang servirait pour ce projet.
Est-ce logique de donner le drone MALE durable à Dassault et le système intérimaire à EADS tout en ne s'engageant plus sur le Talarion (MALE durable) ?
A priori, et en lisant l'ouverture de l'article de monsieur Lamigeon du 12 juin 2012, oui : "Le ministère de la défense peut-il franchir le pas en acceptant une offre de Reaper francisé ? Il faudrait composer avec une inévitable réaction antiaméricaine d’une partie des parlementaires et de l’industrie. La pilule passerait mieux avec une forte participation de l’industrie française, et le lancement définitif du futur drone MALE européen, que le Vieux Continent ne peut plus de payer le luxe d’attendre. Avec, pourquoi pas, Dassault et EADS enfin sur le même bateau".
Le nouveau gouvernement doit donc résoudre une certaine quadrature du cercle :
Donc oui, le cheval de bataille du nouveau gouvernement pourrait être de rapprocher les équipes d'EADS et de Dassault Aviation. Ce beau projet, qui résoudrait bien des problèmes, se heurterait à
deux grandes sources de difficultés interdépendantes :
Pour répondre à ces questions, il faut avoir une très bonne connaissance d'EADS et de la manière dont s'est déroulé le programme Harfang.
Malgré les retards, la situation est assez heureuse puisque la France possède des entreprises qui rayonnent dans les équipements pouvant être utilisés dans les drones : Zodiac, Thales, Sagem, etc...
Mais, il n'en demeure pas moins que la meilleure des solutions, vraiment la meilleure, et non pas la moins pire, réside dans le Patroller de Sagem. En tout cas, sur le plan industriel, c'est celle qui répond à l'ambition de la maîtrise nationale. L'Armée de l'Air bloquerait-t-elle cette solution car il faudrait "absolument" un drone MALE de la classe des 4 tonnes ? A tout hasard, il faut souligner que des drones MALE serviraient bien pour le programme AVISMAR de la Marine nationale et pour la Sécurité civile.
Il est étonnant que cette entreprise française, Sagem, soit autant ostracisé de ces manoeuvres industrielles alors qu'elle possède une très grande partie du savoir-faire recherché.
Si les drones MALE permettent bel et bien de faire progresser les capacités opérationnelles de toutes les Armées, voir d'autres administrations, alors il conviendrait, peut être, de choisir une solution qui ouvre des perspectives plus larges et permettent l'achat de plusieurs systèmes de drones.
Mais aussi, il est terriblement plus simple de rapprocher Sagem de Thales car une nouvelle répartition des compétences est déjà en cours entre les deux entreprises, bien que les discussions
soient très, très difficiles. Cette nouvelle découpe des périmètres industriels de chacun pourrait englobe Dassault : la solution la plus confortable pour la France ne serait-elle pas de
constituer une filière drone MALE franco-française ? Et pourquoi pas les équipes qui ont travaillé sur le drone Harfang ?
C'est bien ce qui qui a pu être fait la navale militaire (rapprochement DCN-Thales) et ce qui va être fait dans l'industrie militaire française terrestre (recomposition entre Thales, Nexter, RTD
et Auverland (Panhard).
Ce que va faire le gouvernement entre Sagem, Dassault et EADS dépendra de ses ambitions pour la recomposition de l'industrie militaire française. Le nouveau gouvernement veut des rapprochements européens et doit composer avec Dassault Aviation (qui possède une bonne partie du capital de Thales (qui est également présent dans les drones... tactiques) qui souhaiter rester indépendant.
Il va s'en dire que la création d'une coentreprise drones MALE (voir aériens) en France serait une très belle manière d'aborder avec force le programme franco-anglais (Télémos de Dassault
Aviation et BAE Systems) ou européen (Talarion d'EADS).
Il va s'en dire que les retards sont nombreux car si le gouvernement précédent avait fait fi des exigences de l'Armée de l'Air, alors le Patroller serait peut être en service à l'heure qu'il
est.
Le dossier ne doit pas concerner la seule Armée de l'Air : les drones MALE peuvent servir dans la Marine nationale (AVISMAR, piraterie, AEM), dans la Sécurité civile (surveillance des forêts),
voir dans l'Armée de Terre. Si cette dernière choisit un drone tactique opérant depuis des pistes en dur pour remplacer les Sperwer, alors aurait-elle était outrée de recevoir des Patroller,
surdimensionnés par rapport à son besoin ?
