Partager l'article ! Esthétique de la puissance navale : et si les avisos A69 avaient été "modernisés" ?: Si les navires sont la stricte représentatio ...
Le Fauteuil de Colbert
Si les navires sont la stricte représentation matérielle d'une pensée navale -et quelque soit le degré d'élaboration de celle-ci-, cela implique qu'ils représentent leur Etat. Le "prestige" représenté par ces coques de bois ou d'acier est lié à de très nombreux facteurs : le degré de sophistication de l'ingénierie nécessaire à leur construction, la qualité ou le nombre des armements embarqués, la taille du navire, la puissance effective que le navire de combat déplace, etc...
Parfois, et comme souvent sous d'autres cieux, il suffit de changer l'habillage pour regarder autrement un navire. C'est-à-dire qu'il peut suffire de modifier l'apparence, totalement ou à la marge, pour conférer au flotteur une impression de modernité. La modification des superstructures peut parfois modifier l'impression de puissance dégager par un navire, bien plus que ses armements.
Bien plus en arrière, il avait ainsi été esquissé une autre refonte pour les cuirassés des classes Courbet et Provence dans un précédent billet. Cette refonte, proposée par un stratège en chambre et ingénieur de sa chambrée, consistait à être plus ambitieux sur la modification des superstructures afin de copier "l'esprit" de celles des Dunkerque et Strasbourg, mais surtout de celles des Richelieu (même si les Richelieu et Jean Bart sont construit bien plus tardivement). L'objectif est que les cuirassés obsolètes dégagent à nouveau une impression de modernité et de puissance. La chose est utile quand elle est maniée avec habilité dans le cadre d'une diplomatie navale savamment mise en oeuvre. En outre, l'installation des tourelles de 380mm aurait conféré une valeur dissuasive supérieure aux cinq navires de ligne. Le choix de ce calibre se justifier dans l'argumentation émise par l'Amiral Darrieus. Celui-ci privilégiait la portée à la cadence de tir. Au final, nos cinq cuirassés hors-d'âge, et obsolètes, auraient présentés quelques caractères de modernité, alors qu'il aurait été plus utile de les désarmer dans leur réel état historique.
Revenons-en aux avisos A69. 17 de ces navires furent construit, et huit d'entre-eux ont été vendus à la Turquie autour de l'an 2000. Premièrement, ces navires semblent avoir été d'un coût très modique, alors qu'ils ont été d'une très grande utilité. Deuxièmement, en 2000, si Ankara rachète ces huit avisos, alors qu'ils ont d'ores et déjà une trentaine années de service, c'est qu'il existait un certain potentiel... mais pour un MCO de quel prix ?
Imaginons un "what if" : et si à la fin des années 80, le choix avait été fait de conserver ces 17 navires, et de les moderniser afin de les emmener jusqu'au début des années 2000, époque de leur remplacement ?
Il aurait été question de les "moderniser". L'objectif aurait été d'en tirer des navires polyvalent qui, dans le cadre d'un groupe naval constitué, aurait plutôt servi à décupler la force de frappe d'un grand navire de combat. En dehors de ces phases de de constitution en escadres, les avisos A69 modernisés auraient servi aux traditionnelles missions de l'Action de l'Etat en Mer.
Première chose à coriger, les tubes lance-torpilles sont débarqués afin de dégager la plage arrière. L'espace gagné doit servir à une véritable zone d'appontage pour voilure tournante, et
surtout, un hangar permanent en lieu et place des tubes lance-torpilles est construit. Le défaut majeur des avisos seraient ainsi corrigés
Les rails de lancement pour les missiles Exocet seront désormais placés sur le toit du nouvel hangar aéronautique.
En lieu et place des deux actuels bossoirs, et de l'espace compris entre ces deux installations, la modernisation consistera à installer 32 lanceurs Sylver A43 pour missiles à lancement vertical.
Ce sont les mêmes silos qui doivent équiper le futur Charles de Gaulle, encore en construction. Il serait question de lancer plusieurs études afin que les Exocet, Milas (équivalent italien du
MALAFON) et Crotale puissent être lancés depuis ces installations.
