Partager l'article ! L'Arsenal Gear, le futur des forces sous-marines nucléaires ?: Crédit : inconnu. Sous-marin Arsenal Gear aperçu dans le jeu vidéo ...
Le Fauteuil de Colbert
Crédit : inconnu. Sous-marin Arsenal Gear aperçu dans le jeu vidéo Metal Gear Solid 2 : Sons of Liberty.
Le propos est bien particulier dans ce billet puisqu'il s'agit de montrer qu'un jeu vidéo a fait de la prospective stratégique. Il s'agit de la célèbre saga Metal Gear Solid (Wikipédia en relate bien l'histoire). L'intérêt de ce jeu, en ce qui nous concerne, est double puisqu'il est à la fois :
Je ne vous dévoile pas tout le décor du jeux, mais sachez que vous évoluez entre menaces non-étatiques, SMP et forces armées dans une fiction qui n'a strictement rien à envier à Tom Clancy (pour
l'avoir lu).
Dans le volet Sons of Liberty de la série, le héros, Solid Snake, infiltre un sous-marin géant qui est le lieu d'action finale de cet acte de la série. Le navire mesurerait dans les 600
mètres. Point de réalisme, mais il faut bien donner l'impression au joueur d'affronter un titan. Non, ce qui est véritablement intéressant, c'est la source du pouvoir du titan. Dans les autres
opus de la saga, hormis le quatrième (Guns of Patriots), il est toujours question de détruire un robot susceptible de destabiliser l'ordre international : le Metal Gear, char
bipède amphibie capable de lancer une arme nucléaire tactique grâce à un canon (ce qui enduit une mobilité exceptionnelle et des tirs furtifs non-détectables par système ABM !). L'arme tombe
souvent aux mains de mouvements terroristes (le problème de la prolifération est omniprésent dans la série : de la sécurité collective ?). Tandis que, pour en revenir à notre sous-marin,
l'Arsenal Gear n'a aucune capacité de tir nucléaire. Son pouvoir, c'est l'information. Le navire capte les flux d'informations, les retraite à la convenance du mouvement qui a en
possession le navire.
Revenons à la réalité. Avons-nous un outils comparable ? Dans la finalité dantesque (modeler l'information) je répondrais que non, et heureusement. Cependant, nous approchons de la mise en
service de navires de la même essence. Le Jimmy Carter est un SNA de la classe Seawolf qui est entré en flotte à la place d'un précédent navire (je perds le nom) dont le rôle
était le même : les missions spéciales sous-marines (écoutent des câbles sous-marins, etc...). Le navire sous-marin se fait espion, et plus encore, il entre dans les réseaux ennemis. Mais ce
n'est pas tout puisque le Vice-Amiral Richardson,
commandant des forces sous-marins américaines évoquent une avancée stratégique supplémentaire :
"Dans le même temps, de plus en plus de pays, et de groupes, auront accès à des armes à longue portée, parce que la technologie
devient moins chère, a expliqué l’amiral Richardson, et ils utiliseront de plus en plus Internet pour essayer de s’attaquer aux intérêts américains.
[...] Et l’amiral Richardson a indiqué que la force sous-marine commençait à se préparer au combat sur Internet.
Plus de 300 sous-mariniers ont changé de travail pour devenir spécialistes des systèmes d’information, une nouvelle fonction à bord des sous-marins pour des experts des réseaux et de la
sureté informatique.
Les sous-marins seront nécessaires pour la lutte dans le cyber-espace, et pour s’assurer que l’armée peut atteindre les endroits où l’ennemi cherche à interdire aux bâtiments de surface et
aux avions d’aller, a expliqué l’amiral Richardson".
Le cyberespace s'impose. Non pas à cause de la Guerre en Libye, mais plutôt à la suite du rôle des Etats-Unis pendant la crise égyptienne où il semblerait que l'US Air Force ait pu
rétablir de force le réseau internet pour que les réseaux sociaux puissent continuer à fonctionner.
De la prospective d'un auteur de jeu vidéo passionné (Hideo Kojima, très francophile -et inconnu de notre Etat, c'est cela aussi la
francophonie) à la réalité, il n'y a parfois qu'un pas. Dans le jeu comme dans la réalité, il est question que le sous-marin soit véritablement une base qui agisse sur le cours des choses depuis
les profondeurs de la mer. La Guerre en Libye nous a encore offert la démonstration de l'intérêt du SNA pour surveiller la terre grâce à ses
senseurs. Mais à l'avenir, il n'est plus seulement question de surveiller la "surface" de l'environnement terrestre, mais il est bien question de s'infiltrer en son sein grâce au réseau. Ce qui
nécessite d'en forcer l'entrée, d'une quelconque manière.
