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Samedi 29 janvier 2011 6 29 /01 /Jan /2011 06:00

Crédit : DCNS.



Nous n'avons plus les moyens d'innover lourdement dans la "hight technology" en ce début de XXIe siècle. Paradoxalement, nous avons une certaine capacité d'innovation dans le "low cost technology" grâce aux frégates Floréal ou au patrouilleur Adroit, notamment.

La guerre de demain, c'est peut être la capacité à entretenir une marine sur le long terme. Il n'y pas de perspective purement guérrière en vue, donc le rôle politique des Flottes prime avant tout, et pour cela il faut des navires en nombre. Cependant, une grande avancée technologique navale a, par symétrie, une grande répercussion politique à travers le monde.

Il y a plusieurs choses à dire concernant le "concept ship" de DCNS. Il faut relever que c'est un concept ship, et contrairement à l'USS  Zumwalt (éventuel nouveau Dreadnought1) il ne sera pas produit, donc la France ne cherche pas ou ne conçoit pas que cette nouvelle architecture navale soit indispensable pour la marine de demain. Tout du moins... nous n'avons bien sûr pas les moyens actuellement de lancer un nouveau Gloire2 ! De l'intérêt de bien gérer ses finances sur le long terme...


http://cache.gizmodo.com/assets/resources/2007/09/OversizeJPGLarge_latestReleased_bae_cimg_uxv_combatatnt_conc_OversizeJPGLarge.jpg

Crédit : BAE System.

 

Pas de capacités aéronautiques ?

 

L'une des choses à relever est que la vidéo ne dévoile pas les éventuelles capacités aéronautiques de ce navire. Ainsi, la présence d'une porte de hangar ou d'un éventuel ascenceur n'est pas visible. Le stockage de l'hélicoptère sur le pont affecterait grandement la furtivité d'un tel navire mais je présume que DCNS a peut être oublié de montrer la manière dont est stocké la voilure tournante (avec ou sans pilote3) sur ce navire.

 

Malheureusement, cet oubli est bien dommageable car l'intérêt de la vidéo est de frapper les esprits. Le Zumwalt aura des capacités aéronautiques, une étude de BAE Systems sur un navire de ce genre (au-dessus) avait même présenter la (ré)introduction de deux pistes obliques. Alors, on pense bien sûr au projet de transformation des Iowa en "cuirassé porte-aéronefs" (ci-dessous), chose qui a pu inspirer BAE Systems.

Cependant, ces idées anglo-saxonnes fonctionneraient bien mieux si le successeur de l'Harrier ne serait pas en sursis. Pire, le fait qu'il existe un unique successeur tend plutôt à démontrer que le concept n'est pas si viable que l'on a bien voulu nous le faire croire jusqu'au PH754.

http://img410.imageshack.us/img410/2440/bb2pn6.jpg

Crédit : inconnu.

 

De retour en France, on s'étonnera que DCNS avec son Advansea6 présente même un double plate-forme pour la mise en oeuvre de moyens aériens, on s'étonne que le Swordship fut aussi démuni. A moins que l'Advansea soit le Swordship revu et corrigé.

 

Des capacités classiques

 

Les drones et le système de mise à l'eau rapide d'embarcations légères sont déjà des besoins acutels pour le remplacement des défuntes FREMM AVT, des Lafayette, des Floréal et des P400.


Retour de la chapelle du canon !

Le grand retour de l'artillerie de marine ! La chose est à signalée, l'artillerie pourrait reprendre une place de choix si les futurs systèmes à longue portée (rail gun6 & cie) permettent de tirer des munitions bien moins chères que l'équivalent en missiles. Il faut dire que ce retour ne semble concerner que pour l'instant l'action vers la terre (AVT).

 

La lutte anti-navale semble rester l'apanage (en partie) du missile.

 

Amiral Darrieus et la furtivité

 

Le vaisseau promet d'avoir une intégration très poussé des senseurs et effecteurs afin de laisser une surface équivalente radar (SER) très limité aux senseurs ennemis.