A l'heure actuelle, nous devrions plutôt évoquer a mise en oeuvre de drones MALE depuis les ponts plats (BPC, porte-avions) de la Marine. Le Patroller se positionne en matière de drones de
surveillance maritime, tout comme avait pu le faire le Reaper pour le programme Broad Aera Maritime Surveillance (c'est le RQ-4 Global Hawk qui a été choisi pour ce programme).
Le Camcopter S-100 aurait alors constitué l'excellent partenaire de "Patroller-M" dans le cadre d'un système de surveillance maritime : le MALE serveille la zone, l'hélidrone tactique sert à la
discrimination des échos.
Alors, le nouveau gouvernement, pour répondre aux exigences de l'Armée de l'Air, lancerait dès cet été un "Patroller 2" ou tout autre projet en vue de fournir un drone de 4 tonnes, en attendant
le MALE franco-anglais ou européen de la classe des 7 tonnes.
Il faut peut être espérer qu'il s'agira d'un Reaper francisé pour le nouveau système de drones MALE intérimaire : le gain financier avec la proposition de Dassault pourrait être investit dans d'autres projets pour les drones MALE. La Marine pourrait profiter des bonnes relations franco-américaines pour développer les techniques d'appontage de drones à voilures fixes, après l'avoir fait avec des drones à voilures tournantes.
© Wikipédia. Clément Ader en 1891.
"Donc, un bateau porte-avions devient indispensable.
Ces navires seront construits sur des plans bien différents de ceux utilisés actuellement. D'abord, le pont sera dégagé de tout obstacle : plat, le plus large possible, sans nuire aux lignes nautiques de la carène, il présentera l'aspect d'une aire d'atterrissage.
Le remisage des avions devrait être aménagé nécessairement sous le pont. On aura accès dans cet entrepont par un monte-charge assez long et large pour recevoir un avion les ailes repliées...
A côté devra être l'atelier des avionneurs chargés de réparer les avaries et d'entretenir les avions toujours prêts à s'envoler".
Clément Ader, 1895, cité par l'Amiral Barjot dans son ouvrage "Vers la Marine de l'âge atomique" (1955).
Le premier porte-avions français est le Béarn : il entretra en service en 1928, et il sera le seul de sa classe de cuirassés (cinq au total) à être converti en porte-avions.
Commande et construction de deux nouveaux porte-avions dans les années 2030 ?
Marine. Une stratégie payante.
«Jean-Yves Le Drian, a clairement réaffirmé que «le renforcement des capacités de la Marine nationale serait poursuivi (...) comme un choix politique et stratégique prioritaire». Un membre important de la Commission du Livre blanc sur la défense et la sécurité traduit: «C'est le bilan politique le plus important d'Euronaval qui anticipe les arbitrages budgétaires du prochain Livre blanc.»
« La même source qui requiert l'anonymat précise que, «rompant avec les quinze dernières années, la Marine nationale ne sera plus la variable d'ajustement des autres armées».
« Au résultat, le naval de défense dispose aujourd'hui d'un carnet de commandes plus important que tous les prospects de l'aéronautique militaire. Il s'agit, par conséquent, d'un véritable moteur des exportations françaises. »
« Plusieurs des grands exposants d'Euronaval se félicitent que «notre Marine ait pu rattraper efficacement le retard qu'elle accusait sur les autres armées en matière de communication car elle est aujourd'hui barrée par un chef d'état-major hors du commun».
Article d'Etienne Pelot, le Télégramme, publié le 3 novembre 2012.
Et si la Marine pouvait défendre la croissance ?
"Mondialisation oblige, des millions de conteneurs voyagent chaque année sur les mers du globe. Evidemment, ces flux ne cessent de progresser. Si les océans sont des routes de premier choix, ils regorgent également de ressources… de plus en plus recherchées. Réserves d’hydrocarbures dans les sous-sols marins, présence de terres rares, lieu d’installation des éoliennes offshore et des hydroliennes… «Les océans deviennent un objet de convoitise», affirme le sénateur (PS) Jeanny Lorgeoux.