L'idée de base est plus que pertinente puisqu'elle n'est pas nouvelle. De plus en plus, les sous-marins, et non plus les seuls SNA (bien que la propulsion nucléaire soit la seule à offrir,
actuellement, l'endurance de feu la Marine à voiles), deviennent des bases mobiles de projection de puissance. Il faut véritablement parler de prolifération puisqu'il est désormais très rare
qu'un Etat se dotant de sous-marins ou renouvelant sa sous-marinade n'exige pas la possibilité de mettre en oeuvre des commandos et des missiles de croisière (sachant que même les missiles navals
se font "de croisière" dorénavant, à l'image de l'Exocet block III). Le paroxysme de ce concept de base mobile sous-marine est la refonte de quatre SNLE de classe Ohio de l'US
Navy en SSGN. Refonte opportune mais impressionnante : 154 missiles de croisières et 66 commandos-marines. Un navire amplement suffisant pour déstabiliser un adversaire (la première vague de
missiles de croisière contre la Libye aurait concerné le tir de 100 à 110 MdCN). A titre de comparaison un SNA de la classe Seawolf embarque 50 armes à son bord, dont des MdCN (contre 20 armes
sur un Suffen).
Autre manière pour le sous-marin d'interargir avec son environnement stratégique : l'espace. Il est bien connu que les SNA russes ont procédé à la mise en orbite de satellites via des missiles
balistiques déclassés. La pratique est "courante" en Russie. En France, il aurait été question de faire de même avec des missiles M-45, mais depuis le centre d'essai des Landes.
Sinon, dans la même veine d'interaction entre les unités navales et l'espace, le Rafale pourra bientôt mettre en orbitre des micro-satellites. Un réseau
de micro-satellites pourrait remplacer à terme des drones ou des satellites pour une "grande opération" (comme la Libye). Ce qui revient à redonner de l'autonomie à nos forces. Quid du sous-marin
? Un SNA suffisamment imposant pourrait participer à l'interaction avec l'espace en lançant des micro-satellites. Le moyen le plus aisé serait d'intégrer la solution de lancement par missile
balistique dans le navire : solution éprouvée sur le plan opérationnel. Il serait question de mettre en orbite des micro-satellites puisque, peut être un jour, fabriqués en série et bien moins
coûteux à emporter (stocker à bord ou à embarquer via une de nos bases de notre archipel : un micro-satellite se déplace aisémment par avions) qu'un gros satellite. Il s'agirait de mettre en
place des moyens d'observations spatiaux au besoin. Ce qui peut permettre de soutenir des opérations très diverses : du ciblage à la surveillance.
Le sous-marin s'insère donc dans plusieurs interfaces :
Pour ainsi dire, le sous-marin (nucléaire) agira à l'avenir dans tout les milieux. Base mobile et discrète par excellente, il pourra projeter la puissance d'un (des rares) Etats (dotés de SNA
mais le clubs s'élargit) à travers le monde. Il serait même le navire par excellence pour permettrer l'entrée sur un théâtre ou pour les opérations spéciales.
Ces quelques considérations expliqueraient pourquoi bien des SNA gagnent en tonnage : les Virginia, les Astute, les Suffren et les Iassen (mais ils remplacent les Oscar). Si le
SNA doit pouvoir agir dans toutes ces interfaces, alors il ne pourra que ressembler de près ou de loin à un SSGN : un croiseur sous-marin. Lance-missiles, mais pas seulement. A plusieurs
reprises, pour diminuer le coût des sous-marins nucléaires et prendre acte de la diminution du besoin de dissuasion "massive", il a été question de créer un mix entre le SNA et le SNLE. Voir de
moduler la dissuasion au point de l'emporter autant sur MdCN que missiles balistiques. Finalement, l'évolution des missions des forces sous-marines justifierait à elle seule cette fusion des deux
genres. L'embarquement de commandos a nécessité des aménagement et de la place dans les SNA. L'embarquement de moyens de lutte dans le cyberespace et dans l'espace nécessitera la même
évolution.
La France doit-elle s'inspirer de ces évolutions pour le programme du Futur Moyen Océanique de Dissuasion (FMOD) ? La question est à poser puisque c'est notre seule chance de prendre le train en
marche puisque le programme Suffren est dans sa phase de réalisation. Il est peut être possible d'agrandir les Suffren par une section de coque supplémentaire. Mais si l'on en juge avec quelle
force le cyberespace s'est imposé à nous en si peu de temps, nous pourrions regretter
amèrement de ne pas prévoir le volume nécessaire dans les vaisseaux noirs pour y participer.
« Cela va devenir de plus en plus complexe, » a déclaré la semaine dernière l’amiral Richardson. « Je ne vois pas à l’horizon une simplification de l’environnement de sécurité. »
P.S. : ce blog fête son premier anniversaire ce 7 novembre.
© Wikipédia. Clément Ader en 1891.
"Donc, un bateau porte-avions devient indispensable.
Ces navires seront construits sur des plans bien différents de ceux utilisés actuellement. D'abord, le pont sera dégagé de tout obstacle : plat, le plus large possible, sans nuire aux lignes nautiques de la carène, il présentera l'aspect d'une aire d'atterrissage.
