Partager l'article ! La supériorité absolue du porte-avions comme base aérienne mobile: © inconnu. Dessin d'artiste représent un appontage ou un "touch and go" d ...
Le Fauteuil de Colbert
© inconnu. Dessin d'artiste représent un appontage ou un "touch and go" d'un X-47
à bord du CVN-74 Stennis.
Le titre est pompeux, certes, mais il est assumé. Ce qui est pire qu'un titre pompeux, c'est quand le billet qui suit ce titre tente de répondre à une affirmation "prospective" qui prédit, une fois de plus, la mort du porte-avions par une évolution radicale dans la manière de concevoir ou d'opérer des aéronefs à voilure fixe.
Ce commentaire se plaisait à croire que, avec les UCAV (Unmanned Combat Air Vehicle), cette fois-ci, ce serait la bonne : plus besoin de porte-avions puisque l'autonomie de ces futurs drones armés serait suffisante pour diminuer le besoin de moyens aériens prépositionnés sur bases fixes ou mobiles (les porte-avions) !
Trop simple, mais surtout, c'est si faux. Ce qui est gênant, c'est de ne pas voir poindre une réflexion construite : après tout, le porte-avions a germé, et notamment, dans l'esprit d'un certain
Clément Ader, il disparaîtra bien un jour, comme tant d'autres de systèmes d'armes.
Il faut lire le livre de Francis Dousset -"Les porte-avions français de 1911 à nos jours"- pour trouver au sujet des porte-avions Joffre et Painlevé une affirmation intéressante de l'état-major de la Marine (toute fin des années 30) : les porte-avions ne trouveront leur utilité qu'au-delà du rayon d'action de l'aviation navale basée à terre (dont les lourds hydravions), c'est-à-dire au delà de 400 nautiques à l'époque, et seront trop vulnérables dans les mers étroites.
Plus loin, et dans le même ouvrage, il est également possible de lire que des personnes se plaisaient à croire que l'allongement de l'autonomie en vol des bombardiers stratégiques (ceux de l'US Air Force) et les progrès espérés des appareils à réaction permettaient d'envisager la fin du porte-avions -et cette fois-ci, c'est-à-dire dans l'immédiat après seconde guerre mondiale, c'était la bonne...En tous les cas, ceux-là ont eu raison du porte-avions USS America. Il n'en demeure pas moins que pendant la guerre de Corée les porte-avions furent appelés à la rescousse.
Avec l'affirmation citée au tout début de ce billet, le tableau est complet : le porte-avions a une utilité marginale depuis les années 30 du XXe siècle (au moins) et il est condamné à
disparaître face aux progrès des aviations militaires... basées à terre. Malgré toutes ces bonnes volontés pesées avec tant de finesse, ils flottent toujours : pire, le concept se diffuse à
travers le monde (Brésil, Inde, Chine, Japon, Australie, etc...).
Pourquoi donc le porte-avions se joue-t-il autant de sa fin annoncée ? Dans un premier temps, il convient de tenter d'aborder une partie de la place du porte-avions sur le plan stratégique :
Ce qui est intéressant, c'est la croyance que l'autonomie des aéronefs permettraient de se débarasser du porte-avions puisque tel point terrestre ou marin serait atteignable depuis la métropole. Il serait possible de sentir poindre une certaine posture isolationniste dans le propos puisqu'il faut et il suffirait de projeter la puissance aérienne depuis le sol national pour la projeter, avec l'aide de ravitailleurs s'il le faut. Est-ce que cette pensée prend en compte le fait que la France est un Archipel ? Rien n'est moins sûr...
Le premier obstacle, c'est la réalité d'une société internationale composée d'environ 193 Etats. Tous possèdent un territoire aérien où ils exercent leurs droits souverains. Ce n'est pas parce
que la puissance aérienne abolit les frontières géographiques, sur le plan théorique, qu'elle peut allègrement violer le droit international : tout est possible, mais est-ce seulement réalisable
? Et donc, il ne faudrait pas trop se plaire à croire qu'une formation de combat partant des Antilles, de la Réunion, d'Abu Dhabi, ou encore... des territoires français d'Europe pourrait
atteindre un point en Afrique, en Amérique du Sud ou en Asie centrale en se passant de quelques autorisations diplomatiques. Il est possible de les obtenir... après quelques semaines ou mois de
négociations -dans le cas où elles sont obtenues.