Ce développement architectural est l'aboutissement de la réflexion d'un homme comme l'amiral Darrieus (début XXe siècle). Il observait que depuis toujours, la portée des armes ne cessait de s'allonger. Dans les combats navals, ce qui permettait "d'accrocher" le navire ennemi c'était sa silouette à l'horizon. Hors, l'amiral Darrieus se plaignait donc que les cuirassés français avaient une silouette d'une grande complexité qui permettait l'accrochage visuel pour les marins adverses. Il souhaitait donc que les navires aient une silouette avec des superstructures très épurés.

Le raisonnement n'est pas obsolète aujourd'hui puisque la sihlouette d'un navire ne doit plus être accrochée par les yeux humains mais par les ondes d'un radar. Il faut donc que l'architecture du navire soit la plus "sobre" possible afin d'être "furtive" face aux radars adverses.

Le problème de ces archictectures à l'heure actuelle c'est qu'elle semble très coûteuse. Les frégates Lafayette et FREMM, la corvette Visby sont des exemples de navires furtifs respectant la réflexion de Darrieus à un coût modéré.

Le projet de destroyer Zumwalt de l'US Navy semble constituer l'évolution suivante. Il a vu ses coûts explosés, on parle désormais de 3 milliards de dollars pièce... au moins ! Pourtant, c'est le navire en cours de construction qui se rapproche le plus du projet de DCNS.

La nouvelle frégate La Gloire

 

Il est peut être bon goût de terminer un billet en raccrochant au propos introductif. Je disais alors que la France n'avait peut être plus les moyens de lancer son Dreadnought à elle, la frégate Gloire qui avait alors provoqué une "navy scare" en Angleterre.

 

En réalité, nos capacités d'innovations pour diminuer les coûts nous permettraient de le faire, et même de battre les américains ! L'une des premières qualités du Zumwalt, c'est son architecture peu orthodoxe qui frappe les esprits, et bien au-delà du monde maritime. Le Dreadnought était une avancée technique, ce n'était pas une "révolution" dans la construction des navires militaires.

 

Hors, ce qui est peut être recherché c'est l'effet politique. La politique n'est pas le synonyme de la vérité, ni de la performance. On peut lancer un navire ressemblant au destroyer Zumwalt. L'effet politique sera produit. Il n'est pas obligatoire de chercher à atteindre les capacités du navire étasunien. La chose est même salvatrice ! Il n'est pas dit que le système d'armes du Zumwalt soit une réponse adapté au contexte actuel. Par contre, il est tout à fait possible d'avoir son apparence tout en équipant la création concurrente en fonction de nos besoins réels. Il serait même plus prudent et moins coûteux de prévoir des réserves d'espace afin d'équiper autrement le navire plutôt que de rentrer en compétition avec le destroyer.

La France pourrait atteindre l'effet politique du Zumwalt à double titre :

  • en lançant un équivalent "low cost",
  • et en "lançant" une grande série !
Il reste des navires à remplacer dans la Royale comme les Lafayette ou les Avisos A69. DCNS a un projet qui permettrait d'atteindre ce double effet politique a moindre coût : la FM400 à étrave inversée7.


http://www.meretmarine.com/objets/500/25666.jpg

 

Un concept qui en chasse un autre. Il manque le carénage de la pièce d'artillerie, et si c'était possible, une plus grande intégration des senseurs à un coût strictement raisonable.

La nouvelle frégate La Gloire.

 


1 "Destroyer Zumwalt : futur Dreadnought de la construction navale militaire ?", le Fauteuil de Colbert, 24 janvier 2011.

2 "La Gloire", Musée national de la Marine (Paris).

3 "Le drone Camcopter S-100 démontre ses capacités maritimes à bord d'une frégate française dans la Méditerranée", Schiebel Elektronische Geraete Gmbh, 27 octobre 2008.

4 "Le problème du porte-avions", Hervé Coutau-Bégarie, édition Economica dans la collection "Stratégies et Technologies", 1990, pages 135-141.

5 "DCNS mise sur le navire tout électrique", Mer et Marine, 28 octobre 2010.

6 "Accélération des tests de l'obus à longue portée de l'US Navy", Mer et Marine, 12 août 2005.