A tel point que les Etats se livrent une «véritable guérilla juridique» pour étendre leurs zones maritimes. Après avoir conquis les terres, l’homme cherche à s’approprier la mer. Où il parvient déjà à se sédentariser: plus de 700 plateformes sont aujourd’hui en service dans les océans du monde, et des milliers de salariés y travaillent.
[...]
D’où la nécessité, selon les sénateurs, de se doter d’une Marine nationale forte. Et c’est là que le bât blesse. Car si le budget de la
Défense connaît des coupes, celui de la Marine est particulièrement malmené.
«Ça fait quinze ans que la Marine sert de variable d’ajustement au budget de la Défense. Tout simplement parce que les armées de Terre et de l’Air sont bien plus organisées en termes de
lobbies parlementaires», explique un membre de la rédaction du site spécialisé Espritcors@ire.
En tout cas, le budget des marines européennes diminue chaque année de 1%, alors qu’entre 2011 et 2016, le budget naval de la Russie devrait augmenter de 35% et celui de la Chine, de 57%".
Article de Céline Boff, publié dans "20 minutes", le 12 juillet 2012.
Bibliographie et articles :
Le ministre a également confirmé le discours très engagé sur la place
du fait maritime dans le futur Livre Blanc, qu’il avait tenu le mois dernier aux Universités d’été de la Défense, à Brest, lors du lancement de la frégate Aquitaine :
« L’enjeu maritime est celui qui sera au cœur des années à venir. Après un 20è siècle de conflits continentaux, les nouveaux conflits et menaces viendront
de la mer. La souveraineté passe par la mer. Il est impératif de prendre en compte cette donne. Et c’est ce que j’attends du Livre Blanc. » Lorient, jeudi 18 octobre 2012 (par Mer et Marine).
Le ministre de la Défense a confirmé, décalé ou infirmé les programmes suivants intéressant la Marine dans le cadre de la future loi de programmation militaire (LPM)
:
Dissuasion :
Dans son ensemble, les deux composantes de la dissuasion nucléaire nationale sont préservées. C'est un engagement du Président de la République.
Dans le hors-série du "Marin" consacré au salon Euronaval, il est possible d'apprendre, à travers une interview du PDG de DCNS, Patrick Boissier, que les SNLE de troisième génération
seraient en cours de définition, voire d'études.
Le "M-6" serait lui aussi sur les rails puisque son développement dépend de deux dynamiques :
Flotte de surface :
Lutte anti-sous-marine :
Fonction Garde-Côtes :
Bibliographie :
LE Systeme Harfang meme avec un nouveau contrat mco est maintenant totalement depassé pour un theatre comme le sahel,l'armée de l'air a besoin d'un drone de recco ,combat fiable classe 4 tonnes et cela dans les delais les plus courts,le seul appareil disponible sous 24 mois est le reaper qui a lui seul charge 8 hellfires c'est a dire une possibilité d'emport plus importante qu'un mirage 2000 d'autre par le hellfire est commun a la seconde version du tigre ,d'autre part il est possible de mutualiser le lot de rechanges avec les anglais et les italiens,sous couvert de menager les industriels les politiques ne doivent se laisser aller au chantage de ces derniers,les industriels peuvent prendrent leurs temps pour sortir une machine ops pour les années apres 2020,pour le moment ils sont incapables de sortir une machine fiable dans les delais et les couts l'armee de l'air a besoin urgent de ces machines,les reaper fabriqués en 2013 possederons les commandes vocales pour l'operateur,si nous prenons en compte qu'ils peuvent etre equipé du systeme rover et gorgone star qualite prix il n'y a pas mieux pour couvrir la periode allant jusqu'a 2020.2022
A voir ce que dira le ministre de la Défense d'ici au 14 juillet 2012.
Ce débat dure depuis longtemps déjà. Le Harfang est-il vraiment en fin de vie comme le disent certains opérationnels?
Si le but est simplement d'avoir un nouveau drone intermédiaire mais armé,, autant acheter 4-5 Reapers afin de faire la liaison jusqu'à 2020. Bien sûr, il faudra limiter la francisation au maximum, cela permettra de gagner du temps et de l'argent, et surtout de laisser les entreprises se focaliser sur notre futur drone MALE dont on aurra besoin d'une petite vingtaine d'exemplaire si l'on veut pouvoir mettre en oeuvre 4 orbites en permanence.
