Partager l'article ! La dissuasion franco-britannique : ce n'est pas pour tout de suite: Crédit : Marine nationale. Je ne vous ...
Le Fauteuil de Colbert
Crédit : Marine nationale.
Je ne vous ai jamais caché le fait que je suis partisan d'une mutualisation matérielle des dissuasions nucléaires anglaise et française. Je prétends qu'il serait bien moins coûteux de faire un
programme mutuel en vue de produire une classe commune de SNLE, à la manière de la construction des SNA américains qui se fait entre deux chantiers rivaux, plutôt que de faire vaisseaux noirs à
part.
Au moment des traités du 2 novembre 2010, il a pu semblé que ce rapprochement matériel allait prendre corps puisque les têtes britanniques (de conception américaine a priori, ou a posteriori car
l'entreprise en ayant la charge est sous contrôle capitalistique étasunien depuis peu) devraient être entretenues par la France, grâce à son programme de simulation (dont le laser
mégajoules).
Au vu des finances de l'échiquier anglais, le programme de renouvellement de la dissuasion aurait dû être la conclusion de cette ouverture... au pragmatisme. Eh bien, il en sera peut être rien du
tout :
" Le gouvernement britannique va annoncer cette semaine sa décision d’équiper ses futurs sous-marins nucléaires lanceurs d’engins de réacteurs plus sûrs, et plus couteux. Cette décision devrait provoquer des tensions au sein de la coalition au pouvoir en Grande-Bretagne.
La décision avait été retardée de plusieurs mois en raison des divergences d’opinion au sein de la coalition et des inquiétudes sur le cout. Les Libéro-Démocrates souhaitaient éviter toute avancée sur cette question, puisque le programme du parti indiquait qu’il s’opposerait au remplacement “à l’identique” de la dissuasion nucléaire du pays.
Une source a cependant indiqué qu’une décision avait été prise entre les partenaires de la coalition, en faveur des réacteurs nucléaires plus sûrs, et plus couteux, et que la décision ne serait pas retardée plus longtemps.
Cette décision devrait augmenter de plusieurs milliards £ le prix du programme qui s’élève déjà à 20 milliards (22,95 milliards €), mais les nouveaux réacteurs sont considérés comme plus sûrs. La
source a indiqué : « Tout a été accepté et l’annonce sera faite cette semaine. Rien ne plait aux Libéro-Démocrates dans ce domaine, mais ils ont signé. Donc cela va se faire. »
Le Portail des sous-marins, 15 mai 2011.
Donc, les anglais semblent vouloir concevoir leurs futurs réacteurs en "solo" (ce qui veut peut être dire acheter le modèle destiné à l'US Navy). J'en tire cette conclusion à la lecture de ces
lignes en raison de l'absence d'une référence à un projet franco-anglais.
Il y aura bien peu à mettre en commun avec la France si jamais telle en était la volonté. Ne parlons même pas des missiles stratégiques.
Alors, prendre peur d'une dissuasion commune, c'était aller un peu vite en besogne : les anglais sont incapables de franchir le pas du rapprochement matériel, alors que les français réclament ces
modèles communs de sous-marins nucléaires (SNA et SNLE) depuis au moins le début des années 90 !
La vraie surprise, c'est qu'on soupçonnait plutôt qu'ils allaient retourner leur veste suivant les soubressauts des finances et de l'économie. Manifestement, il n'en serait rien puisque ce n'est
même pas le budget qui guiderait la stratégie anglaise.
Qu'est-ce qui guide la stratégie anglaise ? Vaste question à laquelle on trouvera très peu de réponses. Par contre, force est de constater que cette stratégie conduit à un immobilisme : on ne
peut sortir victorieux d'une situation stratégique avec des demi-stratégies qui ne se complètent pas mais s'opposent. Ce que je veux dire, c'est que Londres entretient les special
relationships avec les Etats-Unissans en tirer tout les bénéficies : la moins coûteuse des dissuasions, c'est une intégration complète à Washington. Ce serait trop à supporter pour la
souveraineté du parlement anglais ? Alors il faut s'allier aux français pour garder un semblant de pouvoir national. Le problème, c'est qu'à vouloir gagner sur tout les tableaux, on en gagne
aucun : les anglais ne pourront pas concevoir des SNLE sans connaître le diamètre des futurs missiles américains... ce qui n'arrivera que bien
trop tard. Il faudrait donc :
La balle est dans le camp anglais, pour économier des crédits (on parle d'un programme de 23 milliards d'euros... qui approchera certainement les 30 milliards en réalité vu le programme français), et accessoirement sauver la Royal Navy de sa décadence : il faudra faire bien plus. Pis, quand on suit la chronique des déboires du HMS Astute, on ne peut que se demander si l'Angleterre sait encore construire un sous-marin...
© Wikipédia. Clément Ader en 1891.
"Donc, un bateau porte-avions devient indispensable.