A-t-on seulement souvenir de l'opération El Dorado canyon de l'US Air Forces ? En 1986, et en réponse aux agissements libyens (dont l'attentat de la boite de nuit à Berlin
contre les soldats américains), Washington décide de pilonner la Libye. Ce n'est pas l'US Navy qui mène l'essentiel des opérations depuis ses porte-avions, mais l'US Air Forces
depuis ses bases en Angleterre. Les raids ont été menés par des F-111 (45 tonnes de masse maximale au décollage) appuyés par des ravitailleurs de l'armée de l'air américaine et par des chasseurs
et avions d'attaque des porte-avions de l'US Navy. C'est-à-dire que l'armée de l'air américaine avait la primeur "politique" des frappes. France et Espagne ont interdit de survol leurs
espaces aériens : les raideurs devaient parcourir 3000km à l'aller, et autant au retour, soit des raids de 6000 km... alors qu'il y avait trois porte-avions qui participaient à cette
opération...
Il s'agissait de bombardiers, certes stratégiques, mais de catégorie moyenne. Alors, à ce moment là, a-t-on seulement conscience du tour de force réalisé par les anglais lors de la guerre des
Malouines ? Depuis la fin des années 70, la Royal Navy n'a plus de porte-avions (mais des porte-aéronefs). Par voie de conséquence, l'aéronavale anglaise n'a plus d'appareils embarqués à
voilure fixe ayant des performances comparables à celles des appareils basés à terre. Elle n'a plus que des Harrier opérant à partir de porte-aéronefs, et ils sont incapables de mener
des missions et de frappe et dans la profondeur. Pendant cette guerre de 1982, il y a eu les raids des bombardiers de la Royal Air Force contre l'aérodrome de port Stanley, afin d'en
interdire l'utilisation aux Argentins. Ainsi, des Avro Vulcan (de 90 tonnes de masse maximale au décollage) partaient de l'île de l'Ascension pour effectuer des missions de 15 000 km
(aller-retour). Pour ce faire, ils étaient ravitaillés en vol par des bombardiers Victor reconvertis en ravitailleurs, et ces mêmes ravitailleurs étaient-eux mêmes ravitaillés par
d'autres ravitailleurs...
Enfin, et dernier exemple, le conflit du Kosovo de 1999 illustre bien le fait que le porte-avions n'est pas si vulnérable que cela dans une mer étroite. C'était pourtant dans la mer Adriatique qu'évoluaient les porte-avions français. L'Italie était si proche, certes, mais les navires français permettaient de se passer totalement des italiens et des servitudes qui découlaient de la politique italienne. Ce n'est pas rien quand l'on veut compter et agir au sein d'une coalition.
Là où intervient la supériorité du porte-avions, c'est qu'il est une base aérienne mobile. Cela veut tout simplement dire que vous avez la possibilité de déplacer une plateforme aérienne d'un
bout à l'autre de votre planète. Dans le cas de la France, le Charles de Gaulle peut atteindre n'importe quel point de la planète. Il aurait même pu opérer à l'Ouest des Etats-Unis puisqu'il
était proposé de transformer l'atoll de Clipperton en base océanique...
Première conséquence de cette mobilité, le porte-avions se plaît à se déplacer dans les eaux internationales pour se porter hauteur du théâtre désiré : aucune autorisation à demander. C'est bien
pourquoi les Etats-Unis envoient toujours un porte-avions au large d'une zone de crise puisque ce mouvement est libre et seulement commandé par la volonté du politique.