Si le besoin concerne un drone non armé, la meilleure idée serait de garder les Harfangs le plus longtemps possible tout en commandant 1-2 exemplaires supplémentaires afin de faire le lien jusqu'à 2016 et accelérer le programme de MALE Franco-Anglais.
Le besoin semble être d'un drone armé et d'une endurance plus grande.
L'autre besoin, c'est de permettre à l'entreprise qui livrera les nouveaux systèmes de pouvoir acquérir la majeure partie des connaissances nécessaires pour gréer un aéronef en drone.
La francisation est nécessaire dans cette optique, il n'st pas du tout question de combler le seul besoin opérationnel.
Le problème du MALE franco-anglais que j'ai oublié de préciser, c'est que Londres ne veut pas s'engager pour le produit de BAE Systems : celui-ci sera confronté à d'autres solutions lors d'une compétition internationale.
Si l'on se fie à la liste des exposants de Friedrichshaffen, non, il n'y aurait plus de constructeur de planeurs en France. Du moins de taille comparable à Stemme.
Si l'on veut faire le tour des cellules potentielles, il y a aussi le DA42 -qui existe déjà en drone- ou le TBM850. Joie ! Ce dernier appareil est français, pèse au maximum 3,5t au décollage, est proposé en version d'avion de mission (piloté).
Bon, il faudra voir comment intégrer la liaison satellite, les réservoirs pour doper l'autonomie, écrire un programme de commande de vol, installer des poids d'emport pour l'armement...Ca fait beaucoup tout ça pour avoir un drone 100% français. En plus, on se focalise encore sur la cellule. Ce qui sur un drone ne représente que 20 à 30% de la valeur de l'engin.
Un drone est un perchoir à capteurs. Et là, on sait que nos boules optroniques ne sont pas à la pointe -nottament celle du Harfang ou même celle des nacelles de désignation-. De plus, si je me fie à Wikipédia (Armée de l'air et EADS ne me disent rien), le radar du Harfang est...israélien. En plus, la liaison satellite que l'on s'est tué à financer pour l'Harfang ne serait réutilisé parce qu'il faut satisfaire le bilan comptable de M. Dassault.
Il serait donc temps de faire simple et efficace. Un Reaper. Francisé ? Jusqu'ou ? La liaison satellite ? Et/ou la suite de capteurs qui font qu'un drone est un drone ? Et si on change tout dans le Reaper -et le prix qui va avec- pourquoi aussi ne pas changer la cellule et prendre un Heron TP ?
Un Reaper, oui. La francisation, oui, mais à minima. Il faut un appareil costeau et vite. Au passage, on peut aussi s'offrir nue pour servir de banc de test volant aux matériels -modernes et performants- necessaires à son sucesseur.
Le Patroller, en sus de faire des missions au profit de la sécurité civile, pourrait aussi, et surtout, rejoindre la Gendarmerie. Parce que surveiller des voies ferrées avec des hélicos, ça coûte cher.
La solution du Patroller, c'est justement celui d'une entreprise qui se concentre sur ce qui intéresse vraiment notre "souveraineté" : l'intégration des équipements et systèmes sur un drone. Quitte à s'offrir une plateforme, autant qu'elle soit produite en Europe.
Il est très difficile de choisir le Héron TP car il ne peut pas être armé puisqu'il n'a pas été conçu pour. C'est une des grandes raisons qui fait que la machine soit autant décriée par le Sénat, et non-confirmée par le nouveau gouvernement.
Il n'est pas non-plus aisé de passer à côté de la francisation des Reaper puisqu'il s'agit d'acquérir ou conserver les savoir-faires nécessaires pour le drone de 2020. La francisation devrait consister dans la fourniture ou la réutilisation des compétences françaises. En matière de boule optronique, nos industriels ont certainement mieux en la matière, et il faut voir qui pourrait fournir un nouveau radar SAR.
Je ne vous le fait pas dire, mais le coût d'utilisation d'un système de drones MALE est difficile à connaître.
Une chose intrigante avec l'emploi de drones comme le Patroller ou le Hermes 450 en drone tactique, c'est l'emploi d'une piste.
En Afghanistan, d'accord c'est faisable, et le drone n'en est que plus performant, mais s'il faut utiliser des pistes non préparées pour suivre la brigade, le peuvent-ils ?
Si la réponse est non, c'est donc un report vers les MALE où des drones plus rustiques comme le Sperwer ou un hélidrone, moins endurants qu'un Patroller.
