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Vendredi 6 juillet 2012 5 06 /07 /Juil /2012 13:23
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© Marine nationale. Le bâtiment de soutien Loire qui est accompagné des Persée et Sagittaire. © Inconnu. Le Céphée au retour de sa mission de dépollution en Libye. © DCNS. Le principe du Système de Lutte Anti-Mines Futur (SLAMF).

 

La marsupialisation est un concept au nom peu commun, en matière de stratégie navale, mais qui est très bien expliqué dans l'ouvrage de Joseph Henrotin : " Les fondements de la stratégie navale au XXIe siècle". "La marsupialisation implique de considérer le bâtiment comme une plateforme disposant d'une capacité d'action et/ou d'observation qu'il peut déporter" (page 197 de l'ouvrage). Tout le concept repose dans la possibilité de déporter les senseurs et vecteurs d'un navire.

 

L'auteur cite le cas du porte-avions comme navire mettant en oeuvre la marsupialisation. Il est vrai qu'il est quasiment le premier, manifestement, à le faire, avec le sous-marin : les torpilles humaines italiennes et le recours à des aéronefs (cas du Surcouf).

En ce qui concerne le porte-avions, le navire est pensé pour que ses capacités découlent directement des aéronefs. Il s'agit d'un système d'armes totalement modulable puisqu'il faut et il suffit de faire évoluer le groupe aérien embarqué pour faire évoluer les capacités du groupe aéronaval. Les porte-avions de l'US Navy ont ainsi évolué de la lutte anti-surface et de la lutte anti-sous-marine de la seconde guerre mondiale vers la frappe stratégique au cours des années 50 et 60. Sous les coups de boutoir de l'Amiral Zumwalt (Chief of Naval Operations (C.N.O.) de 1970 à 1974), les groupes aériens embarqués de la marine américaine incluèrent, à nouveau, la lutte anti-sous-marine (comme "lot de consolation" après le refus des Sea Control Ship). Les Carrier Vessel Attack avaient alors évolué vers les Carrier Vessel Nuclear, aux groupes aériens plus polyvalents.

 

Historiquement, Henrotin fait démarrer cette marsupialisation -outre les porte-avions (et d'une certaine manière les sous-marins)- avec les essais de la marine canadienne, dans les années 60, pour embarquer et opérer des hélicoptères depuis ses frégates et destroyers. Cette démarche s'inscrivait dans la volonté navale canadienne de se spécialiser dans la lutte ASM dans le cadre du partage des tâches dans l'OTAN. L'important dans la démarche est la déportation du capteur (qui deviendra aussi vecteur) par rapport au bâtiment, tout en contribuant à améliorer les capacités du système de détection "fixe" à bord du bâtiment (bien qu'il faille considérer les sonars remorqués comme un autre début de la marsupialisation : voir le programme LOFTAR dans la Marine nationale).

L'autre phénomène important impliqué par cette déportation du senseur, c'est qu'il touche un petit bâtiment, et plus particulièrement un navire de surface. Au sortir de la seconde guerre mondiale les escorteurs océaniques voient leur tonnage littéralement s'envoler : des 1500 à 2000 tonnes pour un contre-torpilleurs d'avant-guerre, l'état-major de la Marine réfléchit, face aux évolutions étrangères, à des frégates de 4, 5 ou 6000 tonnes (pour faire suite à la dernière génération d'escorteurs construite sous la IV République (T45 à T56).
Les engins, au lieu de participer à une rationalisation du poids, bien au contraire, alimentent la course au tonnage. C'est un phénomène particulièrement bien matérialisé par la conception des frégates lance-engins de classe Suffren qui aurait pu être le prélude à des croiseurs à propulsion nucléaire.
Avec l'arrivé de l'hélicoptère, c'est le premier coup d'arrêt à cette évolution puisque la voilure tournante permet de gagner un grand volume d'action, même si c'est de manière intermittente. Mais surtout, cela n'implique plus nécessairement, pour repousser l'horizon des armes, de concevoir de lourds engins, porte-torpilles comme le MALAFON, par exemple (autre cas : un système Tartar complet, c'était 450 tonnes). Il est terriblement plus simple de concevoir des torpilles légères larguables ou des missiles anti-navires légers tirés depuis hélicoptères : le nombre emporté n'est pas du tout le même, en plus, à volume de stockage égale. Joseph Henrotin cite également l'intégration des RHIB (Rigid Hull Inflatable Boat) à bord des navires et l'intégration prochaine des différents drones.

 

Ce processus de marsupialisation n'est pas achevé en ce qui concerne la flotte de surface, et il s'est agrémenté d'autres développements, comme la modularité et la réticulation (tous deux décrits dans l'ouvrage d'Henrotin), et de nouvelles possibilités techniques qui ont considérablement élargi l'horizon des navires de surface (sans les embarquer dans une course au tonnage) : l'hélicoptère a d'ores et déjà été cité, mais il y eu également le missile de croisière. Si la lutte contre les missiles balistiques est une mission contestée selon sa finalité (de théâtre ou de territoire), elle élargit encore l'horizon de l'escorteur. Demain, ce sera le canon électromagnétique qui poursuivra ce retour en grâce de la surface, et les drones (sous-marins, de surface et aériens) parachèveront la marsupialisation (à noter que les développements semblent plus lents pour les sous-marins, et c'est notamment en raison de la difficulté à opérer sous la surface).

