Partager l'article ! Crise iranienne : vers la pause pour l'année 2012 ?: Crédit : inconnu. Missile balistique israélien Jéricho III en phase propulsé ...
Le Fauteuil de Colbert
Crédit : inconnu. Missile balistique israélien Jéricho III en phase propulsée.
Le renseignement américain se dit prudent au sujet
du programme nucléaire iranien : "en décembre 2007, les 16 agences de renseignement américaines indiquèrent, dans un document appelé « National Intelligence Estimate » (NIE), fruit d’un
consensus de leurs estimations respectives, que le régime iranien avait gelé son programme nucléaire militaire depuis quatre ans et que, techniquement, il n’était pas en mesure de fabriquer une
bombe avant 2010-2015".
L'échéance de la construction d'une éventuelle bombe iranienne serait repoussée à après 2012, au moins. Ainsi que le dit l'analyse (qui est le fruit de 16 agences étasuniennes -qui peuvent
lamentablement se planter...), il n'est pas certain que le régime iranien ait pris la décision de construire une ou des armes nucléaires. D'autres analystes, plus européens, proposent que l'Iran
cherche simplement à entretenir l'incertitude stratégique sur ses capacités, comme le propose également les agences de renseignement américaine : "c’est d’ailleurs ce qu’a avancé James
Clapper, le directeur du renseignement américain, lors d’une audition devant une commission du Sénat, en janvier dernier. Selon lui, l’Iran se donnerait les moyens de fabriquer une arme nucléaire sans pour autant avoir pris la
décision, pour le moment, de passer à l’étape supérieure".
Il y aurait donc deux visions, dès lors, qui s'affronteraient et qui rythmeraient l'évolution de ce dossier :
Les autres débats portent sur l'éventuelle efficacité d'une campagne aérienne : peut-elle atteindre tout les sites et les "détruire" ? Peut-elle décapiter le programme et l'empêcher de redémarrer
via les conséquences des destructions ? Que faire des citoyens iraniens (et étrangers) maîtrisant le savoir-faire nécessaire aux programmes nucléaires, fussent-ils civils ? Il va sans dire qu'il
est difficilement imaginable que la seule armée de l'air israélienne suffise pour une campagne d'une telle ampleur puisque ses bases de départ sont relativement éloignées. Vincent Heiffling
(Chroniques Persanes) dressait un portail éclairant le 3 novembre 2011 : "en dépit de ces
deux difficultés majeures - le nombre et la distance des objectifs - et malgré le système défensif anti-aérien iranien, Israël dispose, sur papier du moins, de la capacité de frapper l'Iran et de
le frapper durement.
Israël trouverait des alliés de circonstances dans la région à travers, notamment, l'Arabie Saoudite car Ryad ne souhaite pas que son rival chiite accède à l'atome militaire. En effet, il serait
difficile pour le pays de ne pas se lancer dans la course : les garanties américaines d'assistance seraient-elles suffisantes dans pareil situation ? La Turquie et l'Algérie (qui se sent quelque
peu encerclée, et les achats d'armements semblent s'accélérer) seraient dans la même situation, de même que la France vis-à-vis des Emirats Arabes Unis. Ce dernier Etat négocierait l'installation
d'un radar anti-missile balistique français sur son sol (à moins que la négocation soit dans le sens inverse), et l'accord conclu entre les deux Etats pour l'implantation de la base française sur
le sol émirati contiendrait un parapluie nucléaire français.
Les Etats-Unis feraient miroiter une aide militaire à Tel Haviv via la présence régulière de deux groupes aéronavals américains de part et d'autre du détroit d'Ormuz, avec une pointe à trois
groupes pendant les périodes de relève (il a été très, très rare d'assister au regroupement de quatre porte-avions américains depuis 1945), et également via un possible exercice de défense
anti-missile balistique. Ce dernier a été annulé il y a quelques temps, Washington semblant vouloir garder la main sur la décision d'une éventuelle attaque. Cela n'aurait pas empêché l'Etat
hébreu de proclamer par la suite que la décision finale lui revenait, même si les américains ne s'engageaint pas. Israël envisagerait l'utilisation de ses missiles balistiques contre l'Iran. Bien
que cet Etat pourrait ne pas y recourrir, il serait difficilement d'imaginable que Téhéran n'use pas de ses propres missiles balistiques (ce qui pose la question cruciale de la précision finale
de ces engins) pour contourner la supériorité aérienne d'Israël, aidé ou non par les Etats-Unis.