La francisation du SIDM 2 est légétime, mais a-t-on les budgets et l'argent ? Peut-on se permettre de payer une intégration de nos matériels, et donc de repousser l'entrée en service, alors que les drones ont montré leur utilité ?
A mes yeux, commander tel quels des Reaper, financer en parallèle le développement de nouvelles, et modernes, capacités, pour ensuite se servir des Reaper en tant que banc de test pour le MALE définitif est plus sain.
Non, c'est ce qui faisait dire à l'Amiral Guillaud, si j'ai bonne mémoire, qu'il faudrait recréer deux régimes du Génie pour construire les pistes nécessaires aux Watchkeeper. Les soutiens de ce choix ont fait remarquer que au cours des dernières OPEX, les soldats avaient à leur disposition une piste en dur sous leur responsabilité.
A ce moment là, on se demande bien à quoi sert le drone tactique face au drone MALE "d'entrée de gamme"...
La réponse est non mais, il ne semblerait pas que l'Armée de Terre soit en attente vis-à-vis du programme SDAM (dont le Camcopter est le précursseur pour les questions d'intégration navale, programme commun Marine-AdaT). Les Terriens semblent plus attendre le Watchkeeper : est-ce à dire qu'ils veulent être moins dépendant de l'Armée de l'Air ?
A priori, à écouter EADS, il y aurait beaucoup de chose à récupérer sur le Harfang (dont une grande partie de "l'intégration") ce que ne pourrait pas faire Dassault puisque ce n'est pas son programe.
EADS semble promettre d'aller plus vite que Dassault pour faire entrer en parc les Reaper : plus vite que les deux ans ? Les quatre ans nécessaires au développement d'un Voltiguer "francisé" ?
Sur les dernières opérations, certes, mais l'avenir ?
Y-a-t-il des pistes en plein Sahel ? Les unités américaines progressant en Irak en 2003 avaient-elles accès à des pistes ?
Ou l'Armée de Terre estime que l'autonomie et la rudesse des atetrissages d'un système comme le Sperwer, font peser la balance envers un mini-MALE, mais resta la question de la piste...
D'ailleurs avec un tel système, les équipes drones de l'Armée de l'air et de Terre n'auraient-elles pas intêret à fusionner, pour créer une filière unique au sein de la défense ?
Un numéro d'Air&Cosmos chiffrait à 209 millions l'achat des Reaper et 80 millions l'intégration de la liaison satellite de l'Harfang. Donc moitié moins que les 700 millions de la solution Dassault.
Question planning, il faut rappeler que l'on est sensé disposer d'un drone MALE définitif en 2020. Doit-on acquérir à tout un système qui soit le plus français possible pour tout juste 6 ans de vie opérationnelle (en cas de MSO en 2014) ?
Attention, je rapporte la complainte du CEMA devant la commission de la Défense de l'Assemblée nationale. Ensuite, je remarque que si le "drone tactique" de l'Armée de Terre se comporte et s'utilise comme un MALE (de la classe des 1 tonne ou presque) alors je me demande quel est sa place puisqu'il y a :
A ce moment là, il serait plus intéressant d'avoir un "vrai" drone tactique qui se passerait d'installations en dur que l'on ne peut toujours pas avoir. Alors là, oui, je vous rejoins parfaitement : d'où ma remarque que si le "MALE tactique" de l'Armée de Terre nécessite une piste en dur, alors autant lui livrer des MALE d'une tonne, elle y gagnera...
Mais ! Je crains, sans maîtriser le dossier, que le choix du Watchkeeper relève plus d'une logique industrielle qu'opérationnelle (mais je ne maîtrise vraiment pas le dossier...).
Pour répondre à votre question, il faudrait pouvoir savoir si EADS est capable de livrer des Reaper "francisés (ou "Harfangisés") avant les Voltigeur de Dassault. Il faut être capable d'estimer si l'exercice industriel sera déterminant pour concevoir le drone MALE de 2020 car, et je devrais le rappeler plus tard : Londres n'est toujours pas engagé fermement dans le programme ! Les anglais ambitionnent seulement une compétition ouverte, d'où le fait qu'il faut retirer le maximum de ce partenariat s'il est conservé car sinon il n'y aura peut être pas grand chose à ramener de Londres.