A la fin des années 90, les avisos pourront recevoir des Aster 15. Ces missiles issus du programme FSAF sont conçus en coopération avec l'Italie. A
terme, ils doivent équiper le Charles de Gaulle dans ce qui deviendra le système SAAM. Ce dernier est constitué d'un radar ARABEL, le senseur, et d'Aster 15, les effecteurs. L'état-major de la
Marine n'a pas encore tranché entre l'installation d'un tel radar à bord des avisos, ce qui leur donnerait un rayonnement nouveau et appréciable, ou d'une liaison tactique. Cette dernière offre
l'avantage de permettre à un navire équipé des senseurs adéquats de pouvoir renseigner les missiles des avisos, dépourvus de ces mêmes senseurs.
Ainsi, en s'équipant du missiles ASM italiens, les navires n'auraient pas perdu toute leur spécialité ASM. La conservation des tubes lance-torpilles fixes aurait été préférable. Mais vu qu'une
partie des installations de stockage des torpilles ont été conservées (en les regroupant avec les anciens volumes dédiés au lance-roquettes ASM), et que celles-ci se trouvent sous le hangar
aéronautique, alors c'est la voilure tournante qui se chargera dorénavant de délivrer la munition anti-sous-marine. Cela justifie amplement l'emport de torpilles légères pour voilure tournante,
plutôt que des anciennes torpilles lourdes L3 et L5.
L'installation d'une flute pour compléter le sonar avait été envisagée. Cependant, l'opération a été jugée trop ambitieuse en considération de la durée de vie espérée et restante pour ces
navires, et alors que la menace sous-marine se détend depuis l'effondrement du mur de Berlin.
Les différentes antennes des avisos auraient été regroupées en deux mâts principaux. A ce sujet, ces superstructures auraient directement bénéficié des études lancées pour les futures frégates
légères furtives. Cependant, elles seront plus ramassées, plus basses sur les avisos car ceux-ci ont d'ores et déjà quelques problèmes de stabilité par mauvais temps. L'opération est l'occasion
d'installer un système Crotale complet à bord des navires.
Enfin, l'ensemble des structures hors d'eau des avisos sont redessinées grâce aux études réalisées pour la première frégate légère furtive : la frégate LaFayette. Désormais, les avisos partageront un faux-air de ressemblance, et de furtivité, avec ces navires récents grâce à leurs lignes très dépouillées et épurées. Les nouveaux bossoirs sont mêmes cachés, à l'instar des nouvelles frégates, dans des alcôves bâchées, en lieu et place des anciens rails de lancement des Exocet près de la cheminée. Les navires ne sont pas devenus furtifs, mais plus discrets.
Au début des années 90, les avisos A69 auraient été tous conservés dans la Royale afin d'être modernisés selon les "canons" imposés par les frégates LaFayette. Il n'est pas question d'évoquer leur refonte en navire furtif. Mais de leur donner une telle apparence. In fine, en tout et pour tout, ils auraient continués à mettre en oeuvre des moyens ASM basiques (sonar de coque) mais renforcés par un hélicoptère dédié à cette mission (ce qui pourrait largement compenser la perte des tubes lance-torpilles fixes). En outre, à moins que les études sur les lancement verticaux des Exocet et Crotale puissent aboutir dans cette simulation, les 17 avisos auraient continués à mettre en oeuvre le célèbre missile rase-mer depuis le toit du hangar aéronautique. La dernière arme est l'irremplaçable pièce de 100mm.
Les avisos modernisés n'auraient eu que la furtivité et l'autonomie supérieure des LaFayette à envier. Sinon, pour le reste, ils n'auraient pas été moins pourvus que ces nouvelles frégates en terme d'armements.
C'est-à-dire que cette refonte aurait permis de donner l'illusion de la modernité à 17 navires. Ils auraient bénéficié du "prestige" engendré par la construction des LaFayette. Ces frégates
étaient tellement considérés comme moderne, qu'elles apparurent même dans un épisode de la saga James Bond ! Nos LaFayette ont véhiculé cette image de modernité car elles étaient les premiers
navires réellement furtifs à entrer en service opérationnel. Comme pour les cuirassés d'antan, il s'agit de tirer la couverture de la modernité des constructions récentes aux plus anciennes, qui
atteignent à peine la moitié de leur vie utile.
La "modernité" d'une Marine repose pour beaucoup sur l'apparence de ses navires.
L'image véhiculée par la Marine nationale lors des escales n'auraient pas été la même, à coup sûr. Les navires à l'apparence furtive étaient rares dans les années 90. Les avisos n'auraient pas
été regardés de la même manière. La diplomatie navale n'est pas la même avec des navires à l'apparence moderne -même si le plus important est d'avoir suffisamment de navires.