Néanmoins, après plusieurs semaines d'une crise aigüe -qui a commencé à la publication du rapport de l'AIEA de fin 2011 sur les activités nucléaires iraniennes et qui s'est étendue jusque aux
sanctions européennes de fin janvier 2012-, il semblerait que nous nous dirigerions vers une pause.
Téhéran est sous embargo économique renforcé, et l'une des principales faiblesses de l'économie iranienne est son incapacité à produire ses besoins d'or noir raffiné. Dans la Triade (Etats-Unis,
Europe et Asie du Sud-Est), les cours de l'or noir pèsent sur la reprise éconopmique. Tout les grands pays producteurs de pétrole, ou presque, ont vu leur production perturber ou diminuer à cause
des évènements qui succédèrent au 11 septembre 2001 à ceux liés aux "printemps arabes". La péninsule arabique est "volontaire" pour faire varier sa production afin de soutenir la demande. Mais
les prix sont à la hausse, et les marges de manoeuvre sont très minces à la vue de ce qui se passe en Libye, en Irak, au Nigéria ou au large de la Corne de l'Afrique (transports plus longs, plus
coûteux). Une éventuelle attaque, ou un simple incident qui conduirait à un semblant de choc pétrolier. Ce genre d'évènement peut être tout à fait dévastateur pendant une année électorale.
La pause serait crainte par les israéliens car le renoncement américain à une attaque avant les élections présidentielles de l'autonome signifierait aucune attaque pour l'année 2012. Qui plus,
afin d'obtenir les meilleurs conditions de guidage des munitions (souci crucial pour atteindre des sites souterrains), une campagne aérienne serait bien plus "efficace" pendant les mois
ensoleillés de l'année. Toutefois, il se dit deux choses : la première, c'est que cette préparation à l'attaque servirait les desseins du chef du gouvernement israélien (motivation électorale
radicalement opposée à d'autres). La seconde, c'est que Tel Aviv mimerait le comportement annonciateur d'une attaque : silence dans les rangs officiels à propos de frappes contre l'Iran. C'est ce
qui s'était produit avant l'attaque d'Osirak (1981) et l'attaque contre le réacteur syrien s'est réalisée dans un silence assourdissant (2007).
Les américains continuent à prévoir les conséquences des frappes (gouverner, c'est prévoir), comme en témoigne le réarmement d'un ancien TCD comme navire soutien à un groupe de guerre des mines. Le gouvernement anglais semble aussi prévoir, en témoigne le stationnement en mer d'Arabie de chasseurs de mines de sa majesté : "ainsi, quatre bâtiments spécialisés sont présents dans la région depuis 5 ans [...] Ces chasseurs de mines seraient notamment employés si, d'aventure, l'Iran décidait de bloquer le détroit d'Ormuz, une menace que Téhéran a de nouveau proféré ces dernières semaines". Les chasseurs de mines français ne sont pas présents : est-ce du fait de l'absence de navire de soutien propre au groupe de guerre des mines ? Mais, à quoi sert la base française aux émirats, alors ? Le passage du CVN-72 avait donné lieu à un grand moment de rivalité franco-anglaise puisque les anglais se sont dit "humiliés" (des special relationship ?) d'avoir eu à demander l'autorisation de se joindre au groupe, alors que les raisons de la jonction du La Motte-Picquet avec l'Abraham Lincoln demeurent encore floue.
A l'heure actuelle, il semblerait que l'attaque ne soit pas du tout prioritaire pour Washington, qui table sur des progrès iraniens finalement assez lents : il resterait encore du temps et pour l'attaque, et pour le blocus. Le facteur risque, c'est l'attitude du gouvernement israélien, finalement. Pour contenir celui-ci, Etats-Unis et Europe ont accru les sanctions économiques et financières contre Téhéran, situation qui ne peut que tendre le régime (bien que les blocus, historiquement, poussent aussi à l'innovation industrielle et à la redistribution des flux du pays bloqué : voir les exemples français (blocus continental) et allemands (première et deuxième guerre mondiale).
© Wikipédia. Clément Ader en 1891.
"Donc, un bateau porte-avions devient indispensable.
Ces navires seront construits sur des plans bien différents de ceux utilisés actuellement. D'abord, le pont sera dégagé de tout obstacle : plat, le plus large possible, sans nuire aux lignes nautiques de la carène, il présentera l'aspect d'une aire d'atterrissage.
Le remisage des avions devrait être aménagé nécessairement sous le pont. On aura accès dans cet entrepont par un monte-charge assez long et large pour recevoir un avion les ailes repliées...
A côté devra être l'atelier des avionneurs chargés de réparer les avaries et d'entretenir les avions toujours prêts à s'envoler".