 

Un certain lieutenant de vaisseau Castex rédigea un ouvrage, "La liaison des armes sur mer au XVIIe siècle", qui expliquait comment l'articulation entre les navires de la ligne de file et les brûlots permettaient aux escadres de remporter les batailles. De manière très simple, il est possible de résumer la démonstration du futur amiral à la nécessité pour les vaisseaux de ligne à traiter une cible adverse par leurs feux afin qu'elle soit désemparer. Et c'était sous ce feu protecteur qu'intervenait l'intervention des brûlots. L'économie des forces, chère au Maréchal Foch, est également très présente dans la pensée de Castex puisque ces brûlots devaient être conservés comme une masse de manoeuvre prête à surgir, à fondre là où la ligne adverse avait été affaiblie par le feu nourri des batteries de l'escadre.
Cette digression historique, à rebours des processus précédents, est proposé pour rappeler combien il est difficile d'articulier des unités militaires pour qu'elles concourent dans une même direction, un même but. Dans cette optique, il convient de relever que la marsupialisation, avec les autres phénomènes (modularisation, réticuation) et les développements techniques associés, imposent des exigences supplémentaires aux équipages pour faire fonctionner ces systèmes. Il serait même possible de dire que la liaison des armes sur mer, chère à Castex, a été transposé de l'échelon de l'escadre à celui du navire, et du navire de surface en particulier : signe d'une place stratégique réhaussée pour les navires de surface ?

 

C'est dans ce cadre conceptuel qu'il est proposé de considérer les évolutions qui vont affecter la lutte anti-mines (en tous les cas, pour la France) et la projection de la puissance aérienne via les porte-avions avec les UCAV (Unmanned combat air vehicle).

 

La marsupialisation a un avantage qui n'était peut être pas voulu au départ, c'est que si les organes de la plateforme, le navire, se complexifient, presque à outrance, il faut noter que le navire porteur tend à se simplifier... C'est un peu le même parcours que pour le porte-avions. Dans le cas français, le porte-avions a été littéralement arraché à la chapelle du canon :

  • la vitesse ne devait plus être aussi élevée que celle d'un cuirassé puisque c'est désormais le pont plat qui mène la danse,
  • l'horizon de ses armes le dispense d'avoir une protection par cuirasse excessive, ce qui implique que ses capacités offensives priment,
  • l'armement ne devait plus être celui d'un croiseur, mais bien être réduit à la seule auto-défense d'un porte-avions.

Ce cheminement a été long car si les porte-avions Foch et Clemenceau répondent aux critères du porte-avions moderne, il y a de quoi s'interroger sur la surrenchère qui a eu lieu à propos du PA 58 Verdun. En sus de l'armement anti-aérien, le navire aurait pu recevoir les moyens de défense d'une frégate lance-engins de classe Suffren... à se demander à quoi sert l'escorte. Une comparaison pourrait, peut être, être faite avec les chars de l'entre-deux-guerres qui portaient des tourelles anti-infanterie... alors qu'ils marchaient au pas de l'infanterie.

 

Donc, le porte-avions a plutôt eu tendance à se simplifier et s'optimiser pour la mise en oeuvre de ses vecteurs et senseurs aériens. Sa raison d'être consiste en sa capacité à se comporter comme une véritable base aérienne mobile et à être l'un des instruments de la puissance aérienne.

 

Avec la marsupialisation, il y aurait pour la flotte de surface cette même tendance : alors que les escorteurs étaient devenus des "anti-" face à la multiplication des menaces (de surface, sous-marine, aérienne et balistique et terrestre aujourd'hui) nous nous dirigerions vers un retour à des escorteurs polyvalents. La classe Arleigh Burke illustre bien, par exemple, cette tendance à la polyvalence des plateformes navales, tout du moins, à la polyvalence des escorteurs. Le navire n'est presque plus conçu pour lutter contre une menace particulière, mais pour lutter contre toutes les menaces et emporter les équipements nécessaires à cette fin. Le destroyer Arleigh Burke est taillé pour accompagner les porte-avions de l'US Navy et évoluer autour. Leurs capacités nautiques intrinsèques ne les spécialisent pas particulièrement dans un domaine de lutte.

Dès lors, et à l'instar des porte-avions, il semblerait qu'il y ait un décrochage entre le "flotteur" et ses armes : le fait de porter tel ou tel système d'armes n'impliquerait plus de dimensionner la coque en fonction de tel ou tel domaine de lutte. C'est aussi relatif puisqu'il y a des particularités à adopter pour la lutte anti-sous-marine, comme une propulsion plus silencieuse, ou pour la lutte anti-aérienne avec des superstructures assez élevées sur l'eau. Mais ces capacités ne sont plus aussi dimenssionnantes que par le passé. Il y avait bien les radiers, les ponts d'envol pour hélicoptères pour dimensionner un navire, mais c'est de moins en moins vrai puisque même les patrouilleurs peuvent cumuler les deux, en plus d'autres systèmes.

 

Ces différents processus font grandement évoluer la lutte anti-mines. Il s'agissait d'avoir dans la première moitié du XXe siècle deux navires spécialisés pour nettoyer les champs de mines : le chasseur de mines et le dragueur. Puis, dans la seconde moitié du XXe siècle, le navire de lutte contre les mines cumulaient les deux fonctions de chasse et de neutralisation des mines. Cela impliquait d'avoir un navire très spécialisé dans ce domaine de lutte. Le flotteur devait être particulièrement bien préparé puisque contrairement à l'évolution générale, sa coque pouvait être constituée de bois, voir de matériaux composites. Le fait qu'il s'approche de très ou trop près des mines faisaient qu'il fallait l'immuniser le plus possible de ces engins. Cela a un coût non-négligeable et ces techniques de construction dimensionne la taille du navire, et donc la possibilité de le projeter. Par exemple, les chasseurs de mines tripartite, dont la coque est en matériaux composites, nécessitent un bâtiment de soutien pour pouvoir mener une mission dans la durée loin des ports de la Marine nationale.