La France aurait eu 25 frégates de second rang jusqu'au début des années 2000. La situation aurait été plus belle... Et elle aurait du être plus belle puisque : un sixième LaFayette devait être
construite (et peut être que d'autres étaient imaginées), et il n'était pas question de tronquer le programme FREMM qui prend vraiment forme au tout début des années 2000.
Il n'est pas tellement question de savoir si la refonte, la "modernisation" ainsi proposée est viable, peu importe, finalement. Mais de considérer l'espace d'un instant que l'esthétique de la puissance navale a considérablement évolué avant et après, alors que, les armements sont et resteront les mêmes, que le rayonnement politique du navire est et restera le même avant et après la modernisation.
Le navire ainsi dessiné à main levé dans cette très, très rapide étude ressemble trait pour trait à "l'Aviso NG" qui a pu être évoqué dans les commentaires sur ce blog. Une frégate de second rang qui sert, essentiellement, à démultiplier l'horizon et la force d'un grand navire de combat (porte-avions, frégates ASM et AA), tout en étant relié à lui par diverses liaisons (L11 et L16) pour la mise en oeuvre d'armes que l'aviso ne peut lui-même lancer. En dehors de ces périodes de combat, les avisos NG ne serviraient qu'aux missions de l'Action de l'Etat en Mer.
L'Aviso NG a l'avantage du nombre, et de la puissance quand il s'insère dans un réseau. La frégate de second rang a peut être de l'avenir.
Pour aller plus loin sur les avisos A69 -ou classe d'Estienne d'Orves-, vous pouvez lire "Les Avisos A69" de Jean Moulin et Patrick Maurand, publié chez Marines
Editions :
Les avisos type A69, entrés en service dans la Marine nationale entre 1976 et 1986, sont de sympathiques petits bâtiments adaptés à presque
toutes les missions : surveillance des approches maritimes des côtes françaises, chasse aux pirates en océan Indien, protection des sous-marins nucléaires lanceurs d’engins aux abords de la rade
de Brest…Huit des dix-sept unités de la série ont déjà été désarmées entre 1997 et 2002, mais les neuf derniers avisos, reclassés patrouilleurs de haute mer en 2009, doivent rester en service
jusqu’aux environs de 2020. Ce livre accompagnera donc encore longtemps les faits d’armes de la classe A69…
Jean Moulin : né en 1944, Jean Moulin se passionne depuis près de 50 ans pour l'histoire de la marine au XXe siècle. Auteur de nombreux livres considérés comme des références, récompensé par l'Académie de Marine, il collabore également à des revues d'histoire maritime ainsi qu'à Flotte de combat.
Patrick Maurand : civil mais passionné, Patrick Maurand s'est constitué au fil du temps une collection unique de documents et de photos sur la Marine nationale. Il est le
coauteur, avec Jean Moulin, de livres sur les transports de chalands et de débarquement et les pétrolier-ravitailleurs parus chez Marine éditions.
© Wikipédia. Clément Ader en 1891.
"Donc, un bateau porte-avions devient indispensable.
Ces navires seront construits sur des plans bien différents de ceux utilisés actuellement. D'abord, le pont sera dégagé de tout obstacle : plat, le plus large possible, sans nuire aux lignes nautiques de la carène, il présentera l'aspect d'une aire d'atterrissage.
Le remisage des avions devrait être aménagé nécessairement sous le pont. On aura accès dans cet entrepont par un monte-charge assez long et large pour recevoir un avion les ailes repliées...
A côté devra être l'atelier des avionneurs chargés de réparer les avaries et d'entretenir les avions toujours prêts à s'envoler".
Clément Ader, 1895, cité par l'Amiral Barjot dans son ouvrage "Vers la Marine de l'âge atomique" (1955).
Le premier porte-avions français est le Béarn : il entretra en service en 1928, et il sera le seul de sa classe de cuirassés (cinq au total) à être converti en porte-avions.
Commande et construction de deux nouveaux porte-avions dans les années 2030 ?
Marine. Une stratégie payante.