7 "DCNS propose des navires à étrave inversée", Mer et Marine, 10 mai 2010.

 

Par Le marquis de Seignelay - Publié dans : Architecture navale - Communauté : Défense
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Père de l'aéronavale française ?

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/b/ba/Clement_ader%2C_1891.jpg© Wikipédia. Clément Ader en 1891.

 

"Donc, un bateau porte-avions devient indispensable.

 

Ces navires seront construits sur des plans bien différents de ceux utilisés actuellement. D'abord, le pont sera dégagé de tout obstacle : plat, le plus large possible, sans nuire aux lignes nautiques de la carène, il présentera l'aspect d'une aire d'atterrissage.


Le remisage des avions devrait être aménagé nécessairement sous le pont. On aura accès dans cet entrepont par un monte-charge assez long et large pour recevoir un avion les ailes repliées... A côté devra être l'atelier des avionneurs chargés de réparer les avaries et d'entretenir les avions toujours prêts à s'envoler".

Clément Ader, 1895, cité par l'Amiral Barjot dans son ouvrage "Vers la Marine de l'âge atomique" (1955).

Le premier porte-avions français est le Béarn : il entretra en service en 1928, et il sera le seul de sa classe de cuirassés (cinq au total) à être converti en porte-avions.

La Maritimisation et la France

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   Commande et construction de deux nouveaux porte-avions dans les années 2030 ?


 

Marine. Une stratégie payante.


«Jean-Yves Le Drian, a clairement réaffirmé que «le renforcement des capacités de la Marine nationale serait poursuivi (...) comme un choix politique et stratégique prioritaire». Un membre important de la Commission du Livre blanc sur la défense et la sécurité traduit: «C'est le bilan politique le plus important d'Euronaval qui anticipe les arbitrages budgétaires du prochain Livre blanc

 

« La même source qui requiert l'anonymat précise que, «rompant avec les quinze dernières années, la Marine nationale ne sera plus la variable d'ajustement des autres armées».

 

« Au résultat, le naval de défense dispose aujourd'hui d'un carnet de commandes plus important que tous les prospects de l'aéronautique militaire. Il s'agit, par conséquent, d'un véritable moteur des exportations françaises. »

 

« Plusieurs des grands exposants d'Euronaval se félicitent que «notre Marine ait pu rattraper efficacement le retard qu'elle accusait sur les autres armées en matière de communication car elle est aujourd'hui barrée par un chef d'état-major hors du commun».

 

Article d'Etienne Pelot, le Télégramme, publié le 3 novembre 2012.


 

Et si la Marine pouvait défendre la croissance ?


"Mondialisation oblige, des millions de conteneurs voyagent chaque année sur les mers du globe. Evidemment, ces flux ne cessent de progresser. Si les océans sont des routes de premier choix, ils regorgent également de ressources… de plus en plus recherchées. Réserves d’hydrocarbures dans les sous-sols marins, présence de terres rares, lieu d’installation des éoliennes offshore et des hydroliennes… «Les océans deviennent un objet de convoitise», affirme le sénateur (PS) Jeanny Lorgeoux.

 

A tel point que les Etats se livrent une «véritable guérilla juridique» pour étendre leurs zones maritimes. Après avoir conquis les terres, l’homme cherche à s’approprier la mer. Où il parvient déjà à se sédentariser: plus de 700 plateformes sont aujourd’hui en service dans les océans du monde, et des milliers de salariés y travaillent.

 

[...]

 

D’où la nécessité, selon les sénateurs, de se doter d’une Marine nationale forte. Et c’est là que le bât blesse. Car si le budget de la Défense connaît des coupes, celui de la Marine est particulièrement malmené.

«Ça fait quinze ans que la Marine sert de variable d’ajustement au budget de la Défense. Tout simplement parce que les armées de Terre et de l’Air sont bien plus organisées en termes de lobbies parlementaires», explique un membre de la rédaction du site spécialisé Espritcors@ire.