 

Avec la marsupialisation la donne change dans la lutte contre les mines. L'apparition des "poissons" téléopérés depuis le bord permet d'approcher de la menace sans mettre en danger les plongeurs et le navire. Cette évolution technique, qui pourrait être considérée comme "banale", implique poutant une très lourde évolution : si hommes et navire peuvent être éloignés de la menace, alors le degré de spécialisation de la plateforme diminue. Le futur système SLAMF est la matérialisation de cette évolution. A l'orée de 2030, le chasseur de mines portera différents systèmes de drones. Le premier d'entre eux sera un drone de surface (USV) porte-drones. Il déploiera senseurs de surface et sous-marins. Cette évolution fait que le navire porteur de ces systèmes, au coeur de la marsupialisation, n'aura plus besoin d'être aussi spécialisé dans la lutte anti-mines : si les systèmes et les hommes oeuvrent aussi loin, ou suffisamment loin, du navire porteur, alors la construction du navire de lutte anti-mines ne nécessitera plus des normes amagnétiques aussi contraignantes. Il en découlera que le coût du navire de lutte anti-mines baissera significativement, ce qui fait qu'il sera possible de gagner en tonnage et en capacités de projection, sans nécessité forcément un navire de soutien dédié.

 

Ce qui peut être intéressant, c'est que le degré de spécialisation de la plateforme se déplace du navire vers le senseur ou l'effecteur déporté : ce n'est donc plus le navire anti-mines qui est intégralement conçu dans cette perspective, mais ce sont les "poissons" et les futurs drones qui seront conçus et construit autour de ces normes de lutte anti-mines.

Il serait même envisageable de porter la logique à son paroxysme : s'il ne s'agit plus que de porter des systèmes de lutte anti-mines, alors est-ce qu'une frégate anti-sous-marine pourrait, via un radier, emporter ces futurs drones porte-drones ? Cette hypothèse de réflexions doit rejoindre celle où la frégate anti-sous-marine poursuivra elle aussi sa marsupialisation par le recours à différents drones de surfaces et sous-marins. A l'avenir, il peut être envisageable que le sonar remorqué s'accompagne de drones sous-marins et de porte-drones de surface pour constituer un horizon de détection permanent et à différents niveaux de profondeur.
Est-il même possible d'envisager que cela se fasse à la demande puisque les drones porte-drones et les équipages pourraient être projetés par voie aérienne pour rejoindre la base avancée la plus proche du théâtre afin d'embarquer sur la frégate de lutte contre les menaces sous-marines ? Le navire spécifiquement conçu pour la lutte anti-mines disparaîtrait totalement, et il n'y aurait plus que des entraînements du groupe de guerre des mines à bord de telle ou telle frégate, un peu comme un BPC sert pour la mission Jeanne d'Arc à tour de rôle.

 

Quoi qu'il en soit, et comme pour le porte-avions, il est possible de retrouver ce processus qui déplace les exigences de la lutte qui pèsent sur la conception du navire porteur vers les organes déportés.

 

http://www.defense.gouv.fr/var/dicod/storage/images/base-de-medias/images/air/actualites/images-2011/images-juin-2011/vue-d-artiste-de-deux-patrouilles-mixtes-neuron-rafale/1249717-1-fre-FR/vue-d-artiste-de-deux-patrouilles-mixtes-neuron-rafale_imagelarge.jpg

 

Les UCAV pourraient procéder de la même logique. C'est l'hypothèse où le nEURON donnerait un développement opérationnel. Les machines issues de ce développement pourraient, par exemple, et vraiment à tout hasard, embarquer et opérer à bord du porte-avions Charles de Gaulle. Depuis un porte-avions, ces futurs et hypothétiques drones sont forcément les organes, les effecteurs déportés du navire, puisque c'est le principe de la plateforme. Mais est-ce que la logique s'arrête là, c'est-à-dire dans la conception et la mise en oeuvre d'un drone pouvant opérer là où les dangers de pertes humaines sont trop élevés pour le politique ? Il se pourrait que l'UCAV s'insère dans les mêmes développements que la lutte anti-mines : que les exigences qui pèsent sur la conception, le développement et la production de la plateforme "porteuse" glisse de celle-ci à ce nouvel organe déporté. Prenez l'exigence de la furtivité qui semble bel et bien être un plus dans les missions de pénétration et de reconnaissance. La mise en oeuvre d'un UCAV furtif comme le nEURON répondrait au concept de marsupialisation : le coeur de l'architecture des forces demeurerait l'articulation entre le porte-avions et les Rafale. Mais les UCAV viendraient compléter ce couple avec des plateformes spécialisées ou spécialisables dans la destruction des défenses aériennes ennemies, dans la reconnaissance ou dans d'autres domaines. Les nouvelles exigences, comme la furtivité, passerait donc de l'aéronef piloté vers le drone : il est bien moins coûteux de construire un drone furtif d'une dizaine de tonnes plutôt qu'un avion de cinquième génération, et notamment furtif.

Le drone, notamment aérien, n'aurait alors pas comme vocation, dans le cadre de la marsupialisation, de remplacer le vecteur aérien piloté, mais bien de le compléter. Le Rafale demeurerait donc le coeur du groupe aérien embarqué, et les UCAV et autres drones MALE graviteraient autour de lui, soit pour le remplacer dans des missions trop spécialisées où il faut un appareil spécifique (pénétration en milieu très hostile, MALE en appui air-sol), soit pour servir de multiplicateur de forces à l'avion piloté (futurs drones ravitailleurs ?).