Ces navires seront construits sur des plans bien différents de ceux utilisés actuellement. D'abord, le pont sera dégagé de tout obstacle : plat, le plus large possible, sans nuire aux lignes nautiques de la carène, il présentera l'aspect d'une aire d'atterrissage.
Le remisage des avions devrait être aménagé nécessairement sous le pont. On aura accès dans cet entrepont par un monte-charge assez long et large pour recevoir un avion les ailes repliées...
A côté devra être l'atelier des avionneurs chargés de réparer les avaries et d'entretenir les avions toujours prêts à s'envoler".
Clément Ader, 1895, cité par l'Amiral Barjot dans son ouvrage "Vers la Marine de l'âge atomique" (1955).
Le premier porte-avions français est le Béarn : il entretra en service en 1928, et il sera le seul de sa classe de cuirassés (cinq au total) à être converti en porte-avions.
Commande et construction de deux nouveaux porte-avions dans les années 2030 ?
Marine. Une stratégie payante.
«Jean-Yves Le Drian, a clairement réaffirmé que «le renforcement des capacités de la Marine nationale serait poursuivi (...) comme un choix politique et stratégique prioritaire». Un membre important de la Commission du Livre blanc sur la défense et la sécurité traduit: «C'est le bilan politique le plus important d'Euronaval qui anticipe les arbitrages budgétaires du prochain Livre blanc.»
« La même source qui requiert l'anonymat précise que, «rompant avec les quinze dernières années, la Marine nationale ne sera plus la variable d'ajustement des autres armées».
« Au résultat, le naval de défense dispose aujourd'hui d'un carnet de commandes plus important que tous les prospects de l'aéronautique militaire. Il s'agit, par conséquent, d'un véritable moteur des exportations françaises. »
« Plusieurs des grands exposants d'Euronaval se félicitent que «notre Marine ait pu rattraper efficacement le retard qu'elle accusait sur les autres armées en matière de communication car elle est aujourd'hui barrée par un chef d'état-major hors du commun».
Article d'Etienne Pelot, le Télégramme, publié le 3 novembre 2012.
Et si la Marine pouvait défendre la croissance ?
"Mondialisation oblige, des millions de conteneurs voyagent chaque année sur les mers du globe. Evidemment, ces flux ne cessent de progresser. Si les océans sont des routes de premier choix, ils regorgent également de ressources… de plus en plus recherchées. Réserves d’hydrocarbures dans les sous-sols marins, présence de terres rares, lieu d’installation des éoliennes offshore et des hydroliennes… «Les océans deviennent un objet de convoitise», affirme le sénateur (PS) Jeanny Lorgeoux.
A tel point que les Etats se livrent une «véritable guérilla juridique» pour étendre leurs zones maritimes. Après avoir conquis les terres, l’homme cherche à s’approprier la mer. Où il parvient déjà à se sédentariser: plus de 700 plateformes sont aujourd’hui en service dans les océans du monde, et des milliers de salariés y travaillent.
[...]
D’où la nécessité, selon les sénateurs, de se doter d’une Marine nationale forte. Et c’est là que le bât blesse. Car si le budget de la
Défense connaît des coupes, celui de la Marine est particulièrement malmené.
«Ça fait quinze ans que la Marine sert de variable d’ajustement au budget de la Défense. Tout simplement parce que les armées de Terre et de l’Air sont bien plus organisées en termes de
lobbies parlementaires», explique un membre de la rédaction du site spécialisé Espritcors@ire.
En tout cas, le budget des marines européennes diminue chaque année de 1%, alors qu’entre 2011 et 2016, le budget naval de la Russie devrait augmenter de 35% et celui de la Chine, de 57%".
Article de Céline Boff, publié dans "20 minutes", le 12 juillet 2012.
Bibliographie et articles :
Le ministre a également confirmé le discours très engagé sur la place
du fait maritime dans le futur Livre Blanc, qu’il avait tenu le mois dernier aux Universités d’été de la Défense, à Brest, lors du lancement de la frégate Aquitaine :
« L’enjeu maritime est celui qui sera au cœur des années à venir. Après un 20è siècle de conflits continentaux, les nouveaux conflits et menaces viendront
de la mer. La souveraineté passe par la mer. Il est impératif de prendre en compte cette donne. Et c’est ce que j’attends du Livre Blanc. » Lorient, jeudi 18 octobre 2012 (par Mer et Marine).
Le ministre de la Défense a confirmé, décalé ou infirmé les programmes suivants intéressant la Marine dans le cadre de la future loi de programmation militaire (LPM)
:
Dissuasion :
Dans son ensemble, les deux composantes de la dissuasion nucléaire nationale sont préservées. C'est un engagement du Président de la République.
Dans le hors-série du "Marin" consacré au salon Euronaval, il est possible d'apprendre, à travers une interview du PDG de DCNS, Patrick Boissier, que les SNLE de troisième génération
seraient en cours de définition, voire d'études.
Le "M-6" serait lui aussi sur les rails puisque son développement dépend de deux dynamiques :
Flotte de surface :
Lutte anti-sous-marine :
Fonction Garde-Côtes :
Bibliographie :
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