Deuxième conséquence, et dans les deux cas, les manoeuvres aériennes auraient été bien plus souples, bien plus efficaces si elles avaient été conduites par un ou des porte-avions. La projection de la puissance aérienne coercitive peut se jouer de la géographique et des contraintes politiques pendant un temps : au-delà, il se produit ces raids ubuesques qui sont l'exception qui confirme la règle. Dans le cas américain, il semblerait que l'US Air Force veuille absolument démontrer ses capacités de projection de puissance. Dans le cas anglais, il n'y a pas le choix, et les tentatives faites pour augmenter la puissance aéronavale dans l'urgence montrent assez bien toutes les limites des bombardiers Vulcan, qui ne pouvaient pas opérer depuis les Malouines...
Ces deux exemples illustrent assez bien les limites de la projection aérienne depuis des bases fixes, même si elles sont avancées, et par le biais de bombardiers moyens ou lourds. Ils peuvent certainement expliquer pourquoi l'Armée de l'Air française ne s'intéresse pas vigoureusement aux bombardiers moyens...
L'autonomie des voilures fixes ou mobiles est aussi une grande question : elle est coeur de l'affrontement entre porte-avions et "porte-avions terrestre". Cette dernière expression renferme un concept dont il vaut mieux admettre les limites. Si vous pouvez déplacer votre porte-avions, alors vous pouvez éloigner ou approcher d'un théâtre, et vos appareils auront une autonomie sur zone en fonction de l'éloignement du navire par rapport au théâtre. Pour le "porte-avions terrestre", le problème de l'autonomie est crucial puisqu'il s'agit, premièrement, d'une base aérienne fixe. Donc, et par voie de conséquence, quand une patrouille, quelconque, et de toutes les époques, décollent de Corse, de Sardaigne ou de Crête, pour atteindre un point quelconque, alors il faut consacrer une part de l'autonomie à l'aller et au retour. Fondamentalement, il y aura toujours un avantage significatif en terme d'autonomie pour l'appareil qui a décollé depuis un porte-avions face à son collègue qui arrive depuis une base terrestre.
Il y a eu dans le Pacifique un affrontement final entre les forces américaines et japonnaises. Les derniers affrontements aéronavals ont vu les japonais abandonner leurs porte-avions pour armer,
en lieu et place, plusieurs "porte-avions terrestres". Ces installations cumulaient les défauts des bases aériennes fixes : manque de réactivité, autonomie prévisible des appareils et
vulnérabilité des bases de départ. Face à eux, les américains alignaient des forces aériennes basées sur bases fixes, mais aussi, et surtout, des porte-avions. L'Amiral Barjot posa la question à
un amiral japonais (il relate la chose dans un de ses articles parus dans la Revue maritime entre 1945 et 1949) : est-ce que vous auriez perdu moins d'appareils et auriez pu atteindre
l'adversaire si votre aéronaval n'avait pas été débarquée ? L'amiral japonais répondit que oui.
De cette mobilité stratégique découle des possibilités sur le plan tactique qu'une base terrestre fixe (dans le cas où elle est la source de la projection aérienne coercitive) ne permettra jamais : le porte-avions peut aussi bien rapprocher qu'éloigner son groupe aérien embarqué du théâtre. De ce simple constat découle des avantages tactiques difficlement reproduisibles :
Premièrement, et cela découle des considérations plus "stratégiques" qui ont été proposées avant : le porte-avions nécessite, pour atteindre les mêmes obectifs, des appareils bien moins volumineux. En portant ce constat à l'abstraction, c'est dire que pour atteindre un point x, il est possible de choisir de partir de la même base, et donc, plus le point x est éloigné, plus l'aéronef, pour gagner en autonomie et l'atteindre, sera volumineux. A contrario, si pour atteindre le même point x la base de départ se déplace, alors l'aéronef demeure aussi volumineux. Donc, et en ce qui concerne la stratégie des moyens, des Rafale auraient pu faire autant, si ce n'est bien plus, que les F-111 et les Vulcan pour atteindre Tripoli ou Port Stanley. C'est bien la preuve que l'investissement dans un pion aéronaval (constitué autour d'une paire de porte-avions) influence considérablement la stratégie des moyens aériens d'une puissance.
