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Lundi 25 mars 2013 1 25 /03 /Mars /2013 21:16

http://www.netmarine.net/bat/ecole/be/leopard/caract01.jpg

© Inconnu.

 

Messieurs, le problème est plus que connu : la Marine nationale manque aujourd'hui, et chaque année un peu plus, de patrouilleurs. Et la pénurie touche aussi bien les moyens côtiers que hauturiers.

Il faut dire que depuis 1945, si ce n'est depuis 1922 (malgré mon action énergique), la Royale, comme on l'appelle amoureusement, a toujours fait un choix clair : le développement et la modernisation des FHM (Forces de Haute Mer) avant tout.

 

Les programmes de développement ou de renouvelement des moyens affectés à ce que l'on nomme aujourd'hui l'AEM (Action de l'Etat en Mer) ont toujours été le parent pauvre du budget de la Marine (lui-même étant, historiquement, le parent pauvre du budget de la Défense nationale).

 

Tout cela pour dire que tout plaide, dans le contexte actuel, pour que ce soit à nouveau les FHM qui soient privilégiées dans les programmes navals à sauvegarder (FREMM, SNA-NG, FLOTLOG, etc...). En effet, ce sont ces navires de premier rang qui nous assurent que la voix de la France soit entendue sur la scène internationale, alors que cette dernière est secouée par les développements navals des puissances émergentes.

 

Quoi qu'il en soit, il ne faudra pas compter sur les autres ministères pour combler le déficit opérationnel : ce ne sont ni les vedettes de la gendarmerie maritime, ni les quelques patrouilleurs des Douanes et des Affaires maritimes qui combleront le vide laissé par l'abandon ou le décalage aux calendes grecques des BATSIMAR, BSAH et autres B2M/BIS.

Il doit être dit, entre parenthèses, que mon ministère, en écho à de nombreuses voies dans la Marine, a toujours soutenu le rassemblement des vecteurs de l'AEM sous une administration unique. Les administrations extérieures à la Marine ayant vocation à fournir les spécialistes.

 

Mais comme la nature a horreur du vide, tout relachement français sera rentabilisé par un pillage étranger. Pour s'en convaincre, il suffit de suivre les condamnations et les prises de pilleurs étrangers dans nos ZEE (jusqu'en Europe) dans des journaux comme Le Marin ou Mer et Marine.

 

Néanmoins, en dehors de ce tableau noir (qui a toujours été noir pour les moyens affectés à l'AEM), il ne faudrait pas négliger de potentiels moyens palliatifs. Examinons donc l'état de la Flotte que nous en avons en héritage. On ne peut pas dire que sa construction ait souffert d'un excédent de budget, habituée qu'elle est à passer après les autres Armées.

 

Par exemple, vous remarquerez que nous avons huit "BE" (Bâtiments d'Entraînement). Il s'agit des embarcations qui servent aux jeunes officiers à s'exercer à la manoeuvre au large de nos côtes ou dans des eaux plus hauturières. Ce sont de belles unités qui bénéficient actuellement d'une remotorisation dans le chantier Piriou. Celui-ci en assure également l'entretien. Elles disposent même d'un armement d'auto-défense -cela devient si rare, même sur les grandes unités.

Ces huit bateaux déplacent 470 tonnes à pleine charge pour 43 mètres de longueur. C'est peu ou prou la même chose que les P400 que nous désarmons actuellement, et qui n'ont jamais donné entière satisfaction.

 

Il est louable que nos huit protagonistes de la ménagerie (nom désignant l'ensemble des huit bâtiments-écoles portant des noms d'animaux) forment des officiers qui puissent aller visiter des ports européens. Mais il est moins compréhensible qu'ils ne fassent que cela.

Autre exemple, ces officiers sont aujourd'hui formés à travers des formations où l'on trouve aussi les élèves-administrateurs des Affaires maritimes. Ils embarquent ensemble. Ils travailleront même ensemble à l'avenir, surtout dans le cadre de l'AEM.

En fait, ce qui semble manquer depuis hier, surtout aujourd'hui, et encore plus demain, c'est une école flottante de l'AEM. Ce serait souhaitable, mais en avons-nous les moyens, dans un contexte financier aussi morose ? Eh bien, oui. Il ne faudrait pas négliger cet outil de défense de nos richesses marines alors que nos finances souffrent d'un manque de croissance.

Pourquoi donc ne pas organiser une année d'affectation commune pour les futurs officiers et administrateurs des différents corps qui interviennent dans l'AEM ? Ce ne serait pas un luxe que d'intégrer des fusiliers-marins et des commandos, encore jeune, pour former les équipes de prise et d'intervention.

Vous me direz, voilà un projet mobilisateur et intégrateur pour perfectionner nos outils.

 

Dans cette optique, il faut des bateaux pour faire vivre ce projet : il s'agit de consentir à ce que ces bâtiments-écoles aient une fonction opérationnelle. Ils pourraient, au moins sur les façades Atlantique et de la Manche, servir à patrouiller au profit de l'AEM. Ils libéreraient d'autant des navires plus utiles ailleurs. Tout du moins, ils pourraient au moins palier au retrait de service des avisos, ce qui ne saurait tarder.

Pis, opérant à une si petite distance des côtes, dans un contexte géographique particulier, notre division navale refondue pourrait s'appuyer sur un maillage intéressant de bases aéronvales et de détachements. Ces derniers permettraient d'envoyer, à la demande, des voilures tournantes pour intercepter les contrevenants en mer.