«Jean-Yves Le Drian, a clairement réaffirmé que «le renforcement des capacités de la Marine nationale serait poursuivi (...) comme un choix politique et stratégique prioritaire». Un membre important de la Commission du Livre blanc sur la défense et la sécurité traduit: «C'est le bilan politique le plus important d'Euronaval qui anticipe les arbitrages budgétaires du prochain Livre blanc.»
« La même source qui requiert l'anonymat précise que, «rompant avec les quinze dernières années, la Marine nationale ne sera plus la variable d'ajustement des autres armées».
« Au résultat, le naval de défense dispose aujourd'hui d'un carnet de commandes plus important que tous les prospects de l'aéronautique militaire. Il s'agit, par conséquent, d'un véritable moteur des exportations françaises. »
« Plusieurs des grands exposants d'Euronaval se félicitent que «notre Marine ait pu rattraper efficacement le retard qu'elle accusait sur les autres armées en matière de communication car elle est aujourd'hui barrée par un chef d'état-major hors du commun».
Article d'Etienne Pelot, le Télégramme, publié le 3 novembre 2012.
Et si la Marine pouvait défendre la croissance ?
"Mondialisation oblige, des millions de conteneurs voyagent chaque année sur les mers du globe. Evidemment, ces flux ne cessent de progresser. Si les océans sont des routes de premier choix, ils regorgent également de ressources… de plus en plus recherchées. Réserves d’hydrocarbures dans les sous-sols marins, présence de terres rares, lieu d’installation des éoliennes offshore et des hydroliennes… «Les océans deviennent un objet de convoitise», affirme le sénateur (PS) Jeanny Lorgeoux.
A tel point que les Etats se livrent une «véritable guérilla juridique» pour étendre leurs zones maritimes. Après avoir conquis les terres, l’homme cherche à s’approprier la mer. Où il parvient déjà à se sédentariser: plus de 700 plateformes sont aujourd’hui en service dans les océans du monde, et des milliers de salariés y travaillent.
[...]
D’où la nécessité, selon les sénateurs, de se doter d’une Marine nationale forte. Et c’est là que le bât blesse. Car si le budget de la
Défense connaît des coupes, celui de la Marine est particulièrement malmené.
«Ça fait quinze ans que la Marine sert de variable d’ajustement au budget de la Défense. Tout simplement parce que les armées de Terre et de l’Air sont bien plus organisées en termes de
lobbies parlementaires», explique un membre de la rédaction du site spécialisé Espritcors@ire.
En tout cas, le budget des marines européennes diminue chaque année de 1%, alors qu’entre 2011 et 2016, le budget naval de la Russie devrait augmenter de 35% et celui de la Chine, de 57%".
Article de Céline Boff, publié dans "20 minutes", le 12 juillet 2012.
Bibliographie et articles :
Le ministre a également confirmé le discours très engagé sur la place
du fait maritime dans le futur Livre Blanc, qu’il avait tenu le mois dernier aux Universités d’été de la Défense, à Brest, lors du lancement de la frégate Aquitaine :
« L’enjeu maritime est celui qui sera au cœur des années à venir. Après un 20è siècle de conflits continentaux, les nouveaux conflits et menaces viendront
de la mer. La souveraineté passe par la mer. Il est impératif de prendre en compte cette donne. Et c’est ce que j’attends du Livre Blanc. » Lorient, jeudi 18 octobre 2012 (par Mer et Marine).
Le ministre de la Défense a confirmé, décalé ou infirmé les programmes suivants intéressant la Marine dans le cadre de la future loi de programmation militaire (LPM)
:
Dissuasion :
Dans son ensemble, les deux composantes de la dissuasion nucléaire nationale sont préservées. C'est un engagement du Président de la République.
Dans le hors-série du "Marin" consacré au salon Euronaval, il est possible d'apprendre, à travers une interview du PDG de DCNS, Patrick Boissier, que les SNLE de troisième génération
seraient en cours de définition, voire d'études.
Le "M-6" serait lui aussi sur les rails puisque son développement dépend de deux dynamiques :
Flotte de surface :
Lutte anti-sous-marine :
Fonction Garde-Côtes :
Bibliographie :
Une estimation du cout de cette refonte? :)
Parce que si l'on ajoute le cout de la refonte des espaces de vies, les systemes de com, autant partir sur une nouvelle classe de batiment ;)
La viabilité financière et économique n'était pas l'objectif, mais, oui, elle devrait être normalement estimée. Il faudrait certaine évoquer plusieurs dizaine de millions de francs par navire.