C'est dans ce semblant de cadre que le nouveau ministre de la Défense doit peser le pour et contre... tout en voulant, manifestement, rassembler la filière drone française... sans que l'on entendre parler de Sagem.
Sans oublier que le drone de 2020 sera très difficilement à l'heure...
D'ailleurs ce choix du Watchkeeper est assez paradoxal. Pourquoi l'Armée de Terre aurait un drone sur étagère (bien qu'avec une charge utile adapté), et dont les contraintes d'utilisation sont au final aussi lourdes que celles d'un Sperwer, alors que l'Armée de l'Air devrait avoir un drone français jusqu'au bout de la dérive mais plus cher et moins performant que ce qui existe déjà ?
Et dans s'il est avéré que c'est le Watchkeeper qui est choisi, oui c'est vraiment se foutre de la gueule de Sagem...
Air&Cosmos 2290, 2 décembre 2011, résume une offre General Atomics/EADS.
4 MQ-9 pour 80,5 millions d'euros (soutien inclus) livrés en douze mois. 7 drones et 2 stations reviendrait à 297 millions d'euros, dont 88 millions pour la francisation, et le tout livrables en 2 ans. La francisation comprend le remplacement de la station directe et satellite, une chaine image haute résolution, un banc de test en France et le "portage du logiciel de mission sur un calculateur EADS libre de toute restriction IAR".
Il n'est pas dit dans l'article si le prix de 80.5 millions inclut une station sol. Si oui (ce qui serait logique), il faudra m'expliquer comment 4 drones à 80 font 7 drones à 210 millions...
Mais, ça montre que l'Armée de l'Air pourrait avoir un système à la pointe et répondant à ses exigences en 1 an. Soit avant la fin de vie des Harfang.
Le truc avec l'offre de Dassault, c'est que ce dernier est avionneur et intégrateur. D'accord c'est très bien, mais la cellule, elle existe déjà si l'on se base sur le Mantis. Il serait cocasse qu'EADS, associé à Thales uo Sagem pour l'optronique, ailel faire du pied à BAE Systems pour se servir de cette même cellule. Mais pour l'instant, EADS a choisi de se rapprocher des Italiens, qui eux aussi font voler des démonstrateurs, le Sky-Y par exemple.
L'enjeu industriel n'est peut être pas tout à fait le même, ce qui ferait que le drone tactique n'est pas un enjeu par rapport à celui de drones "stratégiques" comme les drones MALE des classe de 4 et 7 tonnes.
Je ne comprends vraiment pas pourquoi Sagem est hors course pour les drones...
Là, c'est tout le sel des projets du gouvernement et de ce qu'ils vont bien pouvoir faire au niveau industriel. Dassault était favorisé dans les opérations, aujourd'hui, cela risque d'être l'inverse, et ça fera une différence sensible...
Probablement que les petits MALE sont moins sexy. Mais eux, ils se vendent plus aisément.
Dans le cadre deu programme de MALE définitif, on a l'avantage d'avoir une collaboration à deux, d'ou une plus grande facilité de partage de charges.
A BAE Systems, la maitrîse d'oeuvre, l'intégration, la station sol et la cellule.
A Thales, le radar, la charge de renseignement électronique, possiblement le logiciel de mission.
A Sagem, l'optronique.
Et EADS, la liaison satellite et directe.
Et tout le monde est content. Sauf Dassault, mais on s'en fout.
J'aime la conclusion ! Mais Dassault pourrait être très content car il y a l'hypothèse où BAE co-produit ce système de drones MALE avec Dassault et que Londres oppose toujours à d'autres dans le cadre d'un appel d'offres international. A ce moment là, Dassault se retrouve avec un machin qui serait commandé par Paris et il serait en position de force pour le commercialiser... !
A condition que Paris veuille faire un drone tout seul. Et donc payer l'entiereté du développement et de l'achat. Donc un contre-sens de la formule initiale pour ce projet.
Autant ne pas franciser un éventuel Reaper pour contrer le maximum dans le développement d'un futur MALE. Ca permet d'affiner le concept, de révéler et traiter des risques potentiels, et d'avoir un drone tout beau tout neuf en 2020.
Si Dassault développe le machin de BAE System et que Londres ne commande pas ce qu'il a aidé à développer, alors c'est potentiellement tout bénef' pour le français... Sauf que le programme aura besoin de l'aide, très appuyée, de Paris pour décoller.