 

C'est en cela que la marsupialisation peut apporter des développements intéressants pour l'avenir de la flotte de surface et sur sa place stratégique. Il y a une lutte entre la marine macrocéphale (école historique) et la marine équilibrée, pyramidale (Jeune école) : ce que l'on peut dire, c'est que la place des grandes unités dans les flottes peut craindre de l'arrivée de ces nouveaux escorteurs.
Mais aussi à propos de la stratégie des moyens car ce concept permettrait d'enfermer les développements technologiques budgétivores dans la place qui est la leur dans les systèmes de force. Ainsi, il serait possible de mieux répartir l'effort des coûts selon où se situe le morceau du système de forces dans le champ de bataille.
En plus, la marsupialisation permettrait une très grande modularité, voir une modularité totale puisque la plateforme embarquerait des systèmes conçus pour se greffer sur un porteur. A l'instar du porte-avions, les différents systèmes d'armes pourrait tout aussi bien survivre à la plateforme que cette dernière survivre à différents systèmes d'armes.

 

Par Le marquis de Seignelay - Communauté : Défense
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Commentaires

Sur le sujet précis de la guerre des mines, n'y-a-t-il pas un paradoxe entre le fait de confier une mission aussi chronovore à un navire qui du fait de sa polyvalence doit accomplir plusieurs missions ?

Une frégate peut-elle cannoner la côte lybienne tout en traquant les mines devant le port de Benghazi ?

 

De plus, la polyvalence/modularité jusqu'où ? L'armement en silo est existant , le radier aussi, mais les plus gros capteurs est-ce envisageable ?

 

Concernant le drone de combat, que ce soit les missions de frappe ou de reconnaissance, ça s'apparente à un missile de croisière réutilisable. Solution logique, mais ça veut aussi dire un engin plus complexe. A la limite, un missile de croisière plus rustique (une bombe planante motorisée), pourrrait faire l'affaire dans le cadre de cibles à portée de tels engins.

 

De plus, la furtivité est d'abord un choix américain. Mais qui certes influence chinois, russes et indiens (encore un coup de l'esthétique de la puissance ?).

Que ce soit le F-117, le B-2 ou le F-22, ça n'est pas vraiment écomiquement viable. Si le drone réduit le coût de la plate-forme, il n'empêche que cette contrainte a un coût. D'ailleurs, pour l'US Navy, la furtivité ne semble pas si fondamentale. L'A-12 a été annulé, et que ce soit le X-47 ou le F-35, ce sont tous deux des programmes inter-armées. A ceci s'ajoute le fait que la Navy a conservé sa capacité de guerre électronique.

Au final, c'est encore une histoire de choix. Se rendre invisible aux yeux de l'adversaire où rendre l'adversaire aveugle.

Pour ma personne, le second est le bon choix.

 

Sur la question de l'emploi de drones pour l'appui-feu ou le transport/ravitaillement, c'est une nouvelle tentative de réinventer la roue. Les plates-formes habités existent, alors à quoi complexifier le tout avec un ordinateur dépendant d'une liaison de données et d'un humain derrière cette liaison ?

Commentaire n°1 posté par Kouak le 07/07/2012 à 19h01

Mais pourquoi diable voulez-vous qu'un navire qui déminerait un champ de mines s'engage dans d'autres actions en même temps ? Une frégate polyvalente procède action par action, elle ne fait jamais tout à la fois.

Vous devriez vous intéresser aux "lotering munitions". Le calcul économique de ce genre d'engins me paraît douteux.

La furtivité est l'une des capacités que le nEURON doit démontrer.

Les plateformes habitées ne rendent pas les mêmes services qu'un drone MALE, et c'est bien pour cela que ces systèmes s'imposent face à d'autres capacités : un Atlantique 2 ne plane pas aussi longtemps qu'un drone MALE sur zone, et ce n'est pas le même coût par plateforme et système. Ce ne sont pas non plus les mêmes vulnérabilités et discrétion.

Réponse de Le marquis de Seignelay le 07/07/2012 à 19h11

Mais dans ce cas, immobiliser une frégate est-il rentable ? Un chasseur de mines même lourd n'est-il pas plus logique ?

 

Un missile de croisière rusique ne serait pas une munition rodeuse puisque dépourvue de liaison de données montante et de capteurs. D'ailleurs, ça ne remet pas en cause l'intêret d'un drone de combat.

 

A l'échelle d'un démonstrateur, c'est gérable, mais à celle d'une flotte, ça revient à ouvrir un nouveau champ de lutte entre l'épée et le bouclier.

 

Dans une mission de surveillance pure, oui le drone a l'avantage, mais en mission d'appui feu, ça reste à discuter.

Commentaire n°2 posté par Kouak le 07/07/2012 à 19h52

Est-ce que le fait de pouvoir embarquer des systèmes sur frégate ne permettrait-il pas de sécuriser la flotte de surface avec un besoin plus grand de navire ? Ce n'est qu'une hypothèse de travail, mais une grande frégate peut être plus confortable pour travailler dans la durée et sur le théâtre d'opérations.

Pour le reste, il va falloir que j'épluche les documents de l'Armée de l'Air et du CESA.

Réponse de Le marquis de Seignelay le 07/07/2012 à 20h15

Confier tous les rôles à un nombre réduit de types de plate-forme est une abbération car elle conduit in fine à une réduction du nombre de plate forme en raison de l'explosion des couts et de la complexité de cette plate-forme.

Reprenons l'exemple de la frégate à qui l'on confie une fonction déminage. La frégate est devenue tellement complexe que le nombre de batiment a considérablement diminué ces dernières années. ce type de plate-forme coûte selon les pays de 400M€ à 1,5Md€ et n'est pas du tout adapté à la lutte contre les mines mais au combat ASM et AA. Pour la lutte contre les mines, il faut un navire spécialisé (un chasseur de mine tripartite coûte 100M€ pour un tonnage de 600t) et possédant une coque non magnétique. Ce navire doit pouvoir être considéré comme une perte acceptable car sa mission est très dangeureuse et doit être affecté à cette seule mission en raison de la durée d'une mission de déminage. Risquer une frégate pour une opération de déminage? Ce serait une erreure tactique effrayante car qui assurera la sécurité de cette frégate pendant ce temps? Une autre Frégate? Y en aura t-il vraiment une de siponible à ce moment là?