La Marine serait bien partie sur de nouvelles classes de navires, mais le législateur et l'exécutif l'ont voulu autrement. L'avantage de la refonte, c'est qu'elle peut permettre de gagner du temps entre deux modèles à moindre coût.
Le probleme de la refonte comme vous l'envisagez, c'est que cette derniere peut au final couter plus cher qu'une nouvelle classe de batiment. Notamment sur les A-69, pour lesquels il faudrait aussi revoir la tenue a la mer (voire au quai diront certains...).
Cependant, l'idee est interessante. Bien que je doute de l'interet de disposer d'une telle puissance de feu pour faire de l'AEM, concept bien fourre-tout que nous essayons d'exporter sans meme arriver a en comprendre nous meme les tenants... Attention, je ne dis pas qu'il ne faut pas deployer des batiments bien equipes pour faire de l'AEM (et la, je prend deja peur avec le programme BATSIMAR, qui risque d'etre d'un comique sans fin lorsqu'il sera question de l'integrer a des forces multinationales), mais quelque chose d'equivalent a nos FS (modernisee, avec de la L-11 par exemple) - voire a nos FLF - qui finalement remplacerait a merveille nos FS...
Effectivement, très bonne remarque, c'est pour cela que j'ai rarement été pour les refontes.
J'aimerais bien y inclure de quoi stabiliser le navire mieux que cela... mais la refonte va exploser. Cela me rappelle qu'il serait intéressant d'évaluer l'utilité de ces moyens de stabilisation.
C'est toute la problématique d'imaginer une "frégate de second rang" pour épauler les grands navires de combat durant les grandes opérations, et qui puissent servir au haut du spectre des missions de l'AEM. En bas du spectre, il faudrait une frégate économique, à la manière des Floréal. Pour BATSIMAR, il faudrait savoir placer le curseur des besoins entre les deux types de frégates.
Puis-je me permettre de rappeler ici à vos lecteurs le livre de Jean Moulin et Patrick Maurand paru en 2011 chez Marines Éditions : « Avisos A69 » ? (http://www.marines-editions.fr/avisos-a69,fr,4,30853.cfm) Bravo pour vos réflexions.
Mais quel plaisir de voire Marines Editions ici-même ! J'ai l'un de vos dépliants qui présent tout vos ouvrages : il y a de quoi faire sa liste au père noël !
Si vous aviez une sorte de "plaquette de présentation" de l'ouvrage, je pourrais l'inclure en bas de l'article avec plaisir.
Merci du compliment !
Volontiers. Où puis-je vous l’envoyer ?
J'ai recopié la présentation de l'ouvrage au bas de l'article. Je vous envoie mon courriel sur votre adresse.
Il semble que je n'arrive pas à vous contacter par l'adresse électronique que vous avez reseignée. Donc, si cela est bel et bien le cas, veuillez me contacter via le formulaire de mise en contact du blog.
Le fait d'aborder la refont des navires militaires est intéressante. En effet, ces navires sont conçus pour servir durant 25 à 30ans, alors que les systèmes d'armes ont une durée de vie moitié moindre.
Cependant, la refonte des avisos paraît bien tardive. En effet, ces navires ne vont plus servir que 6 à 8ans. en revanche, au lieu de réduire leur armement, il aurait fallut tout faire pour le préserver.
Cependant, moderniser un avisos avec une plate-forme hélicoptère assorti d'un hangar est ambitieux et je doute que la coque soit conçu pour supporter cela. De plus, la coque des avisos est sous-dimensionnée pour recevoir un lanceur de type Sylver. Il est donc exclu d'y embarquer le système d'arme associé, système qui nécessiterai un apport en énergie trop important. Il faut aussi se rappeler que ces avisos ont été conçu pour la lutte ASM en zone côtière.
En revanche, lancer le remplacement de ces avisos par une vingtaines de corvettes construites sous des normes militaires (type "combattante" ou "gowind") de 80-90m permettrait d'avoir un rajeunissement rapide de la flotte, ces 20 navires pouvant être construits en 6-8ans.
Armé avec une vingtaines de missiles anti-aérien Mica VL, 8 Exocet block III, 12 torpilles MU90, 1 canon de 76mm et 2 de 20mm, ces navires pourraient accueillir un hélicoptère de 6t et avoir une vitesse pouvant atteindre 45 noeuds.