Clément Ader, 1895, cité par l'Amiral Barjot dans son ouvrage "Vers la Marine de l'âge atomique" (1955).
Le premier porte-avions français est le Béarn : il entretra en service en 1928, et il sera le seul de sa classe de cuirassés (cinq au total) à être converti en porte-avions.
Commande et construction de deux nouveaux porte-avions dans les années 2030 ?
Marine. Une stratégie payante.
«Jean-Yves Le Drian, a clairement réaffirmé que «le renforcement des capacités de la Marine nationale serait poursuivi (...) comme un choix politique et stratégique prioritaire». Un membre important de la Commission du Livre blanc sur la défense et la sécurité traduit: «C'est le bilan politique le plus important d'Euronaval qui anticipe les arbitrages budgétaires du prochain Livre blanc.»
« La même source qui requiert l'anonymat précise que, «rompant avec les quinze dernières années, la Marine nationale ne sera plus la variable d'ajustement des autres armées».
« Au résultat, le naval de défense dispose aujourd'hui d'un carnet de commandes plus important que tous les prospects de l'aéronautique militaire. Il s'agit, par conséquent, d'un véritable moteur des exportations françaises. »
« Plusieurs des grands exposants d'Euronaval se félicitent que «notre Marine ait pu rattraper efficacement le retard qu'elle accusait sur les autres armées en matière de communication car elle est aujourd'hui barrée par un chef d'état-major hors du commun».
Article d'Etienne Pelot, le Télégramme, publié le 3 novembre 2012.
Et si la Marine pouvait défendre la croissance ?
"Mondialisation oblige, des millions de conteneurs voyagent chaque année sur les mers du globe. Evidemment, ces flux ne cessent de progresser. Si les océans sont des routes de premier choix, ils regorgent également de ressources… de plus en plus recherchées. Réserves d’hydrocarbures dans les sous-sols marins, présence de terres rares, lieu d’installation des éoliennes offshore et des hydroliennes… «Les océans deviennent un objet de convoitise», affirme le sénateur (PS) Jeanny Lorgeoux.
A tel point que les Etats se livrent une «véritable guérilla juridique» pour étendre leurs zones maritimes. Après avoir conquis les terres, l’homme cherche à s’approprier la mer. Où il parvient déjà à se sédentariser: plus de 700 plateformes sont aujourd’hui en service dans les océans du monde, et des milliers de salariés y travaillent.
[...]
D’où la nécessité, selon les sénateurs, de se doter d’une Marine nationale forte. Et c’est là que le bât blesse. Car si le budget de la
Défense connaît des coupes, celui de la Marine est particulièrement malmené.
«Ça fait quinze ans que la Marine sert de variable d’ajustement au budget de la Défense. Tout simplement parce que les armées de Terre et de l’Air sont bien plus organisées en termes de
lobbies parlementaires», explique un membre de la rédaction du site spécialisé Espritcors@ire.
En tout cas, le budget des marines européennes diminue chaque année de 1%, alors qu’entre 2011 et 2016, le budget naval de la Russie devrait augmenter de 35% et celui de la Chine, de 57%".
Article de Céline Boff, publié dans "20 minutes", le 12 juillet 2012.
Bibliographie et articles :
Le ministre a également confirmé le discours très engagé sur la place
du fait maritime dans le futur Livre Blanc, qu’il avait tenu le mois dernier aux Universités d’été de la Défense, à Brest, lors du lancement de la frégate Aquitaine :
« L’enjeu maritime est celui qui sera au cœur des années à venir. Après un 20è siècle de conflits continentaux, les nouveaux conflits et menaces viendront
de la mer. La souveraineté passe par la mer. Il est impératif de prendre en compte cette donne. Et c’est ce que j’attends du Livre Blanc. » Lorient, jeudi 18 octobre 2012 (par Mer et Marine).
Le ministre de la Défense a confirmé, décalé ou infirmé les programmes suivants intéressant la Marine dans le cadre de la future loi de programmation militaire (LPM)
:
Dissuasion :
Dans son ensemble, les deux composantes de la dissuasion nucléaire nationale sont préservées. C'est un engagement du Président de la République.
Dans le hors-série du "Marin" consacré au salon Euronaval, il est possible d'apprendre, à travers une interview du PDG de DCNS, Patrick Boissier, que les SNLE de troisième génération
seraient en cours de définition, voire d'études.
Le "M-6" serait lui aussi sur les rails puisque son développement dépend de deux dynamiques :
Flotte de surface :
Lutte anti-sous-marine :
Fonction Garde-Côtes :
Bibliographie :
Derniers Commentaires