La lutte contre les mines requiert une plate-forme dédiée, et il est urgent de penser à remplacer nos CMT aujourd'hui (par un nouveau CMT catamaran de 600t en alluminium/composite?). Le besoin est d'autant plus urgent que les CMT sont en fin de vie, et que les menaces de blocage par champ de mine sont de plus en plus importantes (Iran dans le détroit d'Ormuz par exemple), et que les missions de déminage requiert un grand nombre de navires (même si ceux-ci disposent d'un grand nombre de drones autonomes).

On se rappel ainsi que durant la guerre du golf en 1991, la France fut responsable de cette mission et dut gérer une flotille d'une grosse dizaine d'unité pour arriver à bout de sa mission.

Bilan: à chaque type de navire sa mission: une frégate n'est pas un navire de lutte contre les mines, et les LCS Américains permettrons rapidement de s'en rendre compte.

Commentaire n°3 posté par Roland le 07/07/2012 à 20h35

Justement, les futurs navires du programme SLAMF mesureront dans la centaine de mètres de longueur pour 3000 tonnes de déplacement... Nous sommes loin du CMT, et je n'ai pas souvenir d'avoir lu que la coque comprendra des spécifications aussi particulières pour la démagnétisation que celles qui pèsent sur les CMT.

Qui plus, effectivement, comment protège-t-on aujourd'hui une division de trois CMT et leur navire de soutien ? L'avantage de la frégate anti menace sous-marine, c'est qu'elle offre la protection, le soutien, voir le commandement. Le travail ne serait pas le même car il n'y aurait pas fatalement de cordon entre les drones de surface anti-mines et la frégate, ce qui lui rendrait sa liberté de manoeuvre.

Il faut également inclure dans le calcul la suppression du besoin d'un navire de soutien.

Le LCS fait que, mais il ne possèdera pas un système aussi élaboré que sur le futur SLAMF. Et sur ce dernier, le plongeur-démineur perd beaucoup de place par rapport à aujourd'hui dans un CMT. C'est autant le retour aux BAMO que l'arrivée d'une robotisationa accrue du travail.

Réponse de Le marquis de Seignelay le 07/07/2012 à 20h43

Mais si la mission anti-mines est appelé à durer, cela veut dire divertir un navire aussi polyvalent (et donc précieux) qu'une frégate pour une mission faisable par un navire plus petit, moins cher, et plus nombreux.

Mais le concept de modules peut se montrer très utile, pour une intervention rapide ou un prépositionnement.

 

 

Commentaire n°4 posté par Kouak le 07/07/2012 à 20h57

Cela peut aussi se voir sous l'angle de l'utilisation d'un navire polyvalent et avec des armes et senseurs à longue portée qui lui donne une grande influence politique. Si jamais la frégate pouvait se déconnecter de son système anti-mines pour évoluer autour, alors cela pourrait renforcer l'influence et l'importance du dispositif.

J'ai du mal avec les modules, je suis plus sensible à la marsupialisation, comme cela est possible avec un hélicoptère ou un RHIB. Les machins avec les modules... tant que cela n'est pas facilement greffable au système de combat, je doute de la faisabilité.

Vous avez parfaitement raison de discuter de l'hypothèse suivie (frégate anti-menace-sous-marine) car je doute également de la pertinence du destroyer Arleigh Burke qui diminue drastiquement la taille de la flotte de surface...

Réponse de Le marquis de Seignelay le 08/07/2012 à 11h56

Les ondes radios traversant difficilement l'eau, un système sans fil peut aussi vouloir dire une portée limitée ou/et une qualité d'images amoindrie.

 

Comme le dit Roland, la mission de déminage demande du temps ou/et du nombre pour assurer un maillage serré et efficace. Avec des navires plus polyvalents, donc plus complexes et plus chers, il y a le risque d'avoir une baisse du nombre de coques. Aura-t-on assez de navires pour le déminage, l'escorte des grosses unités, la surveillance ou l'appui-feu terrestre ?

 

Alourdir les chasseurs pour les rendre plus endurants, et supprimer le navire de soutien, ne fait que déplacer un problème. Pour amoindrir le coût du navire de soutien, il y aussi la solution d'accoler un tel navire à un programme de navires logistiques, et faire de lui un navire tout aussi polyvalent qu'une frégate.

 

Même si le système SLAMF est basé sur des robots, n'y-a-t-il de stations de contrôle de tels engins à bord du navire utilisateur ?

Commentaire n°5 posté par Kouak le 08/07/2012 à 15h01

Tout dépendra de la manière dont les plateformes sont reliées entre elles : généralement les drones sont reliés par ondes radio (ou par liaison satellite pour les systèmes à grande portée) et les drones sous-marins ou assimilés par liaison filaire.

Si l'on devait raisonner de cette manière, alors il faudrait supposer que la suppression du chasseur de mines spécialisé s'accompagnerait par une flotte plus large de de frégates ASM. Cela ne fonctionne pas avec autant de frégates, sinon ce n'est même pas la peine d'envisager d'abandonner le porteur spécialisé : la polyvalence n'existe pas sans un effet de nombre.

Il faudrait pouvoir commander un navire logistique supplémentaire, de 30 000 tonnes, pour soutenir le groupe de guerre des mines. Je ne serais pas contre, mais je crains que Bercy disent non, non et non.