Deuxièmement, et en tentant de se poser sur le plan tactique, la particularité du porte-avions fait que ses appareils sont à l'abri des coups de force de l'ennemi : combien d'appareils de l'US Navy ont-ils été détruit par la guérilla nord-vietnamienne pendant la guerre du Vietnam à bords de ses porte-avions ? Zéro. Le chiffre est "sensiblement" différent pour l'US Air Force (au moins plusieurs dizaines d'appareils furent détruit au sol !). Combien d'appareils ont-ils été perdu par l'Aéronavale française à bord de ses porte-avions pendant la guerre d'Indochine ? Zéro.
Troisièmement, le porte-avions peut avancer vers le théâtre si son escorte lui permet de sécuriser son évolution. Au passage, si le porte-avions nécessite une escorte, il faut dire que les
cuirassés qui se sont risqués sans elle ont eu des destins malheureux : Bismark, Prince of Wales, Repulse... De même, est-ce que l'on envisage sérieusement d'engager des chars de bataille sans
une quelconque forme d'accompagnement ? Pour en revenir au porte-avions, quand l'Armée de l'Air envoyait des Rafale au-dessus de la Libye, elle recourrait à ses avions ravitailleurs pour leur
permettre d'avoir l'allonge nécessaire pour durer sur zone et faire l'aller-retour. Aux dires du général Charaix qui a participé au conflit libyen, ces missions duraient de six à huit heures...
En face de celles-ci, il faut mettre en considération les missions réalisées par les Super Etendard et les Rafale depuis le porte-avions Charles de Gaulle : catapultage au large de la Libye, ce
qui permettait d'être sur zone après 20 à 30 minutes de vol... et les missions duraient généralement de trois à cinq heures. Certes, elles sont plus courtes, mais les équipages étaient quasiment
directement sur zone quand ceux de l'Armée de l'Air s'usaient dans leurs aller-retour.
Quatrièmement, ces deux considérations sur l'approche d'un théâtre par la puissance aéronavale implique une capacité spécifique aux porte-avions...et aux avions basés sur le sol du théâtre (par
opposition à ceux lancés de métropole ou d'une base avancée (mais lointaine) : une réactivité extraordinaire. Prenez un drone MALE -à tout hasard, un Harfang- ou un Atlantique 2 qui survolerait
la Libye pendant le conflit de 2011 et qui identifierait une cible. A ce moment là, il faut envoyer une patrouiller pour aller "traiter" la cible. La question est relativement simple et vous
n'avez que trois possibilités :
C'est exactement la même configuration pour les voilures tournantes : aurait-il été possible d'envoyer les hélicoptères de l'ALAT depuis le Var, la Corse, la Sardaigne ou la Sicile ? Non. Est-ce que cela a-t-il été possible depuis un porte-hélicoptères d'assaut qui pouvait rapprocher les voilures tournantes du théâtre ? Oui.
Une petite remarque doit être faite et elle pourrait être forte instructive : combien coûterait le remplacement des ravitailleurs aériens de l'Armée de l'Air ? Bien des sources évoquent un
contrat à 2,2 milliards d'euros : le coût du PA2 (hors taxes) est évalué autour de 2,5 milliards d'euros. Il ne faudrait pas oublier que ces ravitailleurs ont, eux aussi, un coût qui n'est pas
négligeable par rapport à un porte-avions.
Donc, il est nécessaire et impératif de considérer toutes les contraintes qui pèsent sur une aviation militaire basée à terre qui doit se projeter loin de ses bases de départ : manque de
réactivité, autonomie connue et prévisible, mission harassante pour les pilotes en cas de ravitaillement en vol et les problèmes politico-diplomatiques liés au survol de divers territoires
aériens (sans parler des difficultés à baser à proximité immédiate du théâtre des aéronefs). Face à cela, le porte-avions jouit d'une liberté de manoeuvre totale qui lui permet d'évoluer autour
d'un théâtre comme il l'entend, ce qui permet de résoudre bien des problèmes en matière de réactivité ou d'autonomie en vol. Ou bien de solutionner bien des problèmes politico-diplomatiques : à
qui faut-il demander la permission pour naviguer en haute mer ? A personne.