Le remisage des avions devrait être aménagé nécessairement sous le pont. On aura accès dans cet entrepont par un monte-charge assez long et large pour recevoir un avion les ailes repliées...
A côté devra être l'atelier des avionneurs chargés de réparer les avaries et d'entretenir les avions toujours prêts à s'envoler".
Clément Ader, 1895, cité par l'Amiral Barjot dans son ouvrage "Vers la Marine de l'âge atomique" (1955).
Le premier porte-avions français est le Béarn : il entretra en service en 1928, et il sera le seul de sa classe de cuirassés (cinq au total) à être converti en porte-avions.
Commande et construction de deux nouveaux porte-avions dans les années 2030 ?
Marine. Une stratégie payante.
«Jean-Yves Le Drian, a clairement réaffirmé que «le renforcement des capacités de la Marine nationale serait poursuivi (...) comme un choix politique et stratégique prioritaire». Un membre important de la Commission du Livre blanc sur la défense et la sécurité traduit: «C'est le bilan politique le plus important d'Euronaval qui anticipe les arbitrages budgétaires du prochain Livre blanc.»
« La même source qui requiert l'anonymat précise que, «rompant avec les quinze dernières années, la Marine nationale ne sera plus la variable d'ajustement des autres armées».
« Au résultat, le naval de défense dispose aujourd'hui d'un carnet de commandes plus important que tous les prospects de l'aéronautique militaire. Il s'agit, par conséquent, d'un véritable moteur des exportations françaises. »
« Plusieurs des grands exposants d'Euronaval se félicitent que «notre Marine ait pu rattraper efficacement le retard qu'elle accusait sur les autres armées en matière de communication car elle est aujourd'hui barrée par un chef d'état-major hors du commun».
Article d'Etienne Pelot, le Télégramme, publié le 3 novembre 2012.
Et si la Marine pouvait défendre la croissance ?
"Mondialisation oblige, des millions de conteneurs voyagent chaque année sur les mers du globe. Evidemment, ces flux ne cessent de progresser. Si les océans sont des routes de premier choix, ils regorgent également de ressources… de plus en plus recherchées. Réserves d’hydrocarbures dans les sous-sols marins, présence de terres rares, lieu d’installation des éoliennes offshore et des hydroliennes… «Les océans deviennent un objet de convoitise», affirme le sénateur (PS) Jeanny Lorgeoux.
A tel point que les Etats se livrent une «véritable guérilla juridique» pour étendre leurs zones maritimes. Après avoir conquis les terres, l’homme cherche à s’approprier la mer. Où il parvient déjà à se sédentariser: plus de 700 plateformes sont aujourd’hui en service dans les océans du monde, et des milliers de salariés y travaillent.
[...]
D’où la nécessité, selon les sénateurs, de se doter d’une Marine nationale forte. Et c’est là que le bât blesse. Car si le budget de la
Défense connaît des coupes, celui de la Marine est particulièrement malmené.
«Ça fait quinze ans que la Marine sert de variable d’ajustement au budget de la Défense. Tout simplement parce que les armées de Terre et de l’Air sont bien plus organisées en termes de
lobbies parlementaires», explique un membre de la rédaction du site spécialisé Espritcors@ire.
En tout cas, le budget des marines européennes diminue chaque année de 1%, alors qu’entre 2011 et 2016, le budget naval de la Russie devrait augmenter de 35% et celui de la Chine, de 57%".
Article de Céline Boff, publié dans "20 minutes", le 12 juillet 2012.
Bibliographie et articles :
Le ministre a également confirmé le discours très engagé sur la place
du fait maritime dans le futur Livre Blanc, qu’il avait tenu le mois dernier aux Universités d’été de la Défense, à Brest, lors du lancement de la frégate Aquitaine :
« L’enjeu maritime est celui qui sera au cœur des années à venir. Après un 20è siècle de conflits continentaux, les nouveaux conflits et menaces viendront
de la mer. La souveraineté passe par la mer. Il est impératif de prendre en compte cette donne. Et c’est ce que j’attends du Livre Blanc. » Lorient, jeudi 18 octobre 2012 (par Mer et Marine).
Le ministre de la Défense a confirmé, décalé ou infirmé les programmes suivants intéressant la Marine dans le cadre de la future loi de programmation militaire (LPM)
:
Dissuasion :
Dans son ensemble, les deux composantes de la dissuasion nucléaire nationale sont préservées. C'est un engagement du Président de la République.
Dans le hors-série du "Marin" consacré au salon Euronaval, il est possible d'apprendre, à travers une interview du PDG de DCNS, Patrick Boissier, que les SNLE de troisième génération
seraient en cours de définition, voire d'études.
Le "M-6" serait lui aussi sur les rails puisque son développement dépend de deux dynamiques :
Flotte de surface :
Lutte anti-sous-marine :
Fonction Garde-Côtes :
Bibliographie :
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