Il faudrait pouvoir demander à la DGA sur ce point là !

Réponse de Le marquis de Seignelay le 08/07/2012 à 20h36

La marsupialisation possède tout de même un défaut assez important : il suffit de détruire le porteur pour rendre le système inopérant ou en limiter drastiquement l'efficacité. Le problème est celui d'un système hierarchisé : un élément central, et des autres qui orbitent autour qui couvrent une surface plus importante, qui apportent de l'allonge, qui déportent effecteurs et capteurs, peuvent apporter un surnombre à un instant T (salve de missiles de croisières) etc.

Tout cela va dans le bon sens : si un "orbiteur" est touché ou mis hors de combat, un autre peut prendre sa place. Mais si le serveur est touché, c'est l'ensemble du système qui s'effondre. Dès lors, un adversaire potentiel aura vite compris l'intérêt de négliger les orbiteurs pour se concentrer sur la seule plate-forme qui est le maillon faible du dispositif.

Puisqu'on ne saurait, pour d'évidentes raisons, se passer du vaisseau mère (qu'il soit frégate, corvette, batiment de soutien ou porte avions) ; il faut en réduire la vulnérabilité soit : augmenter sa capacité défensive, sa capacité d'évolution, sa vitesse de déplacement, travailler en architecture distribuée, donner plus d'autonomie aux orbiteurs ; cela signifie autant complexifier sa relation aux autres que de simplifier sa propre conception.

C'est ce qui est arrivé aux tigres tamouls : dès que la marine indienne a su localiser et neutraliser les vaisseaux mères, la marine des rebelles tamouls a cessé de fonctionner. A quoi ça sert de courir après des vedettes alors qu'il suffit de quelques avions de patrouille maritime pour localiser les vaisseaux mères et d'une poignée de navires pour les neutraliser.

Transposé aux BPC, qui est un exemple parfait de marsupialisation -un pont plat construit aux normes civiles avec des orbiteurs navals -les EDAR- et aériens -des hélicos- ; s'il est neutralisé, le système s'effondre. La plate-forme étant notoirement sous armée d'où la volonté d'opérer sous la ligne d'horizon de l'adversaire ce qui est un pis aller temporaire pour que la techno-guerilla leur permet d'accéder à des drones pour une modique somme et de tirer une salve de missile navals depuis des containers civils.

Dès lors, il faut s'éloigner davantage et là on comprend que les plateformes occidentales sont océaniques par essence qu'il faut en eaux brunes les escorter ; les armer convenablement ou bien changer de paradigme.

Commentaire n°6 posté par steph le 08/07/2012 à 15h49

C'est ce que l'on disait il y a plusieurs semaines : le BPC ne s'insère que dans le cadre du groupe aéronaval lors d'une opération de moyenne intensité.

Vos remarques sont fort justes. Peut-on franchir les écrans d'un barrage ASM ou les différents rideaux d'un groupe aéronaval ? Forcément non, et c'est là que se teste toute la solidité, toute la cohérence de telles formations (c'est intéressant le porte-avions comme marsupiale). Il est de notoriété publique qu'il est malaisé de s'approcher d'un porte-avions américain avec des intentions hostiles. Mais comment conserve-t-on sa crédibilité quand un sous-marin classique chinois, réputé pour sa médiocre signature acoustique, fait surface à deux ou trois miles dudit porte-avions amércain ?

Mieux encore, et pour rejoindre vos remarques sur la solidité de la plateforme : il faut se rappeler l'incendie intervenu sur le porte-avions Clemenceau dans les années 60 ou 70. L'origine de l'incendie était une fausse surprise stratégique : un matelot qui ne voulait plus partir en mer avait mis le feu (accident classique, finalement). Le problème, c'est que ce cri de désespoir a atteint les installations des catapultes, et elles ont été indisponibles pendant plusieurs mois : le malheureux aurait pu être bon pour le peloton en temps de guerre pour avoir blessé de manière aussi chirurgicale le porte-avions (pire qu'un italien en caoutchouc et avec une torpille).

Il y a donc cette lourde mission à rendre cohérent un système marsupiale, et à choisir le bon degré de protection du porteur : je ne suis pas choqué par les normes de construction du BPC quand c'est pour orbiter dans le cadre d'une sorte de Sea Basing à la française. Mais c'est plus discutable quand le navire s'insère dans le cadre d'une opération littorale à la libyenne et qu'il ne dispose pas d'une défense terminale digne de ce nom. Alors, oui, les côtes ont été lourdement traitées : les risques sont mesurées, mais il faut pouvoir les mesurer et s'en protéger.



Réponse de Le marquis de Seignelay le 08/07/2012 à 21h07

Si une frégate peut certes s'escorter elle-même, il n'en reste pas moins que c'est un navire très luxueux pour une mission aussi "simple".

Qu'est qui est le plus efficace, et le moins cher, une ou deux frégates avec 5 chasseurs de mines et un navire de soutien où 5 frégates gréées en chasseurs de mines ?

 

Même à l'échelle du programme SLAMF, acquérir des navires plus gros mange littéralement le gain escompé avec le déport du système de recherche. Si l'on peut économiser sur les chasseurs eux-mêmes, autant en profiter pour, soit acquérir plus de coques (et donc augmenter, réélement nos capacités), soit acquérir un navire de soutien, au sein du programme SLAMF.

Commentaire n°7 posté par Kouak le 09/07/2012 à 23h12

S'il fallait déminer le détroit d'Ormuz, alors, et dans tous les cas de figure, il faudrait une escorte au groupe de guerre des mines. C'est là que l'affaire se complique sérieusement.