Tant que le porte-avions sera une base aérienne mobile, il demeurera supérieur dans toutes les opérations de projection de la puisse aérienne coercitive. Il est surprenant de tenter de le couler par l'arrivée d'une quelconque innovation technique ou technologique : il faudrait que celle-ci puisse entamer sérieusement une ou les qualités du porte-avions. A contrario, il convient de relever que depuis le début ou la fin des années 40, les appareils basés à terre ou sur porte-avions ont rigoureusement les mêmes qualités... Les UCAV qui pourraient arriver en parc demain ne changeront rien à la donne : c'est bien ce que l'on peut repprocher à ceux qui se plaisent à prédire la fin du porte-avions ! Et si l'arrivée des UCAV à terre plaît à certains, qu'ils imaginent bien ce qu'il se passera quand ils opéreront depuis porte-avions...
Pour tenter d'élever le débat, il faudrait relever que la puissance aéronavale s'articule, forcément, avec la puissance aérienne développée depuis la terre : c'est le cas dans les exemples de
l'opération El Dorado canyon (1986) ou du conflit Malouin (1982). Mais cela aurait pu être également le cas dans une éventuelle attaque contre l'Iran où les bombardiers lourds de l'US Air
Force auraient été escorté sur zone par les chasseurs de l'US Navy. L'intérêt du bombardier réside dans le fait qu'il est le seul à emporter des armements spécifiques, comme
certaines grandes munitions à fort pouvoir de pénétration. C'est également le cas pendant l'opération en Libye où les ravitailleurs ont pu ou auraient pu servir à donner de l'autonomie aux
chasseurs du Charles de Gaulle et où, également, les E-3 AWACS et les Atlantique 2 offraient leurs services à tout les chasseurs-bombardiers présents sur zone.
Enfin, le conflit libyen de 2011 montrait que composante aérienne projetable (expression du livre blanc) repose sur deux jambes : l'Armée de l'Air et l'Aéronavale. Le groupe aéronaval "complet"
(avec deux porte-avions et un groupe aérien embarqué plus volumineux) aurait pu représenter quasiment toute la participation aérienne française au conflit (compte tenu des avantages du
porte-avions). Cependant, s'il y avait eu nécessité d'intervenir simulanément dans un autre secteur géographique, alors la capacité de projection de l'Armée de l'Air est tout aussi cruciale...
© Wikipédia. Clément Ader en 1891.
"Donc, un bateau porte-avions devient indispensable.
Ces navires seront construits sur des plans bien différents de ceux utilisés actuellement. D'abord, le pont sera dégagé de tout obstacle : plat, le plus large possible, sans nuire aux lignes nautiques de la carène, il présentera l'aspect d'une aire d'atterrissage.
Le remisage des avions devrait être aménagé nécessairement sous le pont. On aura accès dans cet entrepont par un monte-charge assez long et large pour recevoir un avion les ailes repliées...
A côté devra être l'atelier des avionneurs chargés de réparer les avaries et d'entretenir les avions toujours prêts à s'envoler".
Clément Ader, 1895, cité par l'Amiral Barjot dans son ouvrage "Vers la Marine de l'âge atomique" (1955).
Le premier porte-avions français est le Béarn : il entretra en service en 1928, et il sera le seul de sa classe de cuirassés (cinq au total) à être converti en porte-avions.
Commande et construction de deux nouveaux porte-avions dans les années 2030 ?
Marine. Une stratégie payante.