C'est bien ce que demandait un temps EADS : prolonger les Harfang et lancer immédiatelement le MALE "durable".
A condition que Londres veuille vendre ses travaux. Et si oui, ce ne sera surement pas à un prix discount.
Si l'on veut plaisir à Dassault, demandons des réservoirs conformes pour le Rafale. Ca fait moins de trainée.
Si l'on choisit de garder un drone MALE d'une tonne (avec la limite de charge utile qui va avec) autant prendre le Patroller. Des cellules neuves avec la liaison de l'Harfang.
Si nous avions choisi de lancer le Patroller en parallèle des Harfang (dès que Sagem a montré que son engin volait et fonctionnait) alors il serait en service. Ensuite, que ce soit Dassault ou EADS, il y aurait eu une formidable base industrielle pour développer un engin plus lourd (Reaper francisé, Héron TP/Voltigeur et Talarion).
Outre le fait que bien des administrations auraient pu s'essayer au drone MALE à moindre frais, nous serions plus apte à demander ce qu'il faut pour un drone MALE. Surtout que quand l'on dispose de quelques systèmes, alors on peut compenser partiellement l'absence d'un grand.
Mais l'Harfang a permis à l'Armée de l'air d'affiner ses besoins. La charge utile d'un petit MALE étant déjà limite, elle le sera d'autant plus avec de l'armement.
Autant des Patroller pour l'entrainement, pour les essais, pour des missions de service public ou de surveillance maritime, oui. Mais les missions militaires d'un MALE, pas sur.
Quelques remarques en vrac :
1/ problème est souvent le même en France. Chacun veut son joujou : l’armée de terre avec le watchkeaper, l’armée de l’air avec son drone MALE armé de 4 tonnes.
2/ Un drone armé suppose une volonté politique forte de s’en servi r. L’emploi d’un drone armé colle mal avec le fonctionnement des institutions militaires et politiques française: Qui donc autorisera les tirs en temps utiles : Le président HOLLANDE ou le général Duchmolle ?
3/ La question de base est : un drone armé pour quoi faire et dans quelles conditions d’emploi ?
Répondre précisément à cette question c’est définir précisément le format des drones dont ont besoin les forces armées françaises
4/ La deuxième question de base est de savoir dans quel contexte budgétaire se situe le projet d’acquisition, au regard des priorités et du contexte de disette qui affecte la commande de l’Etat.
Ne pas oublier qu’en matière militaire, le nombre est souvent un élément déterminant de l’efficacité.
5/ Le contexte de crise économique commande de privilégier les industries nationales même si ce choix apparaît plus couteux à court terme. Sans économie forte, pas de défense forte.
6/ qui peut donc croire à l’émergence d’un DRONE européen à échéance de 2020 ?
Tout ceci semble militer en faveur de l’acquisition du PATROLLER, solution existante, nationale et la moins couteuse, le temps de l’apparition d’un drone MALE plus ambitieux à l’échéance 2020 ( ?)
Le vrai défi pour l’industrie européenne n’est pas de rattraper le temps perdu sur les USA, en matière de drone MALE.
Le vrai défi est celui des drones de pénétration, préfigurés par les MANTIS et NEURON, qui seront employés en première intention pour détruire les centre névralgiques ennemis (PC, transmissions, base aériennes, défense AA….) c’est là qu’il faut concentrer les moyens humains et financiers.
C’est aussi sur les drones de terrain, nécessairement à décollage vertical !
parler de drone c'est discuter dans le vide parlons de drone de reconnaissance ou de drone de combat et RECCO I
Il a quelques jours un tigre had a tiré avec succes un hellfire a 4600m distance pouvant aller jusqu'a 8000m, le nouvel Afgha est né c'est le nord du mali,il est besoin d'un drone armé efficace,peut etre que 40 2000d vont etre retrofites c'est peut etre le moment de mettre les cablages et les points d'emports, cette situation peut permettre a la defense de mutualiser un missile tres effficace et de gagner de l'argent a vouloir faire un missile pour pierre ,un pour jean et un pour paul
Cher Marquis,
Quelques éléments d'information et de réflexion pour éclairer et alimenter le débat :
1/ PAN et BPC : les ascenseurs
2/ Avions et drones : dimensions et performances