 

Pire, pourquoi ne pas imaginer d'intégrer quelques outils modernes à ces bateaux : des embarcations adaptées aux interceptions et des drones, aériens et de surface, pour dupliquer leurs possibilités d'action. Cela coûte, certes, mais c'est toujours moins coûteux que de s'offrir de nouvelles embarcations.

Vous remercierez mon ministère, même, quand ces bateaux attrapperont les pilleurs, ou les pollueurs aussi : l'opération projetée serait potentiellement rentable ! Il faut faire respecter la loi républicaine, même en mer. Et si cela peut même préserver nos richesses maritimes et nos côtes...

 

Donc, qu'avons-nous là messieurs ? Mon ministère propose :

  • de créer un creuset de formation pour l'Action de l'Etat en Mer par le biais d'une année commune d'action à la Mer,
  • pour soutenir ce projet, de refondre les huit bâtiments-écoles de la ménagerie en patrouilleurs hauturiers.

Si dans les paramètres énoncées le projet rencontrait quelques succès, alors il pourrait être judicieux, pour pousser plus loin ce succès, de doubler les équipages afin de doubler la présencer en mer. Nous devrions pouvoir le demander à des bateaux ayant été remotorisés.

 

Cela demande quelques adaptations mineures, l'exploitation de contrats existant (comme celui qui lie l'Adroit à son droniste autrichien), la passation de micro-marchés ou de la récupération de matériels en service (pour les embarcations semi-rigide).

 

Qui plus est, nous ne ferions qu'extrapoler une autre expérience, c'est-à-dire celle des Bâtiments Remorqueurs de Sonar (BRS) qui, outre leur mission de surveillance des fonds inférieurs à 80m, ils offrent aussi leur service pour des missions hydrographiques et de surveillance de nos ZEE.

 

Si l'expérience est concluante, alors pourrions nous l'étendre un peu plus à la formation à d'autres domaines de lutte. Par exemple, s'il était possible d'embarquer un sonar remorqué pour la lutte contre les mines et un autre pour la lutte contre les sous-marins, avec les personnels en formation qu'il faut, alors ce serait autant de temps gagné pour les unités opérationnelles (chasseurs de mines, frégates ASM et bâtiments des plongeurs démineurs). Celles-ci serait déchargées d'une partie de la "formation de base", des missions à faible valeur ajoutée (au regard des qualifications d'équipages expérimentés) et la Marine y gagnerait du potentiel.

 

Par Georges Leygues - Publié dans : Flotte 2020 - Communauté : Défense
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Lundi 25 mars 2013 1 25 /03 /Mars /2013 12:56

http://www.marines-editions.fr/boutique/images_produits/zoom_31164_marinenationale_images-z.jpg

 

Le dernier ouvrage reçu de Marines éditions, "La Marine nationale en images", est de Jean Moulin, auteur prolifique sur le fait naval en France.

A l'heure où la Marine attend de savoir si le ministre de la Défense va concrétiser ses paroles sur la place de la Royale dans la Défense nationale, c'est un bien bel outil pour consulter l'état de la Flotte. Avec le Charles de Gaulle en navire-amiral, c'est aussi une marine qui se dote peu à peu de toutes les unités de la génération de la furtivité : les années 2012 et 2013 sont marquées par l'entrée en service des NH90 et de la frégate Aquitaine, en sus de l'entrée des Horizon 1 et 2.

Le livre est doué de trois qualités :

  • c'est un bel objet,
  • il est le témoin de la Marine de 2013,
  • et il procède d'une vision de la Royale.

Effectivement, c'est un très bel ouvrage : la présentation est simple et efficace. Les photographies sont très belles. De plus, on note avec une pensée souriante que l'auteur s'est attaché à des clins d'oeil. Par exemple, il y a le cliché du Commandant Bouan contient la présence d'un Super Frelon, appareil qui a quitté le service en 2010.

 

C'est donc le témoin de la Marine nationale comme elle est en 2013 : l'ouvrage est une photographie de la Royale à cet instant précis. Aussi, on on appréciera les textes qui accompagnent les prises de vue des bâtiments : outre leur présentation, il y a ces commentaires sur les évolutions actuelles, comme quand on apprend que le Cassard recevra son radar SMART-S cette année.

 

L'auteur a effectué des choix puisque : qu'est-ce que la Flotte nationale ? Où commence-t-elle et où s'arrête-t-elle ? On notera avec envie que, outre les navires des forces de haute mer et les aéronefs de l'Aéronautique navale, Jean Moulin inclu aussi le VN Partisan, les navires-écoles, les voiliers, les remorqueurs côtiers et de haute mer, les bateaux affrêtés comme les Abeille, les coques blanches (des bâtiments hydrographiques jusqu'au Monge et au Dupuy de Lôme), etc...

 

Au final, c'est un livre bien pratique pour faire, simplement, le tour de la Flotte.

 

 

Par Le marquis de Seignelay - Publié dans : Le Fauteuil a lu - Communauté : Défense
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http://actualitte.com/images/actualites/Royal-Navy-logo.jpg "Le Fauteuil de Colbert" in English

 

http://www.nationmaster.com/wikimir/images/upload.wikimedia.org/wikipedia/en/thumb/a/a9/Swedish_Navy.svg/165px-Swedish_Navy.svg.png     "Le Fauteuil de Colbert" på svenska 

 

Traductions réalisées grâces à Flavius.

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