«Jean-Yves Le Drian, a clairement réaffirmé que «le renforcement des capacités de la Marine nationale serait poursuivi (...) comme un choix politique et stratégique prioritaire». Un membre important de la Commission du Livre blanc sur la défense et la sécurité traduit: «C'est le bilan politique le plus important d'Euronaval qui anticipe les arbitrages budgétaires du prochain Livre blanc.»
« La même source qui requiert l'anonymat précise que, «rompant avec les quinze dernières années, la Marine nationale ne sera plus la variable d'ajustement des autres armées».
« Au résultat, le naval de défense dispose aujourd'hui d'un carnet de commandes plus important que tous les prospects de l'aéronautique militaire. Il s'agit, par conséquent, d'un véritable moteur des exportations françaises. »
« Plusieurs des grands exposants d'Euronaval se félicitent que «notre Marine ait pu rattraper efficacement le retard qu'elle accusait sur les autres armées en matière de communication car elle est aujourd'hui barrée par un chef d'état-major hors du commun».
Article d'Etienne Pelot, le Télégramme, publié le 3 novembre 2012.
Et si la Marine pouvait défendre la croissance ?
"Mondialisation oblige, des millions de conteneurs voyagent chaque année sur les mers du globe. Evidemment, ces flux ne cessent de progresser. Si les océans sont des routes de premier choix, ils regorgent également de ressources… de plus en plus recherchées. Réserves d’hydrocarbures dans les sous-sols marins, présence de terres rares, lieu d’installation des éoliennes offshore et des hydroliennes… «Les océans deviennent un objet de convoitise», affirme le sénateur (PS) Jeanny Lorgeoux.
A tel point que les Etats se livrent une «véritable guérilla juridique» pour étendre leurs zones maritimes. Après avoir conquis les terres, l’homme cherche à s’approprier la mer. Où il parvient déjà à se sédentariser: plus de 700 plateformes sont aujourd’hui en service dans les océans du monde, et des milliers de salariés y travaillent.
[...]
D’où la nécessité, selon les sénateurs, de se doter d’une Marine nationale forte. Et c’est là que le bât blesse. Car si le budget de la
Défense connaît des coupes, celui de la Marine est particulièrement malmené.
«Ça fait quinze ans que la Marine sert de variable d’ajustement au budget de la Défense. Tout simplement parce que les armées de Terre et de l’Air sont bien plus organisées en termes de
lobbies parlementaires», explique un membre de la rédaction du site spécialisé Espritcors@ire.
En tout cas, le budget des marines européennes diminue chaque année de 1%, alors qu’entre 2011 et 2016, le budget naval de la Russie devrait augmenter de 35% et celui de la Chine, de 57%".
Article de Céline Boff, publié dans "20 minutes", le 12 juillet 2012.
Bibliographie et articles :
Le ministre a également confirmé le discours très engagé sur la place
du fait maritime dans le futur Livre Blanc, qu’il avait tenu le mois dernier aux Universités d’été de la Défense, à Brest, lors du lancement de la frégate Aquitaine :
« L’enjeu maritime est celui qui sera au cœur des années à venir. Après un 20è siècle de conflits continentaux, les nouveaux conflits et menaces viendront
de la mer. La souveraineté passe par la mer. Il est impératif de prendre en compte cette donne. Et c’est ce que j’attends du Livre Blanc. » Lorient, jeudi 18 octobre 2012 (par Mer et Marine).
Le ministre de la Défense a confirmé, décalé ou infirmé les programmes suivants intéressant la Marine dans le cadre de la future loi de programmation militaire (LPM)
:
Dissuasion :
Dans son ensemble, les deux composantes de la dissuasion nucléaire nationale sont préservées. C'est un engagement du Président de la République.
Dans le hors-série du "Marin" consacré au salon Euronaval, il est possible d'apprendre, à travers une interview du PDG de DCNS, Patrick Boissier, que les SNLE de troisième génération
seraient en cours de définition, voire d'études.
Le "M-6" serait lui aussi sur les rails puisque son développement dépend de deux dynamiques :
Flotte de surface :
Lutte anti-sous-marine :
Fonction Garde-Côtes :
Bibliographie :
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