 

En tout cas, le budget des marines européennes diminue chaque année de 1%, alors qu’entre 2011 et 2016, le budget naval de la Russie devrait augmenter de 35% et celui de la Chine, de 57%".

 

Article de Céline Boff, publié dans "20 minutes", le 12 juillet 2012.

 

 

 

Bibliographie et articles :


Future LPM: situation de la Marine

 

http://i.imgur.com/poKeY.jpg

 

Le ministre a également confirmé le discours très engagé sur la place du fait maritime dans le futur Livre Blanc, qu’il avait tenu le mois dernier aux Universités d’été de la Défense, à Brest, lors du lancement de la frégate Aquitaine :

« L’enjeu maritime est celui qui sera au cœur des années à venir. Après un 20è siècle de conflits continentaux, les nouveaux conflits et menaces viendront de la mer. La souveraineté passe par la mer. Il est impératif de prendre en compte cette donne. Et c’est ce que j’attends du Livre Blanc. » Lorient, jeudi 18 octobre 2012 (par Mer et Marine).

 

Le ministre de la Défense a confirmé, décalé ou infirmé les programmes suivants intéressant la Marine dans le cadre de la future loi de programmation militaire (LPM) :

Dissuasion :

Dans son ensemble, les deux composantes de la dissuasion nucléaire nationale sont préservées. C'est un engagement du Président de la République.

Dans le hors-série du "Marin" consacré au salon Euronaval, il est possible d'apprendre, à travers une interview du PDG de DCNS,  Patrick Boissier, que les SNLE de troisième génération seraient en cours de définition, voire d'études.
Le "M-6" serait lui aussi sur les rails puisque son développement dépend de deux dynamiques :

  • l'avenir de la fusée Ariane (future version VI ou Ariiane V MLE ?),
  • du lancement d'un programme d'études amont comme l'Exoguard en complément ou en substitution au programme Ariane VI.

 

Flotte de surface :

 

Lutte anti-sous-marine :

 

Fonction Garde-Côtes :

 

Bibliographie :

  • "L'avenir des forces nucléaires françaises"
    Rapport d'information fait au nom de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées (Sénat) par MM. Didier BOULAUD, Xavier PINTAT, co-présidents, Jean-Pierre CHEVÈNEMENT, Mmes Michelle DEMESSINE, Josette DURRIEU, MM. Jacques GAUTIER, Alain GOURNAC, Gérard LARCHER et Bernard PIRAS, 12 juillet 2012.

  • "L'avenir du groupe aéronaval : la nécessité d'un second porte-avions"
    Rapport d'information fait au nom de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées (Sénat) par André Boyer, 25 mai 2000.

  • "Le mode de propulsion du second porte-avions"
    Rapport d'information fait au nom de la commission de la défense nationale et des forces armées (Assemblée nationale) par Mme Patricia ADAM, M. Charles COVA,Mme Marguerite LAMOUR et M. Jérôme RIVIÈRE, 5 novembre 2003.
  • "Aéronautique navale : missions et vocations de l'Aviation navale"
    Rapport d'information fait au nom de la commission de la défense nationale et des forces armées (Assemblée nationale) par Jean-Yves Le Drian, 10 octobre 2011.

  • "L'aéronautique navale, les ailes de la mer"
    Actes du colloque - "L'Aéronautique navale, facteur de puissance en mer au service de la sécurité et de la défense" - qui s'est tenu le 10 juin 2009, transposés dans ce bulletin d'études Marine édité par le Centre d'Etudes Supérieures de la Marine (CESM), 2010.

  • "Action de l'Etat en Mer, une garde-côtes à la française ?"
    Rapport d'information fait au nom de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées (Sénat) par André BOYER et Jean-Guy BRANGER, juin 2005.

  • "Action de l'Etat en Mer"
    Rapport d'information fait au nom de la commission de la défense nationale et des forces armées (Assemblée nationale) par Mme Patricia Adam et M. Philippe Vitel, 7 février 2012.

  • "Le maintien en condition opérartionnelle de la Flotte"
    Rapport d'information fait au nom de la commission des Finances (Sénat) par M. Yves de Fréville, 22 juin 2005.

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