Si le navire porteur du SLAMF est moins ou aussi coûteux qu'un CMT pour un machin de 2 à 3000 tonnes (contre 600 pour un CMT) et que l'ensemble peut se passer d'un navire de soutien (autour de 150 millions d'euros les futurs PR anglais), alors le gain (budgétaire) reste sensible. S'il y a moins de contraintes qui pèse sur la coque alors elle peut être aisément alourdie et entraîner des capacités de projection supplémentaires du système.

Réponse de Le marquis de Seignelay le 11/07/2012 à 09h22

On en revient donc à l'utilité du nombre.

 

Mais un groupe de navires de 3000 tonnes peut-il être aussi endurant qu'un groupe de petits chasseurs, assistés par un navire de soutien ?

De plus, pour les missions en métropole, posséder des navires aussi lourds peut paraitre assez luxueux lorsque l'on chasse à proximité de la côte.

Commentaire n°8 posté par Kouak le 11/07/2012 à 13h46

Là, il faudrait trouver des exemples d'utilisation opérationnelle de chasseurs de mines océaniques : le programme BAMO ayant été annulé en France, je risque de sécher, et pourtant, cela doit exister. Il y a bien les nord-européens qui usent du chasseur de mines comme d'une frégate anti-sous-marine côtière.

Si ce sont les marsupiaux qui sont côtières, alors le porteur ne devrait pas gêner pour les opérations côtières.

Je ne crois pas que nous cherchions à maintenir 10 ou 13 chasseurs de mines côtier à l'avenir, en tout les cas, cela ne semble pas faire parti des plans de l'état-major de la marine actuelle. Nous partirions pour une "demi-douzaine" de SLAMF.

Réponse de Le marquis de Seignelay le 11/07/2012 à 17h58

Mis à part l'autonomie intrasèque d'un navire lourd, quel est l'intêret d'avoir un navire capable de tenir la haute mer durant une longue période ?

 

Même si le minage peut se faire en haute mer, il me semble plus efficace de miner détroits, ports, caps ou côtes. Et donc relative l'intêret d'un navire de haute mer.

Commentaire n°9 posté par Kouak le 11/07/2012 à 23h54

C'est tout l'intérêt de pouvoir le projeter longtemps et loin, ce qui nécessite du volume.

Il ne s'agit pas tant du lieu du minage, mais du lieu où s'effectue ce minage par rapport au port base des chasseurs de mines : le détroit d'Ormuz, en l'absence de groupe de guerre des mines prépositionné, c'est loin. Il faut soit des chasseurs de mines océaniques aptent à oeuvrer dans la durée, soit des chasseurs côtiers prépositionnés.

Réponse de Le marquis de Seignelay le 12/07/2012 à 02h10

Ou des navires suffisament gros pour assurer le transit, mais ravitaillés par un navire de soutien.

 

A propos de la taille du porteur, il y aussi le fait que le système SLAMF en lui-même soit imposant. Si 6 navires, avec chacun 2 systèmes, sont commandés, alors ô joie ! nous conservons le volume présent. Ce qui serait une bonne surprise.

Néanmoins, cette robotisation à outrance, avec son drone mère, qui porte des drones et eux-mêmes portent des drones, est complexe...pour ne pas dire compliquée. En plus, il y a la place de l'autonomie dans le choix des zones à inspecter avec le sonar et l'investigation des echos suspects. Aussi perfectionné que soit un drone, je doute de son expertise face un démineur expérimenté.

A se demander si un navire porte-drones (sonar et d'investigation) ne serait pas plus simple et efficace.

Commentaire n°10 posté par Kouak le 12/07/2012 à 14h21

Père de l'aéronavale française ?

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/b/ba/Clement_ader%2C_1891.jpg© Wikipédia. Clément Ader en 1891.

 

"Donc, un bateau porte-avions devient indispensable.

 

Ces navires seront construits sur des plans bien différents de ceux utilisés actuellement. D'abord, le pont sera dégagé de tout obstacle : plat, le plus large possible, sans nuire aux lignes nautiques de la carène, il présentera l'aspect d'une aire d'atterrissage.


Le remisage des avions devrait être aménagé nécessairement sous le pont. On aura accès dans cet entrepont par un monte-charge assez long et large pour recevoir un avion les ailes repliées... A côté devra être l'atelier des avionneurs chargés de réparer les avaries et d'entretenir les avions toujours prêts à s'envoler".

Clément Ader, 1895, cité par l'Amiral Barjot dans son ouvrage "Vers la Marine de l'âge atomique" (1955).

Le premier porte-avions français est le Béarn : il entretra en service en 1928, et il sera le seul de sa classe de cuirassés (cinq au total) à être converti en porte-avions.

La Maritimisation et la France

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   Commande et construction de deux nouveaux porte-avions dans les années 2030 ?


 

Marine. Une stratégie payante.


«Jean-Yves Le Drian, a clairement réaffirmé que «le renforcement des capacités de la Marine nationale serait poursuivi (...) comme un choix politique et stratégique prioritaire». Un membre important de la Commission du Livre blanc sur la défense et la sécurité traduit: «C'est le bilan politique le plus important d'Euronaval qui anticipe les arbitrages budgétaires du prochain Livre blanc

 

« La même source qui requiert l'anonymat précise que, «rompant avec les quinze dernières années, la Marine nationale ne sera plus la variable d'ajustement des autres armées».

 

« Au résultat, le naval de défense dispose aujourd'hui d'un carnet de commandes plus important que tous les prospects de l'aéronautique militaire. Il s'agit, par conséquent, d'un véritable moteur des exportations françaises. »

 

« Plusieurs des grands exposants d'Euronaval se félicitent que «notre Marine ait pu rattraper efficacement le retard qu'elle accusait sur les autres armées en matière de communication car elle est aujourd'hui barrée par un chef d'état-major hors du commun».