Leur mission serait l'escorte et la surveillance en milieu hostile. Leur endurance leur permet de rester longtemps à la mer, et ils complèteraient utilement les FREMM, peut nombreuses et plus onéreuses. Pour la lutte contre la piraterie, 2 de ces corvettes seraient plus efficaces qu'une seule FREMM
A la fin des années 90, il était possible de compter sur dix ans de service, plus les quelques années de prolongation. Les 9 derniers avisos sont toujours là.
Je n'ambitionnais pas d'embarquer autre chose que les lanceurs Sylver A43, sauf pour le Crotale, ce qui fait un armement en plus. A part le retrait des torpilles lourdes, et leur remplacement par des torpilles légères, rien ne change du côté des armes.
Je ne suis pas sûr que l'Adroit ait été construit aux normes militaires.
de fait, l'Adroit a été construit selon des normes civiles, contrairement à la gamme de corvettes "Combattante". Cela montre bien, d'ailleur, que pour rogner sur les finances, l'état est prêt à entammer les qualités militaires d'un navire. Cela peut se révéler assez dramatique en opération de guerre.
Ah, attention, c'est DCNS qui a fait ce choix. Et le navire ne doit participer qu'à des missions relevant de l'Action de l'Etat en Mer. A voir s'il est toujours question de normes civiles sur la Gowind Action.
Si l'usage d'un navire aux normes civiles dans des missions de police de mer, y compris la lutte anti-piraterie, montre que c'est une solution viable autant en profiter pour créer une classe de patrouilleurs abordables et en nombre.
Dans cette optique, je plaide depuis quelques années (bon, deux ou trois à tout casser) pour l'UT527 de Rolls-Royce Marine (entreprise anglaise qui ne vend que les plans). C'est un gros patrouilleur, avec un radier, 12 hommes pour conduire un flotteur de 2 ou 3000 tonnes, de la place pour des passages, une plateforme pour hélicoptère (mais pas de hangar -ça se corrige), construit aux normes civiles, et une grue. De quoi coupler les programmes BMM, BSAH et BATSIMAR en une seule et grande classe de patrouilleurs hauturiers.
Et là, il est vraiment possible de viser 30 ou 34 navires car le coût à la construction et à l'utilisation ne sera pas du tout le même avec tout ce qui a été mis en service...
Il faudrait aussi en tirer une version plus virile. Avec canon de 30 ou 57mm et quelques silos verticaux pour des Mistral ou des Mica LV.
D'ailleurs, un Miva LV pourrait être vachement utile pour remplacer l'Aster 15, et concentrer les commandes sur l'Aster 30.
C'était justement l'objet d'un long commentaire de Midship :
http://lefauteuildecolbert.over-blog.fr/article-batsimar-bis-et-bsah-l-ut-527-une-objection-monseigneur-par-midship-64547819.html
Il proposait, grosso modo, je résume très rapidement, une version plus musclée pour donner dans la dissuasion conventionnelle. Pour ma part, je réfléchis ces derniers temps à l'adaptation du concept du patrouilleur chinois Type 22 Houbei. Par exemple, sur ce navire, il y a des bossoirs où il est possible d'embarquer des caissons de missiles anti-navire. Ce qui fait que sans le caisson c'est un patrouilleur, avec le caisson c'est un patrouilleur lance-missiles. Cela permettrait d'avoir de la "modularité" sur tout les patrouilleurs hauturiers, sans avoir à tous les armer autant.
Justement, c'est le "problème" de l'Aster 15 qui est à cheval entre le missile SATCP et SACP.
Les silos verticaux ont l'avantage d'embarquer n'importe quel missile. Anti-navire, anti sous marin, anti-aérien, surface-terre, de croisière...
On pourrait profiter de la précense de la grue du concept de Rolls-Royce, pour dispenser le fait d'aller dans un port pour s'équiper de tels silos. En temps normal, une telle place pourrait servir à des conteneurs généraux ou même du carburant.
Tiens, je ne connais pas du tout ce concept de Rolls-Royce. Vous auriez un lien svp ?
C'est simplement une hypothgèse que je lance ^^
Imbriquer un bloc pour silos verticaux avec un hangar hélico ne doit pas être hors de portée.
Vous voulez-dire avoir une "sorte de LRU/LRM marin" avec des emplacements à caissons à missiles le long des hangars aéronautiques ?