 

Article d'Etienne Pelot, le Télégramme, publié le 3 novembre 2012.


 

Et si la Marine pouvait défendre la croissance ?


"Mondialisation oblige, des millions de conteneurs voyagent chaque année sur les mers du globe. Evidemment, ces flux ne cessent de progresser. Si les océans sont des routes de premier choix, ils regorgent également de ressources… de plus en plus recherchées. Réserves d’hydrocarbures dans les sous-sols marins, présence de terres rares, lieu d’installation des éoliennes offshore et des hydroliennes… «Les océans deviennent un objet de convoitise», affirme le sénateur (PS) Jeanny Lorgeoux.

 

A tel point que les Etats se livrent une «véritable guérilla juridique» pour étendre leurs zones maritimes. Après avoir conquis les terres, l’homme cherche à s’approprier la mer. Où il parvient déjà à se sédentariser: plus de 700 plateformes sont aujourd’hui en service dans les océans du monde, et des milliers de salariés y travaillent.

 

[...]

 

D’où la nécessité, selon les sénateurs, de se doter d’une Marine nationale forte. Et c’est là que le bât blesse. Car si le budget de la Défense connaît des coupes, celui de la Marine est particulièrement malmené.

«Ça fait quinze ans que la Marine sert de variable d’ajustement au budget de la Défense. Tout simplement parce que les armées de Terre et de l’Air sont bien plus organisées en termes de lobbies parlementaires», explique un membre de la rédaction du site spécialisé Espritcors@ire.

 

En tout cas, le budget des marines européennes diminue chaque année de 1%, alors qu’entre 2011 et 2016, le budget naval de la Russie devrait augmenter de 35% et celui de la Chine, de 57%".

 

Article de Céline Boff, publié dans "20 minutes", le 12 juillet 2012.

 

 

 

Bibliographie et articles :


Future LPM: situation de la Marine

 

http://i.imgur.com/poKeY.jpg

 

Le ministre a également confirmé le discours très engagé sur la place du fait maritime dans le futur Livre Blanc, qu’il avait tenu le mois dernier aux Universités d’été de la Défense, à Brest, lors du lancement de la frégate Aquitaine :

« L’enjeu maritime est celui qui sera au cœur des années à venir. Après un 20è siècle de conflits continentaux, les nouveaux conflits et menaces viendront de la mer. La souveraineté passe par la mer. Il est impératif de prendre en compte cette donne. Et c’est ce que j’attends du Livre Blanc. » Lorient, jeudi 18 octobre 2012 (par Mer et Marine).

 

Le ministre de la Défense a confirmé, décalé ou infirmé les programmes suivants intéressant la Marine dans le cadre de la future loi de programmation militaire (LPM) :

Dissuasion :

Dans son ensemble, les deux composantes de la dissuasion nucléaire nationale sont préservées. C'est un engagement du Président de la République.

Dans le hors-série du "Marin" consacré au salon Euronaval, il est possible d'apprendre, à travers une interview du PDG de DCNS,  Patrick Boissier, que les SNLE de troisième génération seraient en cours de définition, voire d'études.
Le "M-6" serait lui aussi sur les rails puisque son développement dépend de deux dynamiques :

  • l'avenir de la fusée Ariane (future version VI ou Ariiane V MLE ?),
  • du lancement d'un programme d'études amont comme l'Exoguard en complément ou en substitution au programme Ariane VI.

 

Flotte de surface :

 

Lutte anti-sous-marine :

 

Fonction Garde-Côtes :

 

Bibliographie :

  • "L'avenir des forces nucléaires françaises"
    Rapport d'information fait au nom de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées (Sénat) par MM. Didier BOULAUD, Xavier PINTAT, co-présidents, Jean-Pierre CHEVÈNEMENT, Mmes Michelle DEMESSINE, Josette DURRIEU, MM. Jacques GAUTIER, Alain GOURNAC, Gérard LARCHER et Bernard PIRAS, 12 juillet 2012.

  • "L'avenir du groupe aéronaval : la nécessité d'un second porte-avions"
    Rapport d'information fait au nom de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées (Sénat) par André Boyer, 25 mai 2000.

  • "Le mode de propulsion du second porte-avions"
    Rapport d'information fait au nom de la commission de la défense nationale et des forces armées (Assemblée nationale) par Mme Patricia ADAM, M. Charles COVA,Mme Marguerite LAMOUR et M. Jérôme RIVIÈRE, 5 novembre 2003.
  • "Aéronautique navale : missions et vocations de l'Aviation navale"
    Rapport d'information fait au nom de la commission de la défense nationale et des forces armées (Assemblée nationale) par Jean-Yves Le Drian, 10 octobre 2011.

  • "L'aéronautique navale, les ailes de la mer"
    Actes du colloque - "L'Aéronautique navale, facteur de puissance en mer au service de la sécurité et de la défense" - qui s'est tenu le 10 juin 2009, transposés dans ce bulletin d'études Marine édité par le Centre d'Etudes Supérieures de la Marine (CESM), 2010.

  • "Action de l'Etat en Mer, une garde-côtes à la française ?"
    Rapport d'information fait au nom de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées (Sénat) par André BOYER et Jean-Guy BRANGER, juin 2005.

  • "Action de l'Etat en Mer"
    Rapport d'information fait au nom de la commission de la défense nationale et des forces armées (Assemblée nationale) par Mme Patricia Adam et M. Philippe Vitel, 7 février 2012.

  • "Le maintien en condition opérartionnelle de la Flotte"
    Rapport d'information fait au nom de la commission des Finances (Sénat) par M. Yves de Fréville, 22 